1 • Formalités

Passeport

Carte nationale d´identité ou passeport en cours de validité pour les ressortissants français, belges ou suisses. Pour les autres nationalités, se renseigner auprès du consulat ou de l'ambassade.

Si vous voyagez avec vos enfants, sachez que, dorénavant, les mineurs, quel que soit leur âge, doivent eux aussi avoir un passeport individuel ou une carte d’identité en cours de validité. A partir du 15 janvier 2017, l'autorisation de sortie du territoire est rétablie pour les mineurs français voyageant sans au moins l'un de leurs parents. Les mineurs voyageant dans ces conditions devront présenter : carte d'identité ou passeport (selon les exigences du pays de destination) ; le formulaire d’autorisation de sortie du territoire, signé par l'un des parents titulaires de l'autorité parentale (le formulaire d’autorisation de sortie du territoire sera accessible sur le site www.Service-Public.fr) ; une photocopie du titre d'identité du parent signataire.

A partir du 1er janvier 2014, les cartes nationales d’identité sécurisées délivrées à des majeurs entre le 2 janvier 2004 et le 31 décembre 2013 auront automatiquement une durée de validité étendue de 5 ans, sans modification matérielle du titre. Ainsi, la carte d’une personne majeure au moment de la délivrance portant comme date de fin de validité le 23 avril 2014 sera en réalité valable jusqu’au 23 avril 2019. De façon à éviter tout désagrément pendant votre voyage (les autorités espagnoles n'ayant pas précisé leur position quant à cette mesure), il vous est fortement recommandé de privilégier l’utilisation d’un passeport valide à une CNI portant une date de fin de validité dépassée, même si elle est considérée par les autorités françaises comme étant toujours en cours de validité.
Si vous voyagez uniquement avec votre carte nationale d’identité, vous pourrez télécharger et imprimer une notice multilingue expliquant ces nouvelles règles en allant à l'adresse suivante : http://media.interieur.gouv.fr/interieur/cni-15ans/document-a-telecharger-espagne.pdf

De nouvelles mesures de sécurité sont entrées en vigueur dans les aéroports : les appareils électroniques (smartphones, tablettes, portables…) doivent être chargés et en état de fonctionnement pour tous les vols allant ou passant par les Etats-Unis et Londres. Les agents de contrôle doivent pouvoir les allumer. Par précaution, ayez votre chargeur à portée de main. Si votre appareil est déchargé ou défectueux, il sera confisqué. Cette mesure étant susceptible d’être étendue à d’autres aéroports, nous vous conseillons de charger vos appareils électroniques avant le vol quelle que soit votre destination.

Visa

Pas de visa pour les ressortissants français, belges ou suisses. Pour les autres nationalités, se renseigner auprès du consulat ou de l'ambassade.

2 • Santé

Vaccins obligatoires

Vaccins conseillés

Comme toujours et partout, il est important d’être protégé contre diphtérie, tétanos, coqueluche (dont la réapparition chez les adultes, même en France, justifie la vaccination pour tout voyage), poliomyélite, hépatites A et B.

Autres risques

Si, comme dans tous les pays d'Europe, le voyageur n'est pas exposé aux risques sanitaires « exotiques », les risques comportementaux ou environnementaux peuvent être les mêmes qu'ailleurs.

3 • Géographie

Capitale

Madrid.

PIB

En 2007, 23 400 euro par habitant (France, 29 800 euro par habitant).

Point culminant

Pic de Mulhacen, 3 482 mètres (près de Grenade, dans la Sierra Nevada).

Climat

L´Espagne présente une belle variété de climats. Le nord-ouest (Pays basque, Cantabrie, Galice) a un climat de type atlantique, doux en hiver et pluvieux. L´Andalousie, protégée par la Sierra Nevada et la cordillère Bétique, subit des influences africaines (la zone d´Almeria est presque désertique). La côte orientale, de la Catalogne à Murcie est absolument méditerranéenne avec des étés chauds et secs et des hivers très doux (idem pour les Baléares). Les plateaux du centre (Castille et la Manche) ont un climat continental. Un proverbe prétend que, le climat de Madrid, c´est « neuf mois d´hiver et trois mois d´enfer », exagéré, mais bien frappé. Il neige régulièrement en hiver dans des villes comme Soria ou Burgos.
Pour illustrer, sachez que le film « Les Sept Mercenaires » a été tourné à Almeria et que « Le Docteur Jivago » l’a été à Soria.

Précision qui a son importance : quelle que soit la région, les piscines des hôtels ouvrent à partir du mois de juin (règle générale).

Géographie

L´Espagne est, avant tout, un vaste plateau, protégé au sud par la Sierra Nevada et la cordillère Bétique et au nord par les Pyrénées et la cordillère Cantabrique, qui les poursuit du Pays basque à la Galice. Ce plateau calcaire est traversé par trois grands fleuves : l´Ebre, le plus septentrional, coule d´ouest en est et se jette dans la Méditerranée, en Catalogne ; le Douro et le Tage coulent d´est en ouest et se jettent dans l´Atlantique, au Portugal.
Le plateau castillan a longtemps été le royaume des bergers et des immenses troupeaux de moutons. L´utilisation d´engrais chimiques a permis la mise en culture de surfaces importantes. L´Espagne centrale, quant à elle, est un quasi-désert, où l’on peut rouler longtemps sans rencontrer un village.
Les villes et la richesse sont réparties sur les côtes (ce qui explique les tensions historiques entre la capitale, au cœur du plateau castillan, et les puissantes villes côtières d´Andalousie, de Catalogne, de Galice ou du Pays basque).

Economie

L´économie espagnole s´est profondément transformée en vingt ans, sous l´influence de l´UE. Le vieux pays autarcique, rural, pauvre, est devenu une vraie puissance moderne. L´Espagne n´est pas réellement un pays industriel : un quart à peine des Espagnols travaille dans l´industrie (30,4% du PIB), principalement dans des PME. L´agriculture (2,9% du PIB) est fortement mécanisée (sauf chez les grands maraîchers andalous, qui utilisent une nombreuse main d’œuvre immigrée). Les services représentent désormais 66,7% du PIB et les deux-tiers des emplois. Le pays possède un puissant réseau bancaire et certaines sociétés (Telefonica, Repsol) ont de fortes ramifications internationales, surtout en Amérique Latine. La croissance qui a marqué les deux dernières décennies a permis de ramener le taux de chômage autour de 8% de la population active (il était encore de 22% en 1996).

Faune et flore

Dans le nord, on trouve le chêne liège et le hêtre (à altitude moyenne) ; des landes de genêts. Le loup n´est pas rare. Cervidés et rapaces non plus (le gypaète, en particulier), dans les Pyrénées et leurs dépendances. Dans le centre et sur la côte, ce sont des renards et des sangliers, des cerfs, des lièvres… Au sud, viennent le chêne vert, l’arbousier, des pins, du maquis. Pas de grande faune ; sinon, résiduelle, dans les montagnes. De nombreuses espèces d´oiseaux migrateurs nichent pratiquement à l´année : les cigognes un peu partout, les ramiers dans la Dehesa autour de Talaveira…
Mais, dans l´ensemble, la richesse écologique n´est pas exceptionnelle (sauf dans la cordillère Cantabrique).

4 • Hommes et cultures

Population

46 063 511 habitants (2008).

Langue Officielle

La langue officielle est le castillan (l’espagnol). Certains idiomes ont un statut officiel régional (garanti par la constitution) : basque, catalan, galicien, valencien.

Langue parlée

73% des Espagnols ne parlent que le castillan. A cela, on en ajoutera 10% qui parlent aussi le catalan (ce qui représente 60% de locuteurs en Catalogne) ; 8,2%, le galicien (55,7%, en Galice) ; 1,5%, le basque (40%, au Pays basque) ; 1,5% le romani, (la langue des Gitans) ; 0,5%, l’asturien…

Peuple

L´Espagne est une mosaïque de peuples, dont certains ont gardé une identité très forte, bien que la Péninsule ait pu être considérée comme un creuset. Récemment un sondage montrait que 80% des Basques et 75% des Galiciens se sentent plus Basques ou Galiciens qu´Espagnols. Mais, ces tendances centrifuges ne sont pas perceptibles partout et, en Andalousie côtière, par exemple, vous ne les percevrez pas.
Dans toute l´Espagne pourtant, un peuple a gardé une identité singulière : les Gitans. Par leur musique (le flamenco), par la corrida, ils en sont arrivés à représenter une Espagne archétypique et, aujourd´hui, être Gitan n´est plus une tare, bien au contraire. Pour beaucoup, y compris dans l´aristocratie, être admis à une fête gitane est un sujet d´orgueil.

Religion

95% des espagnols sont catholiques. Il n´y a quasiment plus de juifs et les protestants pourraient presque se compter sur les doigts de la main. Restent les musulmans et quelques églises d’importation récente, comme les Pentecôtistes (qui prennent une place dominante dans les communautés gitanes).
Le catholicisme est partout, dans les églises et les musées, bien entendu, mais surtout dans la vie quotidienne, rythmée par les fêtes religieuses et patronales, que l´on appelle ferias et romerias (pèlerinages). En Espagne, on fête tout : le saint patron du quartier, de la ville, de la province, de la nation (Saint Jacques, le 29 juillet), plus toutes les fêtes de la Vierge et de beaucoup d´autres saints qui n´existent même pas au calendrier. Attention ! ces fêtes se traduisent par des quantités de jours fériés locaux.

Calendrier des Fêtes

Les jours fériés nationaux sont les suivants.

1er janvier : Jour de l´an.
6 janvier : Epiphanie.
Fin mars – début avril : Pâques (comprend le Vendredi Saint). Lundi de Pâques férié en Catalogne, en Navarre et au Pays basque.
1er mai : Fête du travail.
11 juin : Corpus Christi.
15 août : Assomption.
12 octobre : jour de l’Hispanité.
1er novembre : Toussaint.
6 décembre : fête de la Constitution.
8 décembre : Immaculée Conception.
25 décembre : Noël.

En plus, chaque région a un jour férié que l´on appelle le « jour de la Communauté Autonome » : Andalousie, 28 février ; Aragon, 24 avril ; Asturies, 8 septembre ; Baléares, 1er mars ; Canaries, 30 mai ; Cantabrie, 28 juillet ; Castille, la Manche, 31 mai ; Castille et Léon, 24 avril ; Catalogne, 11 septembre ; Communauté Valencienne, 9 octobre ; Estrémadure, 8 septembre ; Galice, 17 mai ; La Rioja, 9 juin ; Madrid, 2 mai ; Murcie, 9 juin.

Enfin, une ville ou un village peut avoir un jour férié propre, sachant que le nombre maximum de jours fériés par an est de 15.

Histoire

Lorsqu’ils débarquent, au IIIe siècle avant JC, les Romains trouvent la péninsule peuplée de Celtibères. Il faudra 200 ans pour les soumettre, mais l’Espagne sera une province clé de l’Empire. Tandis que Rome agonise, les Wisigoths (entre autres barbares) bâtissent un château en Espagne. Ils gèrent bien les affaires et font leur pelote, D’abord adeptes de l’arianisme, ils passent au catholicisme (à partir de 589). Bientôt, au Maroc, l’expansion musulmane vient buter sur l’Atlantique. Il faut réorienter les énergies. En 711, Tariq ibn Ziyad, donnant au passage son nom à Gibraltar (Jabal Tariq), vient en Europe à la tête d’une armée berbère. Sept ans plus tard, ils sont à Barcelone. Et les Arabes en Espagne pour sept siècles. L’Espagne (Al-Andalus) participe alors à la brillante civilisation musulmane. Les traces s’en trouvent partout. Les échanges entres maîtres musulmans, juifs et chrétiens sont féconds. La fiscalité religieuse sait raison garder. L’hydraulique arabe est adoptée (certains réseaux d’irrigation fonctionnent encore). L’architecture est adaptée… Pourtant, la Galice et les Asturies ont résisté à la poussée arabe (bataille de Covadonga, 722). Charlemagne essaie quelques piques ; il y perd Roland, au col de Roncevaux. La Reconquista balbutie. Les seigneurs du nord mènent des opérations de brigandage patriotique. A la bataille de Clavijo (844), Saint Jacques (Santiago Matamoros, « tueur de Maures ») intervient miraculeusement au côté des chrétiens. Il est fait patron de l’Espagne séance tenante et l’on découvre son tombeau, à Saint-Jacques-de-Compostelle, dans la foulée. Les idées sont en place, le front est constitué, le pèlerinage lancé. La Reconquête peut véritablement commencer. Les rois catholiques grignotent les positions musulmanes dans la vallée de l’Ebre. Le pape proclame la croisade. En 1212, le roi de Navarre remporte la bataille de Las Navas de Tolosa (dans la province de Jaèn). Al-Andalus est réduite à… l’Andalousie. Castille, Navarre et Aragon se partagent le reste. En 1492, Grenade tombe. La Reconquête est terminée.

Une ère nouvelle commence. En 1469, Isabelle de Castille a épousé Ferdinand d’Aragon ; chacun reste roi chez soi. L’Inquisition est mise en place. Les Maures et les juifs sont chassés. En 1516, Charles Quint (de Habsbourg), petit-fils de Ferdinand, devient le premier roi « des Espagnes » (sous le nom de Charles 1er). Il annexe la Navarre à ses possessions. L’exploitation de l’Amérique a commencé ; l’or, l’argent, les épices sont débarqués des caravelles. La Castille produit de la laine, que transforment les Flandres espagnoles. Les tercios semblent invincibles. La Réforme s’affirme, l’Espagne devient une citadelle catholique. Elle détruit la flotte turque à Lépante (1571). Philippe II poursuit la politique de son père Charles. Le commerce, la spiritualité, les arts, tout fleurit. Mais la France s’émeut de cette puissance. Elle n’aura de cesse qu’elle soit rabaissée. Mais les Pays-Bas ont entamé un long combat pour l’indépendance, qui aboutira en 1648. Mais trop d’excès nuisent à une saine gestion. Les fleurs fanent. Le Portugal se détache (1640). A l’aube du XVIIIe siècle, Charles II meurt sans héritier. Exit les Habsbourg. La Guerre de succession d’Espagne met un Bourbon sur le trône. Le pays voit son influence se réduire comme une peau de chagrin. La France et l’Angleterre imposent leurs différents. L’Espagne est à la remorque. Quelques tentatives de réforme échouent à redresser la situation. L’outremer paie les échecs continentaux.

La monarchie se délite au point d’en appeler à la France (Charles IV). Plutôt que choisir entre les prétendants, Napoléon simplifie : il installe sont frère Joseph à la tête du pays (1808). L’aristocratie s’incline, le peuple se soulève. La guerre sera féroce. Les paysans et l’armée britannique chassent les Français (1813). Ferdinand VII, le fils de Charles IV, remonte sur le trône et remet de l’ordre. Rudement. Sans héritier mâle, la loi salique (qui écarte les femmes du trône), le gêne. Il l’abolit. Ce n’est pas du goût de son frère Carlos qui, à sa mort (1833), lève des troupes. Première guerre carliste et coup d’envoi d’un siècle de troubles. Entre temps, en Amérique, les colonies obtiennent leur indépendance les unes après les autres. L’Espagne manque le train de la révolution industrielle. L’hispanophilie romantique la montre pour ce qu’elle est : une contrée pittoresque et pauvre. Sur place, un Nord plutôt libéral (ce que le pays compte d’industries est là) s’oppose à un Sud agricole et conservateur.

En 1902, Alphonse XIII monte sur le trône. L’Espagne est neutre pendant la Première Guerre mondiale. En 1923, à la suite d’un coup d’Etat, Miguel Primo de Rivera (1870-1930) institue une dictature à visée sociale. Il est contraint de se retirer sept ans plus tard. En 1931, les élections donnent le pouvoir à une coalition antimonarchiste. Le roi abdique, la République est proclamée et entreprend la transformation du pays. Les élections de 1936 sont favorables au Frente popular, de gauche. Mais les institutions demeurent fragiles et faibles face à la violence politique. Avec d’autres généraux, Francisco Franco (1892-1975) fomente un soulèvement militaire, qui rallie quelques régions. La guerre est engagée contre la République. Elle sera impitoyable, prototype de la guerre européenne à venir. En 1939, les Républicains sont vaincus. Ils fuient la répression par milliers. Suivent 36 ans de dictature. Le pays reste à l’écart de la Seconde Guerre mondiale. Il reste aussi à l’écart de la reconstruction politique et économique qui la suit. Le régime s’empoussière. ETA (Euskadi ta Askatasuna, Pays basque et liberté) prend les armes. Au début des années 70, une partie de l’Eglise passe à l’opposition. Franco remet ses pouvoirs au roi Juan Carlos de Bourbon (né en 1938), qu’il a mis en selle (1974). Il meurt l’année suivante. Le nouveau monarque ouvre les fenêtres : les langues minoritaires sont officialisées, les Autonomies installées, les mœurs libéralisées… De nouvelles institutions sont mises en place, que le roi défend avec vigueur lors de la tentative de coup d’Etat militaire de 1981. A cette occasion Juan Carlos gagne ses peuples. Le pays rejoint le concert des nations. Il intègre la CEE en 1986. L’économie fait un bond. L’Espagne compte à nouveau.

Politique

Monarchie parlementaire. Le roi nomme le président du gouvernement (premier ministre) et ratifie les lois ; il est obligé de signer, mais dispose du « délai », ce qui lui permet, théoriquement, de bloquer celles qu´il désapprouve. L´héritier du Royaume porte le titre de Prince des Asturies.
Le pouvoir législatif est détenu par les Cortes Generales, deux chambres : un Sénat de 259 membres (208 élus au suffrage universel et 51 désignés par les Autonomies) ; une Chambre des députés de 350 membres, élus à la proportionnelle.
Les 50 provinces espagnoles sont regroupées en 19 « Autonomies », disposant d´une large liberté d´action.
Les principaux partis politiques sont le Partido Popular (PP), conservateur ; le Partido Socialista Obrero de España (PSOE) ou Parti Socialiste ouvrier espagnol ; Izqierda Unita (IU), qui regroupe les communistes et les Verts. Dans certaines régions, les partis régionalistes ont un poids important : BNG en Galice (Bloc nationaliste galicien), PNV (Parti nationaliste basque) en Pays basque et CiU (Convergence et Union) en Catalogne.

Célébrités

Averroès (Abdu’l-Walid Muhammad ibn Rouchd, 1126-1198), médecin et philosophe cordouan, commentateur d’Aristote. Son œuvre, l’une des plus belles illustrations de ce que l’Espagne musulmane a apporté à la culture européenne, sera transmise aux scolastiques latins par des traducteurs juifs.

Ignace de Loyola (1491-1556), basque, militaire converti et fondateur de la Compagnie de Jésus. Parmi d’autres (Thérèse d’Avila, Jean de la Croix, François-Xavier…), il est l’une des grandes figures de la Renaissance espagnole et de l’Eglise catholique.

Guernica (1937). Ce tableau de Pablo Picasso, est l’une des œuvres les plus célèbres du XXe siècle. Hommage à la ville basque bombardée par l’aviation allemande pendant la guerre d’Espagne, il n’est exposé à Madrid que depuis 1981 (musée de la Reine Sofia).

Manuel Benitez Pérez, « El Cordobés » (né en 1936), ne fut certes pas un torero classique et certains répugnaient à son style quelque peu baroque. Mais l’hérésie, parfois, touche au cœur du grand art. L’Espagne sait admirer ces choses-là.

Julio Iglesias (né en 1943) est-il l’Espagnol universel ? Il incarne, en tout cas, un certain tact dans le mauvais goût, une certaine délicatesse dans la muflerie, une certaine tenue dans la savonnette, qui en font le latin lover quintessentiel.

Périclès, dit « Pépé » (né en 1969). Le fils du chef Soupalognon y Crouton (Astérix en Hispanie) est fier, pugnace, capricieux et charmeur ; il a l’admiration sobre et le sens de la fête. A côté, les Gaulois semblent un peu flottants. C’est l’Espagne, vue d’ici.

Pedro Almodovar (né en 1951) a mis dans des films pétaradants et colorés la renaissance post-franquiste, de la Movida à un certain spleen européen. En digne fils de Luis Bunuel (1900-1983) et de Salvador Dali (1904-1989).

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service.
Pour les chauffeurs, en cas de transfert, 1 à 3 euros par personne (pas plus de 10 euros par voiture). Pour les guides, 10 euros par jour et par personne. Au restaurant, le pourboire se pratique comme en France. A l’hôtel, 1 euro par bagage au bagagiste.
En règle générale, le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie locale : les prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant.

Achat

Vous rapporterez broderies et dentelles d´Andalousie ou de Galice, des toiles de lin, mais, surtout, des comestibles : le jambon est partout délicieux et bon marché, les miels sont d´une étonnante diversité, etc.
N´hésitez pas à fréquenter les monastères : presque tous vendent des produits élaborés par les religieux (poteries à Leyre, vin de messe à La Oliva…). Dans les grandes villes, cherchez les magasins monastiques, vous y ferez de surprenantes découvertes.

Cuisine

La cuisine de la péninsule est l´une des plus savoureuses d´Europe. Les cuisiniers espagnols sont très attentifs à la qualité de leurs produits. Poissons et fruits de mer sont omniprésents, même au cœur de la Castille. Les légumes sont abondants et bon marché.
Des spécialités locales à foison : tripes (callos), à Madrid ; merlu à la biscayenne, au Pays basque ; paella, dans la région de Valence ; fabada (sorte de cassoulet), dans les Asturies… Partout, griller est un art.
On trouve, dans les grands restaurants, une cuisine « nouvelle », assez sophistiquée, mêlant viande et poisson, sucré et salé. C’est parfois très réussi.
Les tapas (en Andalousie) ou pintxos (au Pays basque) sont des mini-plats, que l´on mange au comptoir, en buvant un verre de vin. La capitale en est sans conteste Saint-Sébastien : nulle part, on n’en trouvera une telle variété (du requin à l´œuf de caille). Ailleurs, il s´agit plutôt de croquettes, canapés, fruits de mer, omelettes…
Les cazuelas sont des « plats du jour », généralement servis au comptoir. Les plus populaires sont les albondigas (boulettes de viande hachée), le poulpe, les calmars frits. Les platos combinados (« plats combinés ») ont pour ingrédients de base les œufs, le jambon, les pommes de terre…

Charcuteries.
Le jambon de montagne (jamon serrano) est un grand classique. Il en existe des dizaines de variétés. Le jambon de Salamanque peut se manger après un an de séchage. Trop vieux ou trop dur, on l´utilise pour parfumer la potée (cocido) ou le bouillon (caldo). Le chorizo est un autre classique : saucisson de porc, parfumé et coloré au piment, plus ou moins épicé. Multiples variantes régionales : celui de Pampelune est haché « gros », celui de Salamanque, haché « fin ». Le lomo est moins connu, il s´agit de filets mignons de porc, séchés et légèrement fumés. Servi avec des œufs frits, c’est l’un des plats les plus populaires du pays. La cecina de Leon est comparable à la viande des Grisons. La morcilla de Burgos ressemble à du boudin ; elle contient du riz (dosage délicat).

Poissons et fruits de mer.
Les produits de la mer sont une religion et de nombreux transporteurs acheminent quotidiennement le poisson dans les villages les plus reculés. Les berberechos de Cantabrie sont des coques au naturel. On n´imagine pas un bar espagnol sans une assiette de berberechos (ou de navajas, les couteaux) sur le comptoir. Les chipirones de Gipuzkoa sont de petits calmars farcis et cuits à l’encre. Les Espagnols ont une grosse tendresse pour le poulpe. On le mange frit au piment ; avec un filet d’huile d’olive aillée ; froid, en salade ou en escabèche… Les moules sont préparées de toutes les façons possibles.
L´anchois est un poisson-roi. Il arrive dans le golfe de Biscaye en avril, où il annonce les sardines et les thons. D´avril à août, il est consommé en friture, mais les prises sont si abondantes qu´il faut en mettre une partie en conserve : légèrement salé, on le garde une semaine ou deux (ces anchois salés sont appelés boquerones) ; à la saumure, il reprend son nom d´ « anchois » et sert à tout parfumer, y compris les laitues.

Légumes.
Grande tradition maraîchère dans la vallée de l´Ebre, en Navarre et Rioja, ainsi que dans la région de Valence. Les cogollos de Tudela (les sucrines de Tudela) se mangent traditionnellement à la croque-au-sel, avec un filet d´huile d´olive et deux anchois. Les guindillas d´Andalousie sont de petits piments verts, plus ou moins piquants, mis au vinaigre (ancêtres des pickles britanniques). Les piquillos de Lodosa sont des poivrons doux que l’on peut farcir à la morue. Les artichauts de Navarre sont tout petits. Les Navarrais les préfèrent poêlés avec de fines lamelles de jambon. Les câpres d´Andalousie (caporones) sont nettement plus grosses que les nôtres ; elles peuvent avoir la taille d´une olive. Il y a peu, c´était encore la nourriture de base des journaliers andalous, avec l´oignon blanc et l´ail.
L´Espagne est le premier producteur européen d´olives. En Catalogne, mais surtout en Andalousie, autour de Jaèn, les oliveraies s´étendent à perte de vue. Le voyageur qui traverse la province de Jaèn en voiture est surpris par l´entêtante odeur d´huile d´olive qui flotte partout. L´olive est consommée verte et, souvent, farcie d´un filet d’anchois ou d´un bout de piment.

Fromages.
Le manchego est le fromage de brebis traditionnel de la Manche (on en parle dans Don Quichotte), on le trouve partout en Espagne où il est devenu synonyme de fromage de brebis. L´idiazabal de Gipuzkoa est considéré comme le roi des fromages de brebis. Tous les ans, pour la fête de la Vierge, en septembre, les bergers basques se retrouvent dans le petit village d´Ordizia pour élire le meilleur fromage de l´année, qui est ensuite mis aux enchères. Jadis, les notables se battaient pour acquérir ce champion et honorer leurs invités. Aujourd´hui, ce sont les supermarchés qui se le disputent… Le cabrales des Asturies est fait d’un mélange de lait de vache et de lait de brebis, c’est un fromage… puissant.

Pâtisseries.
L´influence arabe se fait sentir dans la double utilisation du miel et de l´amande. Là-dessus, les conquistadors ont apporté le chocolat, dont les Espagnols sont des consommateurs impénitents. Les tartes de Santiago réconfortent les pèlerins depuis longtemps. Le touron renvoie au début du paragraphe.

Boisson

La bière est ordinaire en tous les sens du terme. Sachez que « cerveza » désigne la bière en bouteille et « caña », le demi-pression.

En Asturies, on ne boit pratiquement que du cidre, acide et désaltérant. Si vous demandez « un » cidre, on vous en servira une bouteille.

La horchata (qui a donné le français « orgeat ») est l´une des plus vieilles boissons espagnoles, inventée ou introduite par les Arabes dans la région de Valence. Elle est élaborée à partir du broyage des racines d´une sorte de papyrus, qui pousse dans les canaux d´irrigation des huertas. Très rafraîchissante, on la boit dans toute l´Espagne du sud.

Mais, avant tout, l´Espagne est un pays viticole : sol calcaire, soleil omniprésent, tradition et main d´œuvre qualifiée ont permis le développement de nombreuses zones de production : Duero, Valdepenas, Rioja, Navarre, Andalousie…

Quelques pistes…

L’Albarino de Galice. « Albarino », en vieil espagnol, c´est le « blanc du Rhin », issu de cépages bourguignons que les bénédictins replantèrent autour de Santiago. Les blancs de Galice s´apparentent aux vins d´Alsace. Les vignes sont palissées, face aux embruns de l´océan. La production n´est pas mécanisé (et l’on comprend facilement pourquoi quand on voit la taille et la situation des parcelles). Le canyon du Sil, dont les pentes abruptes sont cultivées en terrasse, est l’un des plus beaux paysages d’Europe. Chaque terrasse est occupée par un seul rang de vigne !

Txakoli de Gipuzkoa : vin blanc, rare, astringent et perlé, qui est une vraie relique. Il est issu d'un vieux cépage romain, le même que pour le Jurançon ou le Gaillac, mais conservé inchangé depuis vingt siècles.

Le Tempranillo de Rioja est un autre vin créé par les bénédictins sur le chemin de Saint-Jacques. Il existe plusieurs types de vins de Rioja, dont les mieux élaborés peuvent rivaliser avec bien des Bordeaux. Pas très étonnant : lors des guerres carlistes, de nombreux viticulteurs de Rioja ont émigré dans le tout proche Bordelais et en ont rapporté techniques de culture et de vinification. La vigne est cultivée non palissée, en buissons, afin de la protéger des effets desséchants du vent.

Les fino d´Andalousie : xérès, manzanilla, montilla-moriles, il existe de nombreuses variantes des vins blancs secs d´Andalousie. Le xérès est le plus connu, il vieillit bien (les Anglais ont fait sa réputation sous le nom de sherry).

Les vermouths sont indissociables des bars espagnols. Il en existe des dizaines, cuits et aromatisés. Chaque producteur affirme que sa recette est la meilleure, la plus ancienne, celle qui a le plus de vertus thérapeutiques. Le vermouth se boit « al grifo », au robinet, coupé d´eau gazeuse, légèrement mousseux et très frais. Le goût dépend donc du producteur, de l´eau choisie par le bistro et du réglage de la pompe qui mélange eau et vin.

On trouve, en général, trois types de vin : les primeurs (tintos jovenes), les crianzas (vins élevés), résultant d´un mélange soigneusement conduit et avec peu de garde, et les reservas ou gran reservas, avec une garde plus longue.

Enfin (car on ne boit pas que du vin), si vous ne précisez pas « café solo », on vous servira automatiquement un café au lait.

5 • Transports

Route

Bon état général. Attention cependant en cas de pluie : les eaux s’écoulent assez mal. Peu d´autoroutes (autopistas) et souvent à péage. Par contre, beaucoup de routes nationales à quatre voies et terre-plein central (autovias), gratuites. C´est le réseau national, identifié par la lettre « N ».
Les routes secondaires ont un numéro, précédé d´une ou deux initiales correspondant à la province. Ces routes sont de qualité irrégulière. Ainsi, dans le sud de la province d´Alava, certaines empiètent pendant quelques kilomètres sur la province de Burgos et l'on passe soudainement de voies larges et parfaitement goudronnées à des tronçons beaucoup plus étroits et pleins de nids-de-poules. Tout dépend, en fait, de l´intérêt économique de la route.
Limitations de vitesse (règle générale) : 50 km/h en ville, 90 km/h sur route (100, sur route avec bande d’arrêt d’urgence), 120 km/h sur autovias et autopistas. Taux d’alcoolémie autorisé : 0,5 g/L.

Gilet fluorescent et deux triangles de signalisation obligatoires.

Taxi et location

Les taxis urbains sont bon marché : à Madrid, la course coûte la moitié de ce qu’elle coûte à Paris. Les taximètres fonctionnent et on n’a pas de mauvaise surprise.

Train

Quelques grands trains, fiables et confortables (Talgo, Francisco de Goya…), et beaucoup de trains à l´exactitude relative et au confort discutable, surtout l’été. En revanche, la climatisation est presque générale.

Avion

De Paris, peu de portes d´entrée : Madrid, Barcelone et Malaga presque toute l´année. Egalement Vigo, Bilbao et Saint-Jacques-de-Compostelle. Ensuite, les lignes intérieures, au départ de Madrid, sont nombreuses et fiables. Nombreuses également les liaisons entre les villes principales. Par contre, pas de transversales : pour aller de Barcelone à Saint-Sébastien, on passe par Madrid.

6 • Infos pratiques

Décalage

Pas de décalage horaire avec la France.

Argent

Cartes de crédit acceptées à peu près partout. Distributeurs largement présents, y compris dans les petites villes. Banques ouvertes, en général, du lundi au vendredi, de 8h00 à 14h00.

Electricité

220 volts. Les prises espagnoles acceptent les prises françaises à deux fiches. Par contre, on peut avoir des problèmes avec les prises de terre, légèrement différentes.

Horaire

Les magasins ouvrent en général de 9h00 à 14h00 et de 17h00 à 20h00, du lundi au samedi. Seuls les grands magasins pratiquent la journée continue.

Média

La presse espagnole est largement délocalisée. Même les journaux sportifs ont des éditions régionales. Les plus gros tirages sont ceux de la presse people, que les Espagnols dévorent.
Les deux quotidiens nationaux les plus populaires sont El Mundo, plutôt conservateur, et El Pais, plutôt moins conservateur. Les autres quotidiens (ABC, La Razon) penchent nettement à droite.
La télévision est omniprésente. Dans les bistros, les restaurants, les campings, il y a toujours un poste qui hurle… et que personne, ou presque, ne regarde. Les programmes phares sont les matchs de football et les émissions people à base d’interviews de chanteurs, d’acteurs et autres personnalités, dont la célébrité ne passe pas les Pyrénées. Nombreuses chaînes locales, en basque, en catalan ou en galicien.
La plupart des hôtels proposent des bouquets satellites avec chaînes françaises (au moins TV5).

Poste

Bureaux de poste partout et ouverts de 8h00 à 18h00 dans les grandes villes. Dans les petites villes, ils ferment de 14h00 à 17h00.

Téléphone

Cartes téléphoniques en vente dans les bureaux de tabac et les kiosques à friandises. Cabines un peu partout.

Pour appeler l’Espagne depuis la France ou la Belgique, composer 00 + 34 + le numéro de votre correspondant.
Pour appeler la France depuis l'Espagne, composer 00 + 33 + le numéro de votre correspondant à 9 chiffres (sans le 0 initial).
Pour appeler la Belgique depuis l'Espagne, composer 00 + 32 + l’indicatif régional (sans le 0) + le numéro de votre correspondant.

Internet

Nombreux cybercafés en ville.

Couverture GSM

Excellente, sauf dans certaines zones des montagnes du nord et de Castille centrale.

Devise

EUR.

7 • Adresse utiles

Ambassade

Ambassade d'Espagne en France
22, avenue Marceau - 75008 Paris
Tél. : 01 44 43 18 00
Fax : 01 47 20 56 69 ou 01 47 23 59 55
Email : emb.paris@mae.es
Web : www.mae.es/embajadas/paris

Ambassade d'Espagne en Belgique
Rue de la Science / Wetenschapstraat, 19 - 1040 Bruxelles
Tél. : 00 32 (0)2 230 03 40
Fax : 00 32 (0)2 230 93 80 ou 230 01 62
Email : ambespbe@mail.mae.es
Web : www.mae.es/embajadas/bruselas

Ambassade d’Espagne en Suisse
Case postale 99, Kalcheggweg, 24 - 3000 Berne 15
Tél. : 031 350 52 52
Fax : 031 350 52 55
Email : emb.berna@mae.es
Web : www.mae.es/embajadas/berna

Consulat

En France, il y a un consulat d'Espagne dans les villes suivantes : Paris, Bayonne, Bordeaux, Lyon, Marseille, Montpellier, Pau, Perpignan et Strasbourg.

En Belgique, il y a un consulat d'Espagne à Bruxelles.

En Suisse, il y a un consulat d’Espagne à Berne, Cointrin et Zürich.

Office de tourisme

Office de tourisme d’Espagne à Paris
43, rue Decamps - 75784 Paris Cedex 16
Tél. : 01 45 03 82 50
Fax : 01 45 03 82 51
Email : paris@tourspain.es
Web : www.spain.info/fr/tourspain

Office de tourisme d’Espagne en Belgique
Rue Royale, 97 - 1000 Bruxelles
Tél. : 00 32 (0)2 280 19 26 / 29
Fax : 00 32 (0)2 230 21 47
Email : bruselas@tourspain.es
Web : www.spain.info/be/tourspain

Office de tourisme d’Espagne en Suisse
Seefeldstrasse, 19 - 8008 Zürich
Tél. : 41 44 253 60 50
Fax : 41 44 252 62 04
Email : zurich@tourspain.es
Web : www.spain.info/ch/tourspain


8 • Environnement

Situation Environnementale

Quel que soit l´environnement dans lequel le voyageur se déplace, urbain ou naturel, il est de sa responsabilité de respecter l´endroit qu´il traverse. Voici quelques principes de base, applicables partout dans le monde. Un second paragraphe vous présente les problèmes environnementaux spécifiques à l’Espagne.
– Eviter de laisser certains déchets sur place et les rapporter avec soi si le pays ne dispose pas d´infrastructure d´élimination de ces déchets. Par exemple : piles et batteries, médicaments périmés, sacs plastique.
– La rareté de l´eau est aujourd´hui un problème mondial. Même si le pays visité n´est pas a priori concerné par le manque, quelques réflexes doivent désormais faire partie du quotidien : préférer les douches aux bains, éviter le gaspillage, signaler les fuites éventuelles des robinets.
– Dans la plupart des hôtels vous disposerez d´une climatisation individuelle. Il est vivement recommandé, pour éviter la surconsommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre afférentes, de la couper systématiquement lorsque vous n´êtes pas présent dans la chambre. La climatisation n´est d´ailleurs pas absolument nécessaire sous tous les climats.
– En balade, dans certains écosystèmes fragiles, ne pas sortir des sentiers ou conduire hors-piste, limiter le piétinement et ne pas rapporter de « souvenir » : renoncer à cueillir des fleurs rares, à ramasser des fossiles ou des pétrifications, etc.

L'Espagne a été l'un des premiers pays européens à créer des parcs nationaux (parc national de la Montaña de Covadonga, 22 juillet 1918). A présent, la Red de Parques Nacionales, constituée de 14 parcs, est un système intégré de protection et de gestion des espaces les plus importants du patrimoine naturel espagnol. La protection des écosystèmes pyrénéens est l’objet d’une attention toute particulière (les zones protégées y sont nombreuses).

Malgré cette tradition « écolo », la situation environnementale du pays est aujourd’hui préoccupante. Les émissions de gaz à effet de serre auraient augmenté de près de 53% par rapport à 1990, année référence du protocole de Kyoto. Un chiffre catastrophique, lorsqu’on sait qu’à cette date, l’Espagne s’était engagée à réduire de 5,2% ses émissions de gaz avant 2012. D´après un rapport officiel, le pari semble perdu. Malgré les promesses, les émissions ne cessent d´augmenter. La sanction financière risque d´être lourde : pour respecter le cadre de l'accord, l’Espagne devra acheter près de 3,5 milliards d'euro de droits d'émission dans les cinq prochaines années. En 2006, le ministère de l´environnement a donc mis en œuvre un plan important, visant à contraindre un millier d’entreprises à se mettre en conformité avec les normes imposées par le protocole de Kyoto. L'Espagne espère ainsi réduire ses émissions de gaz de 0,4%.

Le pays se tourne aussi vers des sources d’énergie alternatives. En 2007, Séville a inauguré la première centrale solaire à concentration, destinée à l'exploitation commerciale en Europe. Si le quart de l’électricité est d’origine nucléaire, les énergies renouvelables (notamment éolienne et hydraulique) sont mises à contribution. En Navarre ou en Andalousie, les éoliennes font partie du paysage.

Début 2009, l’Espagne a reçu plusieurs avertissements de la Commission européenne. Un premier pour avoir enfreint la législation communautaire concernant le traitement et l’élimination des déchets industriels. Par exemple, durant des 40 dernières années, 120 millions de tonnes de phosphogypse, venant d’une usine d’engrais, ont été entreposées près du fleuve Tinto (sud-ouest du pays), sans qu’elles reçoivent jamais un traitement adéquat. Un second avertissement touchait à la protection des espèces. L’ouverture de l’extension de l’aéroport de Barajas a empiété sur une zone naturelle du réseau « Natura 2000 », de plus d’un millier d’hectares. Cette zone a été mise en place pour protéger 36 espèces d’oiseaux et différents biotopes ; elle constitue un corridor écologique entre le nord et le sud de Madrid.

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