1 • Formalités

Passeport

Passeport en cours de validité, valable pour la durée du séjour, pour les ressortissants français, belges ou suisses. Pour les autres nationalités, se renseigner auprès du consulat ou de l'ambassade.

Si vous voyagez avec vos enfants, sachez que, dorénavant, les mineurs, quel que soit leur âge, doivent eux aussi avoir un passeport individuel.
A partir du 15 janvier 2017, l'autorisation de sortie du territoire est rétablie pour les mineurs français voyageant sans au moins l'un de leurs parents. Les mineurs voyageant dans ces conditions devront présenter : carte d'identité ou passeport (selon les exigences du pays de destination) ; le formulaire d’autorisation de sortie du territoire, signé par l'un des parents titulaires de l'autorité parentale (le formulaire d’autorisation de sortie du territoire sera accessible sur le site www.Service-Public.fr) ; une photocopie du titre d'identité du parent signataire.

Attention ! note spéciale assurance.
Les assurances couverture santé sont obligatoires pour les voyageurs à Cuba. Elles doivent être souscrites dans le pays d'origine ; un justificatif peut être exigé à l'aéroport. Si toutefois, pour une raison exceptionnelle, un voyageur n'était pas couvert, il serait contraint de souscrire une assurance à l'aéroport d'arrivée à Cuba.

Si votre voyage implique que vous transitiez par les États-Unis :

DOCUMENTS. Pour entrer sans visa, tout voyageur français, belge ou suisse (cela concerne aussi les enfants quel que soit leur âge) se rendant, par air ou par mer, aux Etats-Unis (ou y transitant) pour un voyage touristique ne dépassant pas 90 jours, doit être en possession d´un passeport individuel portant sur la couverture le symbole « puce électronique ». A partir du 15 janvier 2017, l'autorisation de sortie du territoire est rétablie pour les mineurs français voyageant sans au moins l'un de leurs parents.

ESTA. Tous les voyageurs français, belges ou suisses se rendant, par air ou par mer, aux États-Unis (ou y transitant) pour un voyage touristique, devront être en possession, avant d’embarquer, d'une autorisation électronique d'ESTA (Système électronique d'autorisation de voyage). Le formulaire ESTA devra être imprimé, avec la mention « autorisation accordée » et présenté à l’enregistrement. Ce document, simple autorisation d’embarquement, n'est pas une garantie d'admission sur le territoire des USA. Une fois accordée, cette autorisation est valable pour une ou plusieurs entrées et ce pendant deux ans (ou jusqu’à expiration de la validité du passeport du demandeur).
Les formulaires en ligne sont accessibles sur le site : https://esta.cbp.dhs.gov/ (la demande doit être faite au plus tard 72 heures avant le départ). L’autorisation d’ESTA est payante : 14 dollars US (tarif janvier 2017), à régler par carte bancaire au moment de la demande.

ENTREE AUX ETATS-UNIS. À l’arrivée, les services de l'immigration prennent une photo de votre visage et vos empreintes digitales. Patientez derrière la ligne jaune tant que l’on ne vous invite pas à la franchir, cela peut durer un certain temps…
Les contrôles de douane se font au premier point d’entrée sur le territoire. Passée l’immigration, vous récupérez vos bagages sur les tapis roulants et vous rendez à la douane. En cas de continuation aérienne, vous devrez récupérer vos bagages et les apporter aux tapis-bagages qui desservent les correspondances (connecting flights). Ils seront dirigés vers votre destination finale.

RESTRICTIONS A L'EXEMPTION DE VISA. Il est à noter que les voyageurs ayant effectué un séjour en Iran (mais aussi en Irak, en Syrie, en Libye, en Somalie, au Yémen ou au Soudan) depuis le 1er mars 2011 devront, s'ils souhaitent se rendre aux Etats-Unis ou y transiter, faire en personne une demande de visa auprès du consulat américain, et ce même s'ils sont citoyens d'un pays relevant du Programme d'exemption de visa. Cette mesure s'applique également aux binationaux dont l'une des nationalités est iranienne, irakienne, syrienne, libyenne, somalienne, yéménite ou soudanaise.

Si votre voyage implique que vous transitiez par le Canada :

AVE. A partir du 10 novembre 2016, les voyageurs dispensés de visa qui prennent un vol à destination du Canada, ou qui transitent par le Canada vers leur destination finale, devront obtenir une autorisation de voyage électronique (AVE). Elle est valable 5 ans (à condition que votre passeport ait une validité équivalente) et coûte 7 dollars canadiens.
L'AVE n'est pas exigée des citoyens des Etats-Unis, ni des voyageurs possédant un visa valide. Elle ne l'est pas non plus des voyageurs entrant au Canada par voie terrestre ou maritime.
Le formulaire ad hoc doit être complété au plus tard 72 heures avant le départ sur le site http://www.cic.gc.ca/francais/visiter/ave-commencer.asp
Les femmes mariées doivent faire cette demande à leur nom de jeune fille.
Attention ! des sites non officiels proposent de délivrer l'AVE aux voyageurs à des tarifs exorbitants ; il arrive même que l'autorisation ne soit pas délivrée, ou pas reconnue par les autorités canadiennes. Veillez à faire la demande à l'adresse mentionnée ci-dessus.

APPAREILS ELECTRONIQUES. De nouvelles mesures de sécurité sont entrées en vigueur dans les aéroports : les appareils électroniques (smartphones, tablettes, portables…) doivent être chargés et en état de fonctionnement pour tous les vols allant ou passant par les Etats-Unis et Londres. Les agents de contrôle doivent pouvoir les allumer. Par précaution, ayez votre chargeur à portée de main. Si votre appareil est déchargé ou défectueux, il sera confisqué. Cette mesure étant susceptible d’être étendue à d’autres aéroports, nous vous conseillons de charger vos appareils électroniques avant le vol quelle que soit votre destination.

Visa

Pas de visa pour les ressortissants français, belges ou suisses. Une carte de tourisme est toutefois obligatoire ; valable pour un séjour d’un mois. Elle est systématiquement incluse dans nos voyages et fournie avec le carnet de voyage. Les voyageurs conserveront soigneusement ce document qui leur sera réclamé à la sortie du pays. Pour les autres nationalités, se renseigner auprès du consulat ou de l'ambassade.

Attention ! Pour entrer sur le territoire cubain, en provenance des Etats-Unis, il vous faut désormais une carte de tourisme américaine. Celle-ci s’achète (100 dollars US) dans les agences de voyage américaines, ou dans les aéroports américains au passage du contrôle des formalités pour vous rendre en salle d’embarquement. Si vous partez de l’aéroport de Miami, cette carte s’achète au point de contrôle Cuba Ready, situé au niveau des checkpoints 1 et 2. Elle vous sera demandée à votre arrivée à Cuba, lors du contrôle d’immigration à l’aéroport.

2 • Santé

Vaccins obligatoires

La vaccination contre la fièvre jaune est exigée pour tous les voyageurs en provenance de pays où la maladie peut être présente, même si la vaccination n'y est pas obligatoire (cela concerne notamment, ou peut concerner, tous les pays d'Amérique du Sud, à l'exception du Chili).

L’insistance actuelle avec laquelle nous recommandons, aux voyageurs en Amérique centrale, Amérique du sud (sauf Uruguay et Chili) et Caraïbes, la vaccination contre la fièvre jaune, même si elle n’est pas obligatoire à l’entrée pour ceux qui arrivent directement d’Europe ou des Etats-Unis, est moins liée au risque de contracter la maladie qu’à la variabilité du risque administratif en cas de voyage itinérant d’un pays de la région à un autre. D’autre part, la possibilité de modification de la Réglementation sanitaire internationale (recommandation devenant obligation) entre l’inscription à un voyage et le départ effectif, mais aussi la récente (juillet 2016) prolongation à vie de la validité de la vaccination, nous conforte dans nos incitations. Elles seront (ou non) confirmées par le médecin du Centre de vaccinations internationales, en fonction du risque et de la législation.

Vaccins conseillés

Diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite, hépatites A et B, rougeole (pour les enfants).

Paludisme

Absent, mais le risque de dengue, de chikungunya ou de virus Zika, impose une protection individuelle efficace contre les piqûres de moustique.

Autres risques

Ce sont les risques infectieux, comportementaux et environnementaux décrits dans le nos recommandations générales. Pour Cuba, les risques principaux sont liés à l'alimentation, aux bains en mer, à la plongée et au soleil.

Virus Zika : transmise par le même moustique que la dengue et le chikungunya, la maladie n'était pas considérée comme grave (fièvre, éruption cutanée, douleurs articulaires, guérissant en une huitaine de jours) jusqu'à l'apparition, lors de l'épidémie sévissant au Brésil, de lourdes complications neurologiques chez des nouveau-nés de mères ayant été en contact avec le virus Zika. Le risque de microcéphalies, source de lourds handicaps pour l'enfant, nous conduit, en accord avec les recommandations que vient de publier le Haut Conseil de Santé Publique, à conseiller aux femmes enceintes, en particulier en début de grossesse, de consulter leur médecin pour valider le projet de voyage.

3 • Géographie

Capitale

La Havane.

PIB

En 2008, 5 845 dollars US par habitant (France, 36 614 dollars US par habitant).

Point culminant

Pico Turquino, 1 974 mètres (dans la Sierra Maestra).

Climat

On peut distinguer une saison « sèche » et fraîche, de décembre à avril, et une saison des pluies, de mai à novembre. Avec des périodes de transition. Pendant l’hiver, les vents du nord peuvent provoquer des gelées sur les reliefs. Décembre-février sont les mois les plus doux (22° en moyenne à La Havane) ; juillet-août, sont les plus chauds (plus de 30° à La Havane et jusqu’à 36° à Santiago), l’humidité dont l’air est chargé peut alors être difficile à supporter. Il y a toute l’année 3 à 4° d’écart entre le nord (La Havane) et le sud (Santiago). Période cyclonique en octobre-novembre.

Géographie

Situé à 170 km au sud des côtes de Floride, Cuba est un archipel des Caraïbes, constitué de l’île de Cuba, la plus grande île des Antilles, de la Isla de la Juventud (ancienne île des Pins, 2 200 km²) et de 1 600 îlots. Le sud de la baie de Guantanamo (sud-est de l’île de Cuba) est loué à perpétuité aux Etats-Unis (Cuban-American Treaty, 1903). L’île de Cuba présente des plateaux bas et des plaines herbeuses sur un peu plus des deux-tiers de sa superficie. Le reste est montagneux : collines de Guaniguanico (700 m d’altitude), au sud de La Havane ; massif de l’Escambray (1 100 m d’altitude), dans le centre de l’île ; Sierra Maestra (1 974 m d’altitude), dans le sud-est.

Economie

L’embargo US, décrété en 1962 et régulièrement renforcé, sur le commerce avec Cuba et une organisation économique héritée de l’Union-Soviétique sont le frein de droite et le frein de gauche du développement cubain. Le pays, bénéficiant d’une conjoncture favorable (soutien vénézuélien, cours élevé du nickel, tourisme…), a néanmoins connu des années de croissance marquée : 12% en 2005-2006. Puis les choses se sont gâtées. La récession mondiale a fait chuter le cours du nickel, réduit le flux touristique et les envois de devises des émigrés ; l’approvisionnement alimentaire et énergétique connait désormais des difficultés croissantes. La solvabilité du pays est chancelante. Les réformes de structure ne sont pas encore inscrites dans les faits. La productivité est faible (dans l’agriculture, en particulier, qui produit de la canne à sucre, du riz, de la patate douce…), tout comme le pouvoir d’achat des citoyens. Les pénuries s’installent. Le fléchissement démographique n’augure rien de bon… Dans ce contexte, le tourisme apparait comme une véritable cause nationale ; la filière tabac se maintient ; les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique obtiennent des résultats prometteurs. Un avenir pétrolier se dessine peut-être (réserves supposées du golfe du Mexique). A l’échelle régionale, Cuba est engagé dans l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique, dont le volet économique entend promouvoir, contre la logique libre-échangiste, une politique de coopération interétatique d’inspiration socialiste. Quant aux Etats-Unis, ils ont, ces dix dernières années, un peu assoupli l’embargo, permettant à leurs producteurs de devenir les premiers fournisseurs de produits agroalimentaires de Cuba. Le post-socialisme est sous contrôle.
Structure du PIB (2008) : agriculture, 3,8% ; industrie, 22,4% ; services, 73,8%.

Faune et flore

On trouve à Cuba des forêts d’arbres à feuillage persistant (abritant de nombreuses orchidées) ; des cactus, dans les régions arides ; des mangroves ; des savanes à palmiers… Les palmiers sont d’ailleurs, avec le bois-trompette (Yagrumo hembra), emblématiques de l’île ; parmi eux, le rare palmier liège (Microcycas calocoma). L’acajou de Cuba, le cèdre, le gaïac ou bois de fer sont des essences précieuses. Mais lauriers, caroubiers ou flamboyants ont des floraisons splendides. Arbres et arbustes à fruits (figuiers, manguiers, avocatiers, caroubiers…) foisonnent. La Mariposa blanca (Hedychium coronarium) est la fleur des Cubains.
Pour la faune, des cerfs, des sangliers, des agoutis, des lamantins… Le crocodile de Cuba, le hutia (un rongeur arboricole), Eleutherodactylus limbatus, l’une des plus petites grenouilles du monde, ou des serpents du genre Typhlops sont endémiques. Iguanes, lézards, caméléons, crapauds, grenouilles abondent. Dans l’eau salée : marlins, dauphins, barracudas, thons, raies, requins, tortues. Le « fossile vivant » cubain, le manjuari (Atractosteus tristoechus), est un poisson archaïque qui vit surtout en eau douce, mais que l’on rencontre parfois dans la mer. L’île est aussi un paradis pour les oiseaux. On en compte 400 espèces, dont l’Aigrette neigeuse, la Sarcelle à ailes bleues, le Sporophile négrito, le Tacco de Cuba, l’Ibis rouge, le Flamant des Caraïbes, la Corneille palmiste, le Butor d’Amérique… Un phénomène : le Colibri d’Hélène (zunzuncito), avec ses 5 à 6 cm et ses 2 gr, il est le plus petit des oiseaux. Le Trogon de Cuba a, lui, rang d’emblème national.
Six zones naturelles ont été classées par l’UNESCO comme réserve de biosphère : la péninsule de Guanahacabibes, la Sierra del Rosario, les parcs naturels Cienaga de Zapata et Caguanes, le parc Baconao et las Cuchillas del Toa.

4 • Hommes et cultures

Population

11 423 952 habitants (2008).

Langue Officielle

Espagnol.

Langue parlée

90% des Cubains ont l’espagnol pour langue maternelle. Les 10% restant parlent le chinois, le portugais, le créole…

Peuple

Les Indiens ont presque disparu ; dans les montagnes du sud-est de l’île de Cuba vivent encore quelques clans et familles, descendant des Taïnos. Aujourd’hui, 37% des Cubains sont d’origine espagnole, 11% d’origine africaine et 51% sont des métis. A cela, on doit ajouter 1% de Chinois (immigration du XIXe siècle).

Religion

Culturellement, les Cubains sont plutôt catholiques (60%), mais la pratique est érodée. L’attitude du régime à l’égard de l’Eglise a été fluctuante : franchement hostile pendant les années « soviétiques », elle s’est assouplie au cours de la décennie 80. Aujourd’hui, les autorités cherchent à se concilier la hiérarchie catholique. Le judaïsme est d’ancienne implantation, mais il est désormais résiduel.
La Santeria est un syncrétisme, auquel ont contribué les religions yoruba et catholique, et le fouet des contremaîtres des plantations. Les esclaves africains ont-ils « caché » leurs orishas (personnifications des puissances naturelles) derrières les saints catholiques, ou l’Eglise a-t-elle tenté d’organiser le transfert des premiers vers les seconds ? Il y a débat. Quoi qu’il en soit, la Santeria a cristallisé des résistances en un ensemble de croyances et de pratiques partagé par de nombreux Cubains.

Calendrier des Fêtes

1er janvier : fête nationale.
28 janvier : naissance de José Marti.
Janvier : carnaval de Varadero.
8 mars : journée internationale de la Femme.
19 avril : anniversaire de la victoire de la baie des Cochons (1961).
1er mai : fête du Travail.
Juin : festival du boléro (à La Havane).
25-27 juillet : commémoration de l’attaque de la Moncada (1953).
8 octobre : mort de Che Guevara (1967).
10 octobre : commémoration du début des guerres d’indépendance (1868).
4 décembre : Santa Barbara (Santiago).
17 décembre : San Lazaro (Santiago ; sacrifice d’un bouc).
25 décembre : Noël.

Histoire

Le 28 octobre 1492, Christophe Colomb touche une terre qu’il pense être les Indes et qu’il nomme Juana. C’est en fait l’île de Cuba. En 1500, le planisphère de Juan de la Cosa indique que l’on sait désormais que la terre de Juana est une île. La colonisation espagnole commence en 1511 ; Diego Velazquez de Cuellar (1465-1524), venu d’Hispaniola, est à la manœuvre. Les Indiens Guanajuatabeyes et Arawaks (Ciboneys et Taïnos) sont pillés et asservis ; les maladies et les mauvais traitements vont provoquer leur effondrement démographique rapide. L’encomienda (qui met la population indigène à la disposition de colons usufruitiers) est installé. La Havane est fondée en 1515, un an après Santiago. Les ressources minières s’avérant décevantes, l’île est mise en culture : canne à sucre, tabac, café remplacent le manioc traditionnel. Les premiers esclaves africains ont débarqué dès 1513 (l’esclavage ne sera aboli qu’en 1886, c’est donc à Cuba que la traite occidentale aura duré le plus longtemps). Ni Bartolomé de las Casas (1474-1566), ni la bulle Sublimis Deus de 1537, qui condamne l’esclavage et reconnait l’humanité des peuples récemment découverts, ne parviennent à sauver les Indiens des Caraïbes. C’est la Capitainerie générale de Saint-Domingue qui administre Cuba jusqu’en 1664, une Capitainerie générale de Cuba est alors créée, qui aura parfois en charge la Floride et la Louisiane. En 1762-63, les Anglais occupent La Havane pendant neuf mois et ouvrent son commerce. A la fin du siècle, des planteurs de Saint-Domingue, fuyant les révoltes d’esclaves, viennent à Cuba, où ils importent leur savoir-faire et leurs méthodes. Dès lors, les esclaves affluent. On se sert en Afrique, mais aussi au Yucatan. L’esclavagisme conséquent des sucriers et le marché américain permettent le développement de l’île. La pauvreté des vieux mondes aussi conduit aux champs de canne, on y trouvera des paysans espagnols, des Irlandais, des Egyptiens, des Syriens, des Chinois…

La prospérité économique et des idéaux nouveaux engagent à secouer la tutelle espagnole. En 1868, Carlos Manuel de Cespedes (1819-1874) affranchit les esclaves de son domaine et lance la révolte. L’Ejercito Independentista Cubano mène une guerre de dix ans contre l’Espagne. L’armée rebelle capitule le 10 février 1878 (pacte de Zanjon), mais Cuba y gagne, au prix fort (300 000 morts), une vie politique et sociale un peu libéralisée. La rébellion reprend en 1895, à l’instigation de José Marti. L’Espagne apprécie peu et envoie un corps expéditionnaire important. 200 000 morts plus tard, le 11 avril 1898, les Etats-Unis interviennent. Le 10 décembre suivant (traité de Paris), l’Espagne abandonne, entre autres choses, ses dernières possessions antillaises. Après une brève occupation américaine, la République est proclamée (1902). Elle a les USA pour parrain (l’amendement Platt, voté par le Congrès des Etats-Unis en 1901, qui officialisait le droit d’intervention américain, est intégré à la constitution de la nouvelle république cubaine). Les Etats-Unis ont à Cuba d’importants intérêts économiques ; leur influence sur les affaires de l’île sera dès lors déterminante. Les crises constitutionnelles de 1906, 1909, 1917 et 1919 ne se dénouent pas sans eux. Quant au sucre cubain, il dépend du marché US et de la betterave européenne. Les années 20 et 30 sont marquées par la récession économique et l’instabilité politique. En 1933, la situation est assez dégradée pour que les Etats-Unis prennent la main. Cette fois-ci pourtant, l’opposition cubaine se montre suffisamment déterminée pour les faire reculer. L’année suivante, le président Franklin Roosevelt fait abroger l’amendement Platt. Un homme fort est apparu à Cuba : Fulgencio Batista (1901-1973). En 1933, ce sergent autoproclamé colonel a dirigé un putsch de sous-officiers, pris langue avec l’opposition, pris le contrôle de l’armée puis confié ce qui est, au fond, déjà son pouvoir aux civils. Il promeut une politique d’ordre et de réconciliation nationale ; la constitution de 1940, qu’il a inspirée, marque une nette avancée sociale. Les présidents cubains ont donc au-dessus de la tête l’épée de Batista ; en 1940, l’épée est élue président. Puis remise au fourreau huit ans (1944-1952). L’économie tourne, mais la corruption gangrène le pays ; la violence politique n’est pas résorbée. Le 10 mars 1952, avec l’aide de l’armée, Batista s’empare du pouvoir. La constitution est suspendue. Pendant les années de dictature, les Etats-Unis vont faire la pluie et le beaux temps à Cuba. On y vient faire des affaires et s’encanailler. Si les voyants économiques sont au vert, les inégalités sont profondes (entre l’ouest et l’est, entre les villes et les campagnes…) et une certaine licence tropicale ne peut compenser le sentiment d’être dépossédé de sa souveraineté. Le mambo n’est pas tout puissant…

Le 26 juillet 1953, un groupe révolutionnaire emmené par un certain Fidel Castro (né en 1926) attaque une caserne des environs de Santiago, la Moncada. C’est un fiasco et Castro est mis à l’ombre jusqu’en 1955. Libéré, il s’exile au Mexique, où il fait la connaissance d’Ernesto Che Guevara (1928-1967) et parfait sa connaissance du marxisme. Fin 1956, accompagné de Guevara, il regagne clandestinement Cuba et installe une guérilla dans la Sierra Maestra, dont il fait en deux ans un bastion inaccessible aux troupes gouvernementales. Les paysans se joignent aux barbudos. Le 1er janvier 1959, La Havane est aux mains des rebelles. Batista quitte le pays précipitamment. A ce stade, le communisme n’est pas à l’ordre du jour. Mais les premières nationalisations entrainent un raidissement des Etats-Unis et la Guerre froide s’invite à Cuba : l’URSS se dit prête à soutenir Castro. Les Etats-Unis rompent les relations diplomatiques début 1961 et imposent un embargo économique l’année suivante. Sur place, la réforme agraire est lancée. L’évolution du régime et la situation internationale vont provoquer une « soviétisation » progressive de la société. La tentative de débarquement anticastriste dans la baie des Cochons, le 17 avril 1961, tourne à l’avantage de La Havane. La CIA s’est pris les pieds dans le tapis. Quelques mois plus tard, la crise des missiles met le monde au bord de la guerre nucléaire. L’affrontement soviéto-américain commande toute la suite. Castro ne disposant d’aucune marge de manœuvre. Le Parti communiste de Cuba est créé en 1965. Des centaines de milliers de Cubains quittent le pays, légalement (Freedom Flights, entre 1965 et 1971) ou illégalement. Cuba adhère au Comecon en 1972. On intervient en Angola et en Ethiopie. Les années 80 sont marquées par la campagne « Rectification des tendances négatives », sensée pallier les effets de l’essoufflement des économies socialistes. La chute de l’Union-Soviétique impose au régime une espèce de funambulisme politique et économique. Bush père et fils pensent le moment venu d’en finir et renforcent l’embargo. Bill Clinton, lui, l’assouplit… En 2006, Fidel Castro passe la main. Son frère Raul lui succède. Le retour de la gauche dans un certain nombre de pays sud-américains lui offrant, peut-être, un nouvel espace.

Politique

La République de Cuba est un Etat socialiste. Aux termes de la Constitution de 1976, le parti communiste, seul parti légal, a pour fonction de guider la société et l’Etat. L’Assemblée nationale du pouvoir populaire (Asemblea Nacional del Poder Popular) est l’organe suprême de l’Etat et dispose de pouvoirs législatifs et constitutionnels. Elle est monocamérale, à 609 députés élus pour 5 ans (le parti communiste n’a, en principe, pas le pouvoir de désigner des candidats). L’Assemblée élit le Conseil d’Etat (31 membres), qui en est la représentation permanente. Elle désigne le Conseil des ministres (gouvernement), dirigé par le président du Conseil d’Etat. Les juges du Tribunal suprême, clé de voute du système judiciaire, sont également élus par les députés. Des assemblées provinciales et municipales ont en charge la gestion des affaires locales.

Célébrités

José Marti (1853-1895) est le héros de l’unité et de l’indépendance nationales. Poète humaniste, publiciste et dirigeant politique, il a consacré sa vie à la patrie. Il est une référence aussi bien pour Fidel Castro que pour les exilés de Miami (Radio Marti, financée par les Etats-Unis). Tué à la bataille de Dos Rios à la tête d’une unité mambise.

Alicia Alonso (Alicia Ernestina de la Caridad del Cobre Martinez Hoya, née en 1921) fut une étoile du New York City Ballet (où elle danse pour Mikhail Fokine, George Balanchine, Jerome Robbins…). A Cuba, elle a fondé le Ballet Alicia Alonso, devenu le Ballet Nacional de Cuba (1955), avec lequel elle poursuit encore un inlassable travail chorégraphique.

Alberto Korda (1928-2001), photographe de Revolucion, est l’auteur de l’une des icônes du XXe siècle. C’est lui qui, le 5 mars 1960, a pris Che Guevara, coiffé de son béret à étoile, le regard lointain… Depuis, l’image a fait le tour du monde sur tous les supports possibles. Et Korda n’en a jamais tiré le moindre peso.

Alberto Juantorena (né en 1950). El Caballo fut l’un des grands athlètes des seventies. Pendant plusieurs années son immense foulée le rend intouchable sur 400 et 800 m (médaille d’or sur l’une et l’autre distance aux JO de 1976). Président de la Fédération cubaine d’athlétisme.

Wifredo Lam (1902-1982) est un peintre majeur, qui fut en contact avec tous les mouvements esthétiques du XXe siècle. Il en est résulté une œuvre foisonnante où les recherches formelles européennes rencontrent les symboles africains et antillais en un incessant dialogue libérateur.

Ibrahim Ferrer (1927-2005), cubain au point d’avoir des origines africaines et chinoises, était un grand chanteur de son (dérivé du changui). Exhumé par Ry Cooder, il fut l’un des principaux protagonistes du film de Wim Wenders, Buena Vista Social Club (1999).

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service.
Pour les chauffeurs, nous vous conseillons, au minimum, l´équivalent de 2 euros par jour et par personne (et 3 euros pour les guides). A l’hôtel, 1 euro par bagage au bagagiste.
En ce qui concerne le personnel local (porteurs, serveurs…) les usages sont très variables. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie du lieu : les prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant. Les musiciens des restaurants, les personnes qui veillent à la propreté des toilettes, celles qui surveillent les voitures dans la rue ont besoin de ces pourboires ; si leur service vous semble de qualité, ne manquez pas de mettre la main à la poche. Si un « pourboire obligatoire » vous était imposé, n’hésitez pas à demander un reçu qui vous permette d’en vérifier la légalité.

Si le cas se présente, on évitera en revanche d'encourager la mendicité, notamment celle des enfants, en faisant des distributions « sauvages » dans la rue. Lorsque l'on souhaite apporter son aide en fournissant du matériel scolaire, des vêtements ou des médicaments, il est préférable de le faire par le truchement de notre correspondant local, qui est en relation avec de nombreux porteurs de projets communautaires.

Voyager à Cuba vous mettra en contact avec les conditions matérielles et de service d’un socialisme à la fois réel et désuet. Les normes hôtelières par exemple, ne correspondent pas aux standards internationaux, mais cela fait partie de l’ambiance Castro forever et l’on s’accommode aisément d’un peu de vétusté dans les installations et de l’approximation du service. De possibles erreurs d’aiguillage sont à prendre avec la sourire. Depuis cinquante ans, les Cubains abordent avec humour ce décalage entre les promesses et la réalité… Alors… Attention toutefois aux additions fautives, aux prix à coulisse et aux escroqueries au change : compréhensif, mais pas naïf. Mais, quoi qu’il en soit, malgré ses équipements parfois défaillants et un peu d’indélicatesse de temps à autre, le pays et ses habitants sont terriblement séduisants et attachants.

Achat

Cuba = cigares (habanos). De l’Especial (235 mm de long et 18,6 mm de diamètre) au Perla (102 mm de long et 15,87 mm de diamètre), du Claro-Claro à l’Oscuro, d’Alto (Cohiba, Montecristo, Cuaba…) à Bajo (La Flor de Cano, La Corona, Quintero…), il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Le sceau de garantie vous permettra d’éviter les contrefaçons (ne jamais acheter dans la rue, ni à un vendeur privé, mais toujours dans des boutiques officielles). Pour fumer comme Fidel Castro, module Laguito n° 1 ; comme Winston Churchill, Julieta n° 2. Autre plaisir cubain exportable, le rhum (Paticruzado, Caney, Matusalem, Alvarez Camp). Des teeshirts aux assiettes en porcelaine, en passant par d’improbables colifichets, le Comandante Che Guevara fait désormais partie du folklore cubain. Sinon, les marchés proposent des vanneries, des objets en bois d’acajou, des statuettes… Les bijoux de bois ou de graines font des souvenirs peu onéreux et certifiés made in Cuba. On peut aussi faire emplette de quelques disques de rumba, de habanera, de son, de mambo, de timba, etc. (une bonne boutique à l’aéroport).
Peintures ou livres anciens ne peuvent sortir du pays qu’accompagnés d’un certificat de l’administration des biens culturels (quel que soit le lieu d’achat : boutique, marché…).

Cuisine

Il faut bien reconnaitre que l’histoire politique des cinquante dernières années (brejnévisme réel, embargo US) a contribué à appauvrir la cuisine créole cubaine. Aujourd’hui, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même (pourtant, ici et là, des efforts louables sont faits pour la perpétuer). Dans la pratique quotidienne, cela donne du riz, des haricots rouges et de la banane plantain, qu’agrémentent poulet ou porc. Le poisson est rare (et plus encore la « langouste de Cuba », réservée aux hôtels et à l’export). Mentionnons tout de même boliche (rôti de bœuf, chorizo, œufs durs, sauce à la tomate) ; ropa vieja (bœuf effiloché à la tomate) ; les tamales (préparation à base de farine de maïs et de porc, cuite dans une feuille de maïs ou « en cazuela », directement à la marmite). Ragoûts et soupes sont assez fréquents, dont les origines espagnoles sont manifestes. Les fruits (ananas, mangue, orange, citron, papaye, avocat, pomme de lait, pomme cannelle, pomme cajou, sapotille…), passent rarement à la casserole.

Boisson

N’allez pas prétendre, à l’encontre de l’administration cubaine, que l’eau du robinet n’est pas potable, mais soyez prudent (les critères de potabilité…) et buvez de l’eau minérale en bouteille (capsulée). Vous pouvez également boire des sodas (refresco) ou de la bière : Hatuey Beer (fermentation basse), Manacas clara (fermentation haute), Mayabe fuerte (fermentation basse)… Avec le rhum, on fait des cocktails, comme le daïquiri (rhum, citron vert, sucre de canne), le Cuba libre (rhum, Coca-Cola, citron vert), le mojito (rhum, eau gazeuse, menthe, citron vert), Hemingway special (rhum, citron vert, pamplemousse, marasquin)… A la campagne, on boit plutôt de l’aguardiente, de l’eau de vie. Le café est généralement bon.

5 • Transports

Route

L’état général du réseau routier est médiocre. Les voies sont souvent assez dégradées (de surprenants nids de poules sur les autoroutes) et très encombrées ; encombrement toujours, éclairage lacunaire : évitez de conduire la nuit. La signalisation routière est très déficiente (carte indispensable). On sera attentif à faire le plein lorsqu’une pompe se présente : elles sont peu nombreuses en province. Limitations : 50 km/h en ville ; 90 km/h sur route ; 100 à 120 km/h sur autoroute. Taux d’alcoolémie autorisé : 0.

Taxi et location

Attention ! officiellement, les étrangers n’ont pas le droit d’utiliser des taxis « privés », ni de se faire transporter dans des voitures particulières (ce qui condamne l’autostop).
On aura donc recours aux taxis des compagnies d’Etat (Cubataxi, Panataxi, Taxi OK).

Pour louer une voiture, on fera bien de ne pas attendre d’être sur place : même si la réservation à l’avance ne garantit pas qu’un véhicule vous soit effectivement attribué en temps et heure, elle augmente vos chances d’en obtenir un. Lors de la remise de la voiture, en faire une vérification aussi complète que possible et signaler toute anomalie. Les assurances ne couvrent pas les dommages sur les pneus, ni le vol des autoradios.

Train

Le réseau ferré relie La Havane aux villes importantes. Les trains sont décatis, lents, bondés, irréguliers : il faut avoir du temps et le goût du pittoresque, mais, si l’on parle espagnol, le trajet peut être l’occasion de rencontres sympathiques.
Le bus est donc un bon moyen de circuler dans le pays. Les deux compagnies principales sont Astro (bus chinois, qu’utilisent les Cubains) et Viazul (qu’utilisent plutôt les étrangers).

Avion


6 • Infos pratiques

Décalage

Cuba est à GMT-5 et applique l’heure d’été, il y a donc 6 heures de décalage avec la France : quand il est 12h00 à Ivry-sur-Seine, il est 6h00 à La Havane. Du fait des dates différentes de changement d’heure, le décalage peut être de 5 heures pendant quelques semaines en mars et octobre.

Argent

A Cuba, on utilise deux monnaies. Le peso cubain (CUP) est la « monnaie nationale » (MN) ; il ne concerne que les Cubains (dont le salaire est versé en CUP et qui paient avec leur loyer ou les menus achats quotidiens). Le peso convertible (CUC, divisé en 100 centavos) est utilisé par les étrangers, mais aussi les Cubains pour certaines dépenses (savon, shampoing, vêtements, électroménager…). Le CUC est la monnaie de référence (1 CUC = 25 CUP environ). Billets (marqués « pesos convertibles ») de 1, 3, 5, 10, 20, 50 et 100 CUC ; pièces, de 5, 10, 25 et 50 centavos, 1 et 5 CUC. « $ » désigne indifféremment le CUP ou le CUC, soyez attentif à ne pas payer en CUC un montant en CUP. Ni l’une ni l’autre de ces monnaies n’est exportable.

Autre donnée : ni dollars US (lourdement taxés), ni carte américaine (American Express) ou émise par une banque américaine ; préférez les euros.

Le change des devises se fait dans les banques et les bureaux de change officiels (pas à la sauvette dans la rue). Les chèques de voyage (libellés en euros) se changent aux guichets des banques, on peut également y retirer des espèces avec une carte bancaire internationale (Visa, MasterCard). On trouve de plus en plus de distributeurs automatiques (notamment à La Havane). Pour un retrait de 100 CUC, la commission cubaine sera de 3 dollars US et vous constaterez sur votre relevé un retrait de 103 dollars US (le CUC étant indexé sur la monnaie nord-américaine…) ; à cela s’ajouteront les frais de change de votre banque. Règlements par carte bancaire dans les établissements de standing et les zones touristiques. En cas de séjour à la campagne, emportez les espèces nécessaires. Dans tous les cas de paiement, demander un reçu.

Les banques ouvrent, en général, du lundi au vendredi, de 9h00 à 15h00 (elles ferment à midi le dernier vendredi du mois). Les bureaux de change (Cadeca) sont ouverts du lundi au samedi, de 9h00 à 18h00, et parfois de 9h00 à midi, le dimanche.

Electricité

110 volts en général (mais parfois 220 dans les hôtels des chaînes internationales). Prises de type US en général : 2 fiches plates ; mais pas toujours. On emportera adaptateur et transformateur.

Horaire

Les bureaux ouvrent du lundi au vendredi, de 9h00 à 17h00. Journée continue, en principe. S’il y a lieu, on sera bien avisé de faire ses démarches administratives le matin.

Les musées de province, par contre, ferment à l’heure du déjeuner (ils sont souvent ouverts tard le soir). Les musées ferment le lundi (idem pour les marchés de primeurs).

D’ordinaire, les pharmacies ouvrent du lundi au samedi, de 8h00 à 20h00 ; lorsqu’elles sont « turno permanente » ou « pilotos », elles fonctionnent 24h/24. On notera que les pharmacies cubaines sont mal approvisionnées (emporter une trousse à pharmacie garnie).

Les boutiques sont fermées lors du cambio de turno (changement de personnel), cela peut prendre de dix minutes à une heure, le temps d’un rapide inventaire. La plupart des commerces sont fermés le dimanche après-midi.

Média

Les médias sont sous la tutelle du régime et, constitutionnellement, ne peuvent s’opposer à la construction socialiste de la société. Les deux quotidiens nationaux sont Granma (organe officiel du parti communiste) et Juventud Rebelde (celui des jeunesses communistes). L’offre radio est assez variée (nombreuses stations musicales). Les autorités font leur possible pour brouiller les stations financées par les Etats-Unis et émettant à destination de Cuba. La télévision nationale a quatre chaînes (deux généralistes, une sport, une éducative) ; les chaînes régionales ont peu de temps d’antenne. Marque sans doute d’une certaine dépression sociale, les Cubains se réfugient dans le sport et les telenovelas. Dans l’ensemble, l’accès aux médias étrangers est très contrôlé.

Poste

Les bureaux de poste (ouverts du lundi au samedi, de 8h00 à 17h00 ou 18h00) ne sont pas très nombreux et pas faciles à identifier. Cependant, dans la Vieille Havane, place Francisco de Asís, une grande poste moderne est ouverte aux touristes. Notez que l’on trouve des timbres et des boîtes aux lettres dans tous les hôtels. Délai d’acheminement d’une lettre pour l’Europe : long, ça peut aller jusqu’à trois mois.

Téléphone

Pour appeler Cuba depuis la France, composer 00 + 53 + l’indicatif de la ville + le numéro de votre correspondant.
Pour appeler la France depuis Cuba, composer 119 + 33 + le numéro à 9 chiffres de votre correspondant (sans le 0 initial).

Lorsqu’elles sont possibles (et ce n’est pas le cas dans tous les hôtels), les communications internationales sont extrêmement chères ; la solution la plus avantageuse est sans doute d’appeler d’une cabine à carte du réseau Etecsa (Empresa de Telecomunicaciones de Cuba S.A.). Ou d’envoyer un SMS.

Internet

Etecsa a le monopole de la fourniture d’accès et a installé des Telepuntos dans tout le pays. Ces comptoirs Internet vous permettent des accès fiables (en revanche, les connexions ne sont pas rapides). Il faudra acheter une carte pour une heure de connexion, valable dans n’importe quel Telepunto. On vous demandera sans doute de présenter votre passeport (l’accès à Internet est restreint pour les Cubains).
Les hôtels de standing ont, pour la plupart, leur propre cybercafé ; pour les étrangers, les tarifs sont abordables.

Couverture GSM

L’opérateur Cubacel dispose d’une quinzaine d’agences dans le pays (dont une à l’aéroport de La Havane). Il faudra payer d’avance pour utiliser ce réseau, même si vous utilisez votre propre portable. Les appels émis et reçus sont payants. Dans tous les cas, nous vous conseillons de vous renseigner auprès de votre opérateur sur les conditions d’accès au réseau local (même un peu chère, cette solution est sûrement la meilleure).

Devise

CUC

Taux

Cours d'achat estimé : 1 CUC = 0.95992 Euros au 10/12/2017 - Source : www.nationalchange.com

7 • Adresse utiles

Ambassade

Ambassade Cuba en France
14-16, rue de Presles - 75015 Paris
Tél. : 01 45 67 55 35
Fax : 01 45 66 80 92
Email : embacu@ambacuba.fr

Ambassade Cuba en Belgique
Avenue Brugmann, 80 - 1190 Bruxelles
Tél. : 02 343 00 20
Fax : 02 344 96 61
Email : mision@embacuba.be
Web : www.embacuba.be

Ambassade de Cuba en Suisse
Gesellschaftstrasse 8 - 3012 Berne
Tél. : 031 302 21 11
Fax : 031 302 98 30
Email : embacuba.berne@bluewin.ch
Web : http://emba.cubaminrex.cu/suiza

Consulat

Consulat général de Cuba en France
à l’ambassade
Tél. : 01 45 67 5 35
Fax : 01 45 67 08 91
Email : conscu@ambacuba.fr
Web : www.cubaparis.org

En Belgique et en Suisse, les services consulaires sont assurés par l’ambassade.

Office de tourisme

Office de tourisme de Cuba
280, boulevard Raspail - 75014 Paris
Tél. : 01 45 38 90 10
Web : www.cubatourisme.fr

8 • Environnement

Situation Environnementale

Quel que soit l´environnement dans lequel le voyageur se déplace, urbain ou naturel, il est de sa responsabilité de respecter l´endroit qu´il traverse. Voici quelques principes de base, applicables partout dans le monde. Un second paragraphe vous présente les problèmes environnementaux spécifiques à Cuba.
- Eviter de laisser certains déchets sur place et les rapporter avec soi si le pays ne dispose pas d´infrastructure d´élimination de ces déchets. Par exemple : piles et batteries, médicaments périmés, sacs plastique.
- La rareté de l´eau est aujourd´hui un problème mondial. Même si le pays visité n´est pas a priori concerné par le manque, quelques réflexes doivent désormais faire partie du quotidien : préférer les douches aux bains, éviter le gaspillage, signaler les fuites éventuelles des robinets.
- Dans la plupart des hôtels vous disposerez d´une climatisation individuelle. Il est vivement recommandé, pour éviter la surconsommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre afférentes, de la couper systématiquement lorsque vous n´êtes pas présent dans la chambre. La climatisation n´est d´ailleurs pas absolument nécessaire sous tous les climats.
- En balade, dans certains écosystèmes fragiles, ne pas sortir des sentiers ou conduire hors-piste, limiter le piétinement et ne pas rapporter de « souvenir » : renoncer à cueillir des fleurs rares, à ramasser des fossiles ou des pétrifications, etc.

Le 12 juin 1992, à l’ONU, Fidel Castro prononçait un discours sur l´environnement et le développement : « Une importante espèce biologique court le risque de disparaître à cause de la liquidation rapide et progressive de ses conditions naturelles de vie : l´homme. Il est nécessaire de signaler que les sociétés de consommation sont les responsables fondamentales de la destruction atroce de l´environnement… Avec seulement 20% de la population mondiale, elles consomment les deux-tiers des métaux et les trois-quarts de l´énergie que l´on produit dans le monde. Elles ont pollué les mers et les fleuves, elles ont pollué l´air, elles ont affaibli et perforé la couche d´ozone, elles ont saturé l´atmosphère de gaz qui altèrent les conditions climatiques avec des effets catastrophiques, dont nous commençons à souffrir. Les forêts disparaissent, les déserts s´étendent, des milliards de tonnes de terre fertile finissent chaque année dans la mer. De nombreuses espèces disparaissent… Si l´on veut sauver l´humanité de cette autodestruction, il faut mieux distribuer les richesses et les technologies de la planète. Moins de luxe et moins de gaspillage dans quelques pays pour qu´il y ait moins de pauvreté et moins de faim sur une grande partie de la terre… Appliquons un ordre économique international juste… Payons la dette écologique et non la dette externe. Demain il sera trop tard pour faire ce que nous aurions dû faire il y a longtemps. ». Il est vrai qu’à la chute de l’URSS, Cuba, qui voyait disparaitre 50% de son approvisionnement en pétrole, une bonne partie de ses aliments et 85% de ses échanges commerciaux, avait dû se mettre au durable et à l’économique.
Les Cubains ont donc commencé, par nécessité (les Américains, pour leur part, maintenant l’embargo), à faire pousser des légumes organiques dans des fermes et des jardins urbains et à développer des fertilisants et des produits phytosanitaires bio. Le manque de pétrole provoquant des problèmes logistiques, la production maraichère a été installée en ville (on estime aujourd’hui que 50% des légumes consommés à La Havane sont produits dans la capitale ; ailleurs, cela peut monter à 80, voire à 100%). Ici et là, les animaux de trait ont repris du service. Pénurie pétrolière signifiait également baisse de la production d’électricité et coupures de courant. Des investissements d’équipement importants étant inenvisageables, le pays s’est tourné vers les économies d’énergie (le niveau d’équipement des ménages en appareils électriques, déjà faible, tend à baisser) et la mise en place de petites unités locales de production énergétique à partir de sources renouvelables. L’énergie solaire est privilégiée. Du coup, puisque nécessité fait loi, Cuba a développé un réel savoir faire en urbanisme environnemental.