1 • Formalités

Passeport

Passeport en cours de validité (avec au moins trois pages libres consécutives), valable 6 mois après la date de retour, pour les ressortissants français, belges ou suisses. Pour les autres nationalités, se renseigner auprès du consulat ou de l'ambassade.

Si vous voyagez avec vos enfants, sachez que, dorénavant, les mineurs, quel que soit leur âge, doivent eux aussi avoir un passeport individuel en cours de validité. A partir du 15 janvier 2017, l'autorisation de sortie du territoire est rétablie pour les mineurs français voyageant sans au moins l'un de leurs parents. Les mineurs voyageant dans ces conditions devront présenter : carte d'identité ou passeport (selon les exigences du pays de destination) ; le formulaire d’autorisation de sortie du territoire, signé par l'un des parents titulaires de l'autorité parentale (le formulaire d’autorisation de sortie du territoire sera accessible sur le site www.Service-Public.fr) ; une photocopie du titre d'identité du parent signataire.

De nouvelles mesures de sécurité sont entrées en vigueur dans les aéroports : les appareils électroniques (smartphones, tablettes, portables…) doivent être chargés et en état de fonctionnement pour tous les vols allant ou passant par les Etats-Unis et Londres. Les agents de contrôle doivent pouvoir les allumer. Par précaution, ayez votre chargeur à portée de main. Si votre appareil est déchargé ou défectueux, il sera confisqué. Cette mesure étant susceptible d’être étendue à d’autres aéroports, nous vous conseillons de charger vos appareils électroniques avant le vol quelle que soit votre destination.

Visa

Visa obligatoire pour les ressortissants français, belges et suisses. Pour les autres nationalités, se renseigner auprès du consulat ou de l'ambassade.

Pour obtenir un visa, on fournira :
– passeport + une photocopie de la page portant la photo du titulaire,
– le formulaire officiel de demande de visa,
– une photo d'identité,
– l'original de l'attestation d'assurance rapatriement reconnu par le consulat de Russie (attention, l’attestation doit bien indiquer en son titre « attestation d’assurance » et doit couvrir la totalité du circuit + 1 journée au retour avec mention du montant de la couverture, frais médicaux et rapatriements, qui doit être égale ou supérieure à 30 000 euros),
– voucher et confirmation en russe,
– les ressortissants non français d’un pays membre de l’Union Européenne résidant en France doivent également présenter une attestation de domicile (délivrée par la mairie dont dépend le domicile). Idem pour la Belgique. Pour les résidents non suisse en Suisse, un permis de séjour.

Le coût du visa dépend du délai d’obtention et non de la date de demande. Les frais consulaires varient de 105 à 180 euros environ. Pour un voyage se déroulant entre juin et septembre, les visas peuvent être traités selon la procédure d’urgence, à l’initiative de l’administration consulaire russe, même si les documents ont été déposés à l'avance (ou traités par le consulat de Russie à Marseille ou Strasbourg), ce qui implique un surcoût. Dans le cas où nous nous chargeons de la demande, ces frais d'urgence seront facturés.

Pour faire établir un visa à un mineur voyageant avec un seul de ses parents ou avec des parents ne portant pas le même nom que lui, il faudra fournir une copie du livret de famille (pages d'état civil).

2 • Santé

Vaccins obligatoires

Aucune obligation vaccinale.

Vaccins conseillés

Comme toujours et partout, il est important d’être protégé contre :
- diphtérie, tétanos, poliomyélite ;
- hépatites A et B ;
- coqueluche (dont la réapparition chez les adultes, même en France, justifie la vaccination pour tout voyage) ;
- pour les enfants surtout, rougeole et, éventuellement, rage.

Paludisme

Absent, mais le risque d’affections transmises par morsures de tique (encéphalite à tiques, maladie de Lyme) nécessite, en été, une protection efficace (répulsifs et vêtements couvrants) contre ces insectes dès que l’on sort des villes.

Autres risques

Les risques de toxi-infections alimentaires (typhoïde, salmonellose, hépatite A) sont importants, même à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Les règles habituelles de leur prévention doivent être observées : aliments cuits et consommés chauds, boissons capsulées (eau, en particulier).

La prostitution et son cortège de maladies sexuellement transmissibles doivent strictement interdire tout rapport non protégé.

Les grands oiseaux migrateurs traversent de nombreuses provinces russes et l’épizootie de grippe aviaire y est présente. Aucun cas humain n’a été décelé, mais les règles de protection doivent être observées (ne jamais manipuler un oiseau malade ou mort).

En cas de séjour en forêt ou de randonnée estivale, le risque de maladies transmises par morsure de tique justifie une surveillance et une protection rigoureuses : recherche quotidienne de l’insecte sur la peau et extraction avec une pince à épiler ou un tire-tique (s’assurer que la tête ne reste pas incrustée dans la peau) ; protection des jambes par des pantalons couvrants et utilisation d’un répulsif pour les parties découvertes. La vaccination, qui ne protège que contre l’encéphalite à tiques, n’est proposée que pour des séjours professionnels prolongés en zone à risque. Le traitement antibiotique n’est justifié qu’en cas d’inflammation locale.

3 • Géographie

Capitale

Moscou.

PIB

En 2007, 9 074 dollars US par habitant (France, 28 700 dollars US par habitant).

Point culminant

L'Elbrouz (nord-Caucase), 5 642 mètres.

Climat

Climat à dominante continentale : hivers rigoureux et étés chauds.
Dans les deux villes les plus visitées, Moscou et Saint-Pétersbourg, les températures, en hiver, sont de l´ordre de -10° et, en été, de 17° (avec des changements plus brutaux à Moscou). Des tréfonds hivernaux, les températures remontent au-dessus de zéro dès le mois d´avril (4°) ; on retrouve la même moyenne (4°) en octobre, avant une forte chute en novembre.

Géographie

Le pays est immense : 10 000 km d’est en ouest et 3 500 du nord au sud (et même 4 300, si on inclut les îles du nord comme la Nouvelle-Zemble).

Pour faire simple, on va commencer à la fin de l´ère quaternaire, il y a environ deux millions d´années. Il fait froid. Il fait même très froid et une calotte glaciaire recouvre l´hémisphère nord. En France, les glaciers descendent jusqu´en Dordogne. En Russie, ils couvrent tout le territoire, jusqu´à la chaîne caucasienne, ou presque. Bien entendu, les glaciers, ça bouge et, bien entendu, c´est lourd. Cette énorme masse de glace agit comme un rabot et gomme toute aspérité. On n’aura pas deux millions d´années de glaciation continue. Parfois, le climat se réchauffe, les glaciers fondent et la terre qu´ils ont grattée se dépose sous forme d´alluvions. Voilà pourquoi le plus grand pays du monde est essentiellement plat. Pour l´anecdote, lors de la dernière glaciation, seuls ont pu survivre les animaux à fourrure, dont le mammouth, production essentielle de l´économie sibérienne.

Venus du sud, les hommes suivent le recul des glaciers vers le nord. Aucun obstacle, sauf l´Oural, qui sépare symboliquement l´Europe de l´Asie et culmine péniblement à 1 900 m. Dans cette immense plaine, des lacs et quelques grands fleuves, orientés nord-sud : la Volga, qui prend sa source non loin de Saint-Pétersbourg et va se jeter dans la Mer Caspienne, après un parcours nonchalant qui lui fait frôler Moscou et arroser Novgorod et Volgograd ; le Don paisible, qui prend sa source vers Kazan et se jette dans la Mer d´Azov ; le Dniepr, qui traverse l´Ukraine pour rejoindre la Mer noire à Odessa. Plus les grands fleuves sibériens qui, eux, coulent du sud vers le nord : l´Ob, l´Ienisseï, la Lena.

Donc, de vastes plaines, des fleuves larges et lents (qui sont autant de voies de communication), des montagnes réparties sur les bords sud et un sol alluvial, c´est à dire riche. Il n´en faudrait pas plus pour avoir une agriculture prospère. Il y a cependant quelques problèmes : le sol est gelé une bonne partie de l´année (et pas seulement en Sibérie - phénomène de permafrost) ; les fleuves placides génèrent de vastes zones marécageuses. Au total, les terres cultivables ne représentent pas plus de 7,5% du territoire. C´est peu. En plus, le climat n´est pas clément. L’été, les villes du nord passent rarement 25°, mais flirtent régulièrement avec les -10° l’hiver ; ça limite les possibilités de récolte, sauf dans les plaines du sud. Mais, depuis son indépendance, l´Ukraine n´est plus le grenier à blé de la Russie. Doit-on ajouter qu´il pleut surtout en été (en hiver, il neige) ?
Reste la forêt. Ajoutons le charbon, le pétrole, le gaz naturel, l’or, les diamants… Malheureusement, tout est en Sibérie et, encore une fois, le sol gelé n’en facilite pas l´exploitation. La Russie est donc contrainte à un rude travail d’exploitation. Le climat, quant à lui, favorise la production d´orge plutôt que de blé et de pommes de terre plutôt que de haricots verts.

Economie

Depuis la fin de l’URSS, l’économie russe a connu une espèce de big-bang. Après cela, les équilibres sont délicats à rétablir. C’est aujourd’hui une économie à tendance rentière, appuyée sur d’importantes richesses naturelles - pétrole (2e producteur et exportateur mondial), gaz (1er producteur et exportateur mondial), bois, minerais… - mais dépendante des cours mondiaux. Elle allie importance des volumes et carences structurelles, est encore trop peu diversifiée et, souvent, entravée par des équipements d’un autre âge. L’intrication des élites politiques et économiques est également l’une de ses caractéristiques. Une approche étatiste des questions économiques a prévalu sous Vladimir Poutine (les entreprises nationales contribuent au PIB à hauteur de 35%). L’Etat entend garder le contrôle des réseaux d’exportation des hydrocarbures, intervenir dans le développement du nucléaire civil et, de façon générale, limiter les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques. Cette implication fédérale a permis une certaine stabilisation de la situation et favorisé la constitution d’importants groupes industriels nationaux (énergie, métallurgie, armement…), dans la perspective de l’intégration à l’OMC. Mais le bilan social est lourd : l’inégalité des revenus est abyssale et, en 2004, 17,8% de la population vivaient sous le seuil de pauvreté. La situation sanitaire et démographique demeure préoccupante.

Faune et flore

La végétation doit au climat l’essentiel de ses caractères. Sur le littoral arctique, on trouve la toundra, dont le sol gelé ne laisse venir que des mousses, lichens, fougères, arbres nains. Au sud de la toundra s’étend la taïga (forêt boréale) composée de pins, de sapins, de mélèzes. Bouleaux, charmes, chênes, peupliers s’y mêlent avant de constituer à eux seuls de vastes couverts de feuillus. La forêt, sous ses diverses formes, couvre les deux tiers du territoire. Plus au sud encore, on rencontre la steppe boisée (très défrichée), puis la steppe, que nourrit le tchernoziom, terre noire et fertile. La faune est à l’avenant. Au nord, morses, phoques, ours blancs, rennes, renards et hiboux polaires s’accommodent du froid. La taïga abrite des élans, des ours, des lynx, la zibeline, le renard argenté. Dans les forêts de feuillus, on trouve (et on chasse) sangliers, cerfs, loups, renards…L’Extrême-Orient nourrit encore, en plus des ours, des cerfs, quelques tigres de l’Oussouri… Reste la faune de la steppe : marmottes, antilopes, renards tatars. Et celle du Caucase : chèvre des neiges, cerfs, sangliers, hyènes, ours…

4 • Hommes et cultures

Population

140 702 094 habitants (2008).

Langue Officielle

Le russe. C’est la langue fédérale. Utilise l’alphabet cyrillique.

Langue parlée

On compte 176 nationalités et une centaine de langues parlées dans l’actuelle Fédération de Russie. Les Républiques et autres okrougs ont, en fait, plusieurs langues officielles (dont le russe, toujours). On parle donc très officiellement tatar, tchouvache, bachkir, bouriate, ingouche, kalmouk, tchouktche, iakoute, oudmourte, mordve, koumik, mais aussi biélorusse, allemand, ukrainien, yiddish et autres…

L'anglais et l'allemand sont les langues étrangères les plus communément parlées dans les grandes villes.

Peuple

Les Russes représentent environ 80% de la population totale. Les minorités les plus importantes sont les Tatars (3,8%), les Ukrainiens (3%), les Tchouvaches (1,2%) et les Bachkirs (0,9%)…

Religion

Les orthodoxes sont une grosse moitié de la population (ce qui ne signifie pas autant de pratiquants réguliers). Les musulmans, sunnites pour la plupart, viennent ensuite (autour de 12% de l’ensemble). Le judaïsme est résiduel (dans les 2%). Les 2% de bouddhistes relèvent du lamaïsme tibétain. Les catholiques, très peu nombreux, sont pourtant l’occasion de tensions entre Moscou et Rome. Le chamanisme est encore répandu parmi les peuples orientaux et septentrionaux.

Calendrier des Fêtes

25 décembre : Noël romain.
1er janvier : Jour de l’an.
7 janvier : Noël orthodoxe.
13 janvier : Nouvel An orthodoxe.
23 janvier : Jour de la défense de la Mère-Patrie.
8 mars : Journée internationale de la femme.
1er mai : Fête du travail.
9 mai : Fête de la Victoire sur le nazisme.
1er septembre : Fête de l´enseignement.
7 novembre : anniversaire de la Révolution d'Octobre.
12 décembre : Fête de la Constitution.

Histoire

On a d’abord (premier millénaire avant J.-C.) affaire aux Iraniens : Scythes, installés entre Dniestr et Volga, puis Sarmates ; vers 400, les Goths s’établissent en Ukraine. Bientôt, les Huns, les Avars, les Khazars, tiennent la Russie d’Asie et le nord du Caucase. Pendant ce temps, les Slaves (« ceux qui parlent ») pénètrent en Russie occidentale et essaiment. Ils partagent l’organisation sociale à base familiale des Germains et des Baltes. Un peuple scandinave, les Varègues (ou Rus), dispose, lui, d’une constitution plus ferme et étendue ; il établit bientôt son hégémonie sur le nord du pays. En 862, Rurik le Varègue devient prince de Novgorod. Vingt ans plus tard, son successeur, Oleg le Sage, déplace sa capitale à Kiev. La Rus de Kiev établit alors des relations diplomatiques et commerciales avec Byzance et étend son autorité sur les Slaves. En 988, Vladimir 1er « le Grand » reçoit le baptême, ferme son harem pour ne garder que sa femme grecque, Anna Porphyrogénète, et impose le christianisme byzantin à ses sujets. Après le Grand Schisme de 1054, la Rus appartiendra donc au monde orthodoxe. Les ambitions méridionales du nouvel Etat, qui s’est fait une réputation, sont contrées par les Khazars et les Pétchénègues, puis par Byzance. Au XIIe siècle, la puissance Rus est en déclin et ne contrôle plus les portes sud du pays. Au nord, Novgorod rétablit son indépendance. Moscou est fondée en 1147. Le XIIIe siècle est calamiteux : la Horde d’or débarque et les Tatars ravagent le pays, détruisant, entre autres, Moscou et Kiev. Les princes russes seront vassalisés et paieront tribut deux siècles. Un malheur ne venant jamais seul, la chevalerie occidentale en profite : Polonais, teutoniques et autres Suédois se servent à leur tour. Le prince Alexandre Nevski donne un peu d’espoir aux Russes en battant les Suédois sur la Neva (1240) et les chevaliers teutoniques au lac Peïpous (1242). L’Eglise orthodoxe en fait un saint. Au siècle suivant, un grand Etat polono-lithuanien contrôle néanmoins l’ouest du pays. Cependant, la puissance Tatare s’érode. La principauté de Moscou en profite. Sous Ivan III, Novgorod est réunie aux possessions moscovites, considérablement étendues. Son successeur, Ivan IV « le Terrible » (1530-1584), prend le titre de tsar et porte le fer au sud ; il conquiert Kazan et Astrakhan et atteint la mer Caspienne. Il sera moins heureux contre les Polonais, les Suédois ou les Tatars de Crimée. Sous son règne, le servage se généralise ; les serfs fugitifs constituent, aux marges de l’empire, des communautés qui seront autant de fronts pionniers…

A la mort d’Ivan, ses fils se disputent le trône. Sans le savoir encore, ils ouvrent l’ère Romanov, qui durera jusqu’en 1917. Les Polonais envahissent le pays et s’emparent de Moscou. La noblesse tergiverse, collabore, suppute, jusqu’à ce qu’une révolte populaire libère la ville et que le Congrès de la Terre russe (Zemski Sobor) élise Mikhaïl Romanov (1613), qui devient tsar de toutes les Russies (de toutes les principautés Rus). C’est l’amorce du redressement. La dynastie va reprendre les choses en main. L’Ukraine secoue le joug polonais et rallie Moscou. Pierre « le Grand » (1672-1725) repousse Tatars et Kazakhs à l’est de l’Oural, affronte les Suédois. Il rase la Russie médiévale et installe des villes-nouvelles, dont le fleuron est Saint-Pétersbourg (1703), qui deviendra sa capitale. Catherine II (1762-1796), lectrice de Voltaire et de Diderot, prolonge cet effort modernisateur. La Russie connait alors un développement industriel certain, qu’entrave cependant l’archaïsme rédhibitoire de ses structures sociales. Le mouvement colonisateur est poursuivi. La tsarine s’ouvre la mer Noire, (annexion de la Crimée, 1783). La Pologne disparait, partagée et repartagée. Au XIXe siècle, après que la geste napoléonienne se soit épuisée dans l’hiver russe, l’expansion continue. La Sibérie orientale, explorée dès 1648, est acquise en 1858. La Russie pousse au sud et au sud-est contre l’empire ottoman : la guerre de Crimée (1853-1856) voit Français et Anglais voguer au secours de la Sublime Porte ; la conquête du Caucase est achevée en 1864 : Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan, montagnes tchétchènes et tcherkesses… En Asie-Centrale, la conquête du Kazakhstan, met les Russes à portée de l’Inde. L’Angleterre réagit et le grand jeu aboutira à l’établissement du tampon afghan (1907). Le panslavisme séduit les « frères » d’Europe centrale et balkanique : par eux, la Russie « pèse » sur l’Europe (les Polonais toutefois ne souscrivent pas à ce courant). Mais, à l’intérieur, la situation sociale est intolérable. Le servage est enfin aboli en 1861, ce qui, en pratique, n’améliore pas beaucoup la situation de la masse des paysans. Les villes et leurs dépendances industrielles sont travaillées d’idées révolutionnaires. Nicolas II monte sur le trône (1894). Il perd une guerre contre la Japon dix ans plus tard. Ecrase une première révolution l’année suivante. S’engage dans la Première Guerre mondiale contre l’Allemagne et sombre. La Russie impériale ne supporte pas le poids de la guerre. L’année 1917 voit réussir une révolution bourgeoise en février ; le tsar abdique ; en octobre, les bolcheviks, conduits par Lénine (1870-1924), s’emparent le pouvoir. Par le traité de Brest-Litovsk, la Russie soviétique sort de la guerre, au prix d’importantes concessions territoriales à l’Allemagne (Finlande, Pays Baltes, Pologne, Biélorussie, Ukraine…).

De 1918 à 1922, la guerre civile fait rage. L’Europe de Versailles ampute la souveraineté russe à l’ouest. Les territoires cédés à l’Allemagne accèdent à l’indépendance. Les puissances occidentales soutiennent les armées blanches. Mais leurs chefs n’ont d’autre raison que l’antibolchevisme. Lénine et Trotski (1879-1940) ont un projet et une méthode : le communisme de guerre. Ils l’emportent. Biélorussie et Ukraine sont réintégrées. Après la mort de Lénine, Staline (1879-1953) prend le pouvoir. C’est la fin du communisme. Ou plutôt son instrumentalisation par l’idée russe. Mais tout, ou presque, est à refaire. Les moyens mis en œuvre seront à la démesure de la tâche. Les traditions de l’autocratisme russe sont portées à leur point d’incandescence par l’ex-séminariste géorgien. Le « système » soviétique se met en place, il connaitra plusieurs moutures. La puissance se paie cher : éradication de classes sociales, purges, camps, mise au pas et transferts de population ; aux forceps, une société nouvelle est mise en place : citoyenneté, tissu industriel, écoles et universités, maillage sanitaire… Au fond, l’URSS sera en guerre pendant presque toute la durée de son existence. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, Staline n’est pas prêt, il signe un pacte d’amitié avec l’Allemagne. Qui lui permettra de récupérer sans gloire des terres perdues. En 1941, Hitler l’attaque. L’URSS s’arcboute et résiste : Leningrad, Moscou, Stalingrad brisent l’assaut de la Wehrmacht. L’hiver la dissout. Les soldats soviétiques finiront par hisser leur drapeau sur le Reichstag. Le prix payé est, encore une fois, énorme : 27 millions de morts. A Yalta, Staline obtient un glissement de ses frontières occidentales. Il favorise le passage de l’Europe centrale au socialisme ; le glacis tiendra les Occidentaux à distance. La reconstruction donne le ton des années cinquante. Les Etats-Unis se font les champions de l’anticommunisme, la Chine offrira bientôt le modèle d’un rouge alternatif, mais, à la mort du Petit Père des Peuples, Nikita Khrouchtchev (1894-1971) peut dénoncer les crimes du stalinisme : le pays tient debout. C’est la Guerre froide, le Rideau de Fer et la grande partie d’échec entre les USA et l’URSS. La Russie soviétique est au faîte de sa puissance. Les Hongrois l’apprennent à leurs dépends. Leonid Brejnev (1907-1982) remplace Khrouchtchev. La puissance demeure à peine entamée (les Tchécoslovaques le sauront bientôt), mais le poids de l’appareil écrase la société. Les Russes (et les autres) se noient dans la vodka ou dans les rêves de liberté. L’Occident est en passe de gagner la guerre. L’économie socialiste peine à soutenir le rythme qu’impose le libéralisme. La démoralisation et le cynisme gagnent, en même temps que l’Eglise russe revient en grâce (Brejnev est enterré selon le rite orthodoxe). Les prisons restent pleines. L’armée patauge en Afghanistan. La Pologne, décidément mouche du coche russe, s’agite. En 1985, Mikhaïl Gorbatchev (né en 1931) tente un dernier coup pour remettre le régime en selle : la Glasnost (Transparence). Raté. L’URSS a désormais les moyens de sa décomposition. Elle perd des pièces en grand nombre. La CEI (Communauté des Etats indépendants) la remplace. Les membres les plus malins de la nomenklatura se taillent des royaumes dans l’empire. La société disparait littéralement dans la centrifugeuse libérale. En 1988, Vladimir Poutine accède au pouvoir. Il semble avoir pris la mesure des problèmes et des enjeux. La nouvelle économie, les nouvelles classes sont là, les nostalgies et les blessures d’amour propre aussi, l’histoire également et les nouvelles inégalités. La démocratie ? La démocratie... On va changer les paroles de l’hymne national, mais on garde la musique. Le président-premier ministre est-il l’homme de la situation ? Il en est, en tout cas, le symbole.

Politique

Le président est élu au suffrage universel pour un mandat de quatre ans. Il nomme le premier ministre, avec l’approbation de la Douma. Si le président est empêché d’assurer ses fonctions, le premier ministre prend l’intérim. Le pouvoir législatif est assumé par l’Assemblée fédérale. Deux chambres : le Conseil de la Fédération (178 membres, nommés pour quatre ans par les responsables exécutifs et législatifs des unités administratives fédérales) ; la Douma (450 membres, élus pour quatre ans selon un système mixte de représentation). Trois cours coiffent le pouvoir judiciaire : constitutionnelle, suprême et supérieure arbitrale.

Célébrités

Léon Tolstoï (1828-1910) : pendant le siège de Leningrad par les troupes allemandes, les habitants se demandaient s’ils réagissaient à la guerre de la même façon que les personnages de Guerre et paix. Peu d’écrivains ont pénétré à ce point la moelle d’une nation.

Spoutnik. Le 4 octobre 1957, les soviétiques mettent sur orbite le premier satellite artificiel de la terre. Il faudra une petite heure pour mettre le monde entier à l’écoute du bip de l’engin.

Mikhaïl Kalachnikov (né en 1919) est l’homme derrière le fusil mitrailleur : il l’a créé en 1945 pour la défense de son pays (mis en fabrication à partir de 1947). L’arme des damnés de la terre…

Oblomov : héros du roman éponyme d’Ivan Gontcharov (1812-1891), aristocrate passif et tourmenté, il est l’une des grandes figures littéraires de l’âme russe.

Léon Zitrone (1914-1995) : né à Saint-Pétersbourg et l’un des pères de la télévision française. Deux sommets de sa carrière de commentateur : le couronnement d’Elisabeth II et l’enterrement de Leonid Brejnev (on se découvre devant le catafalque de ses adversaires).

Marat Mikhaïlovich Safin (né en 1980) : le joueur de tennis emblématique du nouveau cours russe. Des passing-shots, des filles, des blessures…

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service.
Pour les chauffeurs, nous vous conseillons l´équivalent de 5 à 10 euros par jour (transfert seul, de 1 à 3 euros). A un guide, on donnera 30 ou 40 euros pour le séjour (plusieurs visites) ou de 10 à 15 euros pour une journée. Au restaurant, pourboire à discrétion. A l’hôtel, 1 euro par bagage au bagagiste.
En règle générale, le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie locale : les prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant.

Achat

Parmi les incontournables : poupées gigognes, samovars, châles, vaisselle en bois peint…

Cuisine

Tout d’abord, il est à noter que les Russes ont eu une influence sur la façon dont nous concevons les repas : la succession des plats (entrées, poissons, entremets, viandes, desserts) est « à la russe ». Les zakouski, qui conjuguent graisse, sel et acidité, sont des accompagnements de la vodka, et non des entrées. D’ailleurs on commence volontiers par une soupe. Le borchtch ? Oui, bien sûr… Mais essayez plutôt la chtchi, la soupe au chou, ou la botvinia, si vous en trouvez : betteraves et feuilles de betterave, oseille, oignons, aneth, concombre, raifort, épices, kvas, servie froide avec un bon morceau d’esturgeon poché. Ensuite, le chou farci ou les pelmeni (pâtes fourrées)… Les chachliks sont des brochettes (mouton ou porc marinés), on en fait de belles parties en plein air, été comme hiver. Poissons : carpe, sandre, flétan, esturgeon… Le caviar vient de là. La kacha est très russe également : c’est une bouillie de sarrasin. Des desserts : pomme, crème… On remarquera également la présence des champignons, des baies, du miel, qui témoignent de la vieille économie de cueillette. Roboratif, goûtu, enraciné.

Boisson

On boit, en Russie, de la vodka, c’est entendu, mais aussi du thé (avec un morceau de sucre candi). Les plus anciens breuvages consommés semblent cependant être la bière et le kvas. La première poursuit une belle carrière dans les estaminets. Le second, peut-être la vraie boisson nationale, est produit à partir de la fermentation naturelle du pain et aromatisé avec des fruits. Désaltérant et peu alcoolisé. Quant à la vodka (alcool de grain), elle a pris toute sa place au XIXe siècle ; c’est, selon, l’assommoir ou le partage des tsars : on l’accompagne de hareng saur ou de caviar. La vodka russe de bonne qualité est fine et piquante, plus « nerveuse » que la polonaise, par exemple. Il y a une part de rituel et d’épreuve dans la vodka ; sur ce terrain, on ne prétendra pas s’égaler aux Russes… Pour le vin, les « nouveaux Russes » vident volontiers (renouant avec une vieille tradition aristocratique) des bouteilles françaises ; le pays produit des vins pétillants assez sucrés…
Ajoutons encore que l’eau du robinet n’est pas potable ; on boira donc de l’eau en bouteille (capsulée).

5 • Transports

Route

L´état de certaines routes est lamentable, n´ayons pas peur des mots. Les conditions météo, parfois extrêmes, y sont pour quelque chose. Le manque d´entretien fait le reste. Toutefois, les déplacements officiels suscitent, dans et autour des grandes villes, l’entretien d’un réseau de bonne qualité. La vitesse est limitée à 60 km/h en ville, 90 km/h sur route et 110 km/h sur autoroute (en fait, une seule « quasi autoroute » entre Moscou et Saint-Pétersbourg). Le taux d´alcoolémie autorisé lorsque vous prenez volant est de 0,00 gramme.

Taxi et location

Lorsque la ville en est dotée, le métro est très pratique et peu onéreux. Les taxis proposent, aussi, des tarifs raisonnables.
Nous vous déconseillons (pour diverses raisons de sécurité) de louer un véhicule. Pour qui passerait outre, qu’il se munisse d'un permis de conduire international.

Train

Le train est le moyen de transport le plus économique et, contrairement à la route, le réseau ferré est en bon état. Par contre, à distances importantes, durées de trajet longues.
Le Transsibérien relie Moscou à Vladivostok à travers les forêts de bouleaux de la taïga et les immensités des steppes.

Avion

L´avion offre un bon rapport distance-temps. On évitera pourtant les vols locaux (peu sûrs).

6 • Infos pratiques

Décalage

La Russie s'étend sur 11 fuseaux horaires, allant de GMT+2 à GMT+12.
Il y a de une à onze heures de décalage (quand il est 12h00 à Brest, il est 13h00 à Kaliningrad, 14h00 à Moscou et Saint-Pétersbourg, 21h00 à Vladivostok et 23h00 à Petropavlovsk-Kamtchatski).

Argent

La monnaie nationale est le rouble.
Les officines de change, qui prennent indifféremment euro ou dollars, sont nombreuses en ville. On pourra également retirer des espèces aux distributeurs qui fleurissent un peu partout. Attention cependant aux commissions : elles sont élevées et variables selon les villes et le mode de change.

Electricité

220 volts. Dans les hôtels, prises de type européen standard.

Horaire

Les horaires sont un peu anarchiques, mais, en général, les magasins sont ouverts de 8h00 à 19h00 (parfois jusqu'à 21h00) ; les banques de 9h30 à 13h00 et de 14h00 à 16h00 ; les bureaux de change de 10h00 à 20h00.

Média

Si Boris Eltsine a favorisé la liberté des médias, la presse, les radios et la télévision sont la propriété de groupes industriels et financiers liés au pouvoir. Malgré tout, la culture et le divertissement ne subissent pas vraiment de contrôle, ce qui permet l´accès à de nombreuses chaînes, tant hertziennes que câblées (16 à Moscou et 13 à Saint-Pétersbourg). Ce vent de libéralisme des années 1990 a permis à la presse et à certaines radios étrangères de s´implanter. Des éditions russes de Elle et de Géo ont vu le jour, ainsi que des versions russes de Europe 1 (Europa Plus) et Radio Monte-Carlo. Des journaux en anglais sont disponibles dans les hôtels moscovites ou pétersbourgeois.

Poste

Les postes centrales sont généralement ouvertes du lundi au vendredi, de 8h00 à 20h00 ou 21h00.
Les bureaux de poste sont ouverts du lundi au vendredi, de 10h00 à 15h00.
Pour envoyer une lettre de Russie à l'étranger, il est recommandé de traduire en cyrillique le nom du pays de destination.

Téléphone

Pour appeler la Russie depuis la France, il faut composer le 00 + 7 + le code de la ville + le numéro à 7 chiffres de votre correspondant. S'il s'agit d'un portable, il faut composer le 00 + 7 + le numéro à 10 chiffres de votre correspondant.

Pour appeler, d’un téléphone fixe, la France depuis la Russie, il faut composer le 8 + 10 + 33 + le numéro de votre correspondant à 9 chiffres (sans le 0 initial). D’un portable : 00 + 33 + le numéro de votre correspondant à 9 chiffres.


Internet

Nombreux cybercafés à Moscou et Saint-Pétersbourg. Quelques-uns en province.

Couverture GSM

Le réseau russe est en constante évolution, nous vous conseillons donc de vous renseigner auprès de votre opérateur (la réception dépend de lui).

Devise

RUB

Taux

Cours d'achat estimé : 1 RUB = 0.014390 Euros au 17/01/2018 - Source : www.xe.com

7 • Adresse utiles

Ambassade

Ambassade de Russie en France
40-50, boulevard Lannes - 75116 Paris
Tél. : 01 45 04 05 50
Fax : 01 45 04 17 65
Email : ambrus@orange.fr
Web : www.france.mid.ru

Ambassade de Russie en Belgique
Avenue de Fré / De Freelaan, 66 - 1180 Bruxelles
Tél. : 02 374 34 00
Fax : 02 374 26 13
Email : amrusbel@skynet.be
Web : www.belgium.mid.ru

Ambassade de Russie en Suisse
Brunnadernstrasse, 37 - 3006 Berne
Tél. : 031 352 05 66 / 64 65
Web : www.switzerland.mid.ru

Consulat

En France, il y a un consulat de Russie à Paris, Marseille et Strasbourg.

En Belgique, il y a un consulat de Russie à Bruxelles et Anvers.

En Suisse, il y a un consulat de Russie à Berne et à Genève.

Office de tourisme

La Russie n'a pas d'office de tourisme en France. On peut consulter le site officiel de l'ambassade :
http://perso.wanadoo.fr/ambrus/ ou le site : http://russie.net

8 • Environnement

Situation Environnementale

Quel que soit l´environnement dans lequel le voyageur se déplace, urbain ou naturel, il est de sa responsabilité de respecter l´endroit qu´il traverse. Voici quelques principes de base, applicables partout dans le monde. Un second paragraphe vous présente les problèmes environnementaux spécifiques à la Russie.
– Eviter de laisser certains déchets sur place et les rapporter avec soi si le pays ne dispose pas d´infrastructure d´élimination de ces déchets. Par exemple : piles et batteries, médicaments périmés, sacs plastique.
– La rareté de l´eau est aujourd´hui un problème mondial. Même si le pays visité n´est pas a priori concerné par le manque, quelques réflexes doivent désormais faire partie du quotidien : préférer les douches aux bains, éviter le gaspillage, signaler les fuites éventuelles des robinets.
– Dans la plupart des hôtels vous disposerez d´une climatisation individuelle. Il est vivement recommandé, pour éviter la surconsommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre afférentes, de la couper systématiquement lorsque vous n´êtes pas présent dans la chambre. La climatisation n´est d´ailleurs pas absolument nécessaire sous tous les climats.
– En balade, dans certains écosystèmes fragiles, ne pas sortir des sentiers ou conduire hors-piste, limiter le piétinement et ne pas rapporter de « souvenir » : renoncer à cueillir des fleurs rares, à ramasser des fossiles ou des pétrifications, etc.

Les préoccupations environnementales sont nouvelles pour les Russes. Pourtant, l’industrialisation prométhéenne de la période socialiste a conduit à une situation écologique et sanitaire dramatique à plusieurs niveaux. Plus de 90 villes présenteraient une concentration en dioxyde d’azote supérieure aux normes fixées par l’OMS. Une étude, publiée en 2007, classe deux régions russes (Dzerjinsk et Norilsk) parmi les 10 zones les plus polluées du monde. Dzerjinsk, dans l’Oural, a été le principal site de production d’armes chimiques de la guerre froide ; des milliers de tonnes de déchets chimiques ont été déversées dans les eaux souterraines. A Norilsk, en Sibérie, des métaux lourds seraient à l’origine d’une grave pollution de l’air.
En novembre 2001, le Ministère des ressources naturelles a instauré une politique écologique prescrivant l’assainissement de l’environnement sur l’ensemble du territoire à l’horizon 2011. Aujourd’hui, pourtant, seul le lac Baïkal bénéficie d’un plan d’action gouvernemental : il est classé au patrimoine mondial de l’Unesco et représente à lui seul 20% des ressources en eau douce de la planète (80% des ressources russes). Il abrite une faune riche et surprenante : 1 500 espèces que l’on ne trouve nulle part ailleurs, dont la vedette est le phoque de Sibérie. Cet extraordinaire patrimoine a valu au lac le surnom de « Galápagos de Russie ».
En novembre 2004, la Russie a ratifié le protocole de Kyoto. Elle a réussi à économiser des crédits CO2 (pour environ 4 milliards de tonnes) ; cela n’est pourtant pas encore significatif à l’échelle du pays. Fin juin 2008, le président Medvedev a annoncé un plan de réduction de 40% des dépenses énergétiques d’ici 2020. La Russie espère ainsi quelques avantages du traité qui succèdera au protocole de Kyoto.