En famille

Bien vivre le décalage horaire en voyage avec des enfants

Le par

Bien vivre le décalage horaire en voyage avec des enfants
Le décalage horaire en voyage avec des enfants © Igor Yaruta/stock.adobe.com

Vous avez un projet d’aventure en famille dans un pays lointain mais vous appréhendez un peu les effets du décalage horaire sur vos enfants ? Même s’il n’existe pas de solution miracle, quelques conseils et repères simples permettent d’en atténuer ses impacts. Comprendre les symptômes selon l’âge de vos enfants, choisir la destination en tenant compte des fuseaux horaires, l’anticiper en douceur avant le départ, opter pour un vol de nuit et adopter quelques bons réflexes sur place… tout cela peut grandement faciliter l’adaptation à ce changement d’heure. Dans tous les cas, rester positif est le maître mot ! Si l’on subit le « jet lag » temporairement, les souvenirs d’un grand voyage en famille, eux, restent pour la vie.

Les effets du décalage horaire sur les bébés et les enfants

Enfant avec sa mère au belvédère de Moorea en Polynésie © AlexQ/stock.adobe.com

Le décalage horaire correspond à la différence d’heure entre deux régions du monde situées dans des fuseaux horaires distincts. Lors d’un voyage lointain, ce changement perturbe notre horloge biologique interne, le rythme circadien, qui régule le sommeil, l’appétit ou encore la vigilance. Le corps continue quelque temps à fonctionner selon son heure habituelle tandis que le soleil et la vie locale du pays de destination imposent un nouveau tempo. On estime généralement que les effets sur l’organisme deviennent plus marqués à partir d’environ 3h de décalage même si la réaction varie beaucoup d’une personne à l’autre.

Ce petit conflit intérieur, aussi appelé « jet lag » en anglais (syndrome du décalage horaire), souvent temporaire, explique les coups de barre en pleine journée, les difficultés de concentration, d’endormissement, les réveils nocturnes, l’irritabilité ou la perte d’appétit que l’on peut ressentir lors d’un voyage… des symptômes encore plus visibles chez les enfants. Chez les bébés de moins de 6 mois dont les rythmes de sommeil sont encore en construction et relativement malléables, l’adaptation à ce décalage horaire peut parfois être plus rapide qu’on ne l’imagine, à condition de respecter leurs signaux de fatigue. Les bambins et les enfants de 3 à 6 ans, très attachés à leurs repères, sont souvent les plus sensibles : un coucher décalé peut vite rimer avec tempête émotionnelle. Quant aux adolescents, déjà enclins à se coucher tard et à vivre en léger décalage, le changement d’heure peut accentuer la somnolence en journée ou l’envie de faire des grasses matinées.

Bien choisir sa destination

Dessin de mappemonde avec différents fuseaux horaires et horloges © Mark/stock.adobe.com

Le choix de l’hémisphère (est, ouest, nord, sud) et le nombre de fuseaux horaires traversés peuvent influencer la manière dont toute la famille vivra le décalage. Tout cela jouera un rôle important dans la capacité d’adaptation des enfants comme des adultes.

Voyager vers l’Est – par exemple au Népal (UTC+5h45), en Thaïlande (UTC+7), en Indonésie (UTC+8) ou au Japon (UTC+9) – implique « d’avancer » l’heure. On perd des heures : lorsqu’il est midi à Paris, il est déjà 20h à Tokyo. L’organisme doit donc avancer son horloge biologique et apprendre à s’endormir plus tôt que d’habitude. Or il est généralement plus facile de retarder son coucher que de l’anticiper : de ce fait, les voyages vers l’est sont souvent ressentis comme plus difficiles, en particulier avec des enfants. À l’inverse, voyager vers l’ouest - comme au Pérou (UTC-5), au Canada (UTC-6 selon les régions) ou sur la côte ouest des États-Unis (UTC-8) - revient à « gagner » du temps. On se couche plus tard et l’on prolonge naturellement la période d’éveil. L’organisme doit simplement retarder son horloge interne, un ajustement généralement mieux toléré chez les petits comme chez les plus grands. Vers le nord ou le sud, le décalage dépend surtout de la longitude plus que de l’hémisphère : partir en Laponie finlandaise (UTC+2 en hiver et UTC+3 en été), en Namibie (UTC+2), en Afrique du Sud (UTC+2), en Tanzanie (UTC+3) ou sur l’île de La Réunion (UTC+4) entraîne peu ou pas de décalage selon la saison.

Dans tous les cas, à partir de 3h de décalage horaire, l’adaptation demande plusieurs jours : en moyenne deux jours si vous voyagez vers l’Ouest et plutôt trois si votre destination se situe à l’Est. Ainsi, lorsque l’on traverse cinq, six ou sept fuseaux horaires, mieux vaut privilégier un séjour d’au moins deux semaines. Cela laisse à chacun - et surtout aux enfants - le temps de trouver progressivement son nouveau rythme et de profiter pleinement du voyage une fois l’horloge interne recalée.

Adapter le sommeil de l’enfant avant le départ

Famille en pyjama le matin devant un hébergement en Corée du Sud © Beau Voyage

Lorsque le décalage horaire reste modéré (moins de 3h), il est possible de l’anticiper en douceur. Quelques jours avant le départ, commencez à ajuster le rythme de votre enfant en décalant l’heure de coucher progressivement de 15 à 20 minutes par jour, selon la zone (est ou ouest) du voyage. Si possible, vous pouvez aussi avancer ou retarder le réveil, les horaires des repas, voire afficher dans la maison une horloge réglée sur l’heure de votre destination. Ces petits repères concrets aident toute la famille à se projeter… et à préparer son horloge biologique sans stress.

En revanche, pour les grands écarts - notamment lorsque l’on inverse presque le jour et la nuit - une transition progressive devient plus complexe à mettre en place. Inutile alors de bouleverser tout le quotidien deux semaines avant le départ : mieux vaut accepter que l’adaptation se fera surtout sur place. Avec un bébé ou un enfant en bas âge, idem, la clé reste la souplesse. On évite de modifier drastiquement ses horaires avant le voyage au risque de le perturber davantage. En revanche, il peut être utile de l’habituer à dormir quelques nuits ou siestes dans son lit parapluie afin que le couchage sur place ne soit pas une nouveauté totale.

Opter pour un vol de nuit…

Enfant regardant un avion décoller dans un aéroport © Sergey Novikov/stock.adobe.com

Dès le début du vol, dans l’avion, on peut déjà minimiser les effets du décalage horaire. Au décollage, l’idéal est de se mettre à l’heure du pays d’arrivée : on règle sa montre, on adapte les temps de sommeil et les repas au nouveau fuseau (c’est d’ailleurs souvent ce qui est prévu par les compagnies aériennes). Pour un voyage en famille au long cours, le choix des horaires de vol peut aussi faire toute la différence. Optez pour un vol de nuit avec une arrivée le matin ou en milieu de journée à destination : les enfants peuvent ainsi dormir pendant le trajet et commencer la journée au rythme local dès l’atterrissage. Certes, les parents passent parfois une nuit hachée mais des enfants reposés facilitent grandement les premières heures sur place. Et lorsque cela est possible, on privilégie un vol direct qui limite la fatigue liée aux correspondances et aux attentes interminables dans les aéroports. À bord, tout doit concourir au repos. Vous augmentez ainsi les chances pour vos enfants (et pour vous-même) de récupérer et de réduire les symptômes du décalage horaire à l'arrivée.

Bien s’acclimater au décalage horaire pendant le voyage

Suivre le soleil

Enfant avec sa mère marchant sur une plage en Polynésie © AlexQ/stock.adobe.com

Le meilleur allié pour remettre les pendules à l’heure, c’est tout simplement… le soleil ! Les rayons UV jouent un rôle essentiel dans la régulation du cycle circadien et dans la production de mélatonine, l’hormone qui régule l’endormissement. Dès le premier jour, l’idéal est donc de vivre au rythme de l’astre solaire : se lever quand le jour se lève, se coucher lorsque la nuit tombe. Exposer les enfants à la lumière naturelle aide leur organisme à comprendre qu’un nouveau tempo se met en place. Concrètement, rien de très compliqué. Une balade tranquille autour du premier hébergement, quelques pas dans un village, au bord de la mer ou de la piscine… ces petites sorties au grand air suffisent souvent à remettre l’horloge biologique sur la bonne voie. Bien sûr, on pense à protéger les enfants du soleil et à privilégier les heures les moins chaudes de la journée.

Respecter le rythme des enfants

Enfant faisant du kayak au Sri Lanka © Soloviova Liudmyla/stock.adobe.com

Les premiers jours de votre arrivée à destination, cette adaptation au décalage horaire se construit peu à peu, lentement mais sûrement, et ne se fait rarement en forçant les choses : observez les signes de fatigue de vos enfants, écoutez leurs besoins et évitez de lutter contre leur envie de dormir lorsqu’elle se présente.

Chez Nomade Aventure, le rythme d’un voyage en famille est justement adapté à ces contraintes. Le programme de la première et de la deuxième journée reste volontairement allégé ou ponctué d’activités douces afin de laisser à chacun le temps de récupérer et de se mettre à l’heure du pays. Des pauses régulières sont aussi prévues, et pour les plus petits, une petite sieste réparatrice après le déjeuner, d’1h à 2h environ, peut être aménagée. Les trajets en voiture, en minibus, en train ou en bateau offrent aussi de bonnes occasions de se reposer. Pendant les premiers jours, les enfants peuvent aussi avoir faim à des moments inhabituels. En dehors des repas, on peut alors leur proposer quelques collations pour éviter les fringales à des heures improbables voire leur préparer un petit encas à grignoter lors des réveils nocturnes.

Le soir venu, mieux vaut éviter de de mettre au lit les enfants trop tôt par rapport à l’heure locale. On décale progressivement le coucher jour après jour, en conservant les mêmes petits rituels qu’à la maison. Si vous voyagez vers l’ouest, essayez par exemple de prolonger la journée d’une demi-heure ou d’une heure chaque soir. Vers l’est, c’est souvent l’inverse : les enfants auront tendance à veiller tard. Dans ce cas, on tente de les endormir à une heure raisonnable (avant minuit) et de les réveiller le lendemain sans trop tarder.

Jeune ado sur une plage au coucher du soleil à Mirissa au Sri Lanka © Frédéric Poirier/Nomade Aventure

Créer un environnement propice au sommeil aide aussi beaucoup. Chambre sombre avec rideaux occultants ou volets lorsque cela est possible dans les hôtels ou les lodges, température agréable grâce à un ventilateur, activités calmes en fin de journée… Lors d’un bivouac, l’histoire du soir racontée sous les étoiles au coin du feu peut devenir un merveilleux rituel d’endormissement avant la nuit sous la tente. Pour les plus jeunes, quelques objets familiers peuvent être réconfortants : un doudou, une gigoteuse, un pyjama déjà porté à la maison avec l’odeur de votre enfant, une tétine ou une petite veilleuse portative. Ces repères rassurent et facilitent le moment du coucher, même à l’autre bout du monde.

Lâcher prise

Enfant visitant un site maya au Mexique © PhotoSerg/stock.adobe.com

Souvenez-vous d’une chose : les enfants possèdent une étonnante capacité d’adaptation et les vacances en famille sont faites pour sortir du quotidien. Si votre enfant avait de bonnes habitudes de sommeil avant le départ, elles reviendront rapidement une fois l’organisme recalé. Pour les autres, vous n’êtes pas à l’abri d’une bonne surprise. Enfin, le décalage horaire peut aussi être une source d’opportunités. Un réveil trop matinal ? C’est l’occasion d’explorer un site célèbre loin des foules, baigné par la lumière de l’aube, tel le mythique Machu Picchu au Pérou. À l’inverse, une soirée qui s’étire peut vous entraîner dans un marché nocturne animé, pour goûter aux spécialités locales savoureuses comme la street food de Bangkok en Thaïlande. Parfois, vous vivrez des moments inattendus : bercer un bébé sur une plage, les pieds dans l’eau, éclairé par la lune, ou devant l’hôtel et échanger avec quelques passants noctambules. Bref, plutôt que de lutter contre le décalage horaire, autant l’accueillir avec souplesse et joie. En faisant preuve de patience et de lâcher prise, en restant zen, il devient souvent une porte d’entrée vers des instants magiques : le sel de l’aventure.

Et comment se recaler au retour de voyage ?

Si le décalage horaire à l’aller se vit souvent plus facilement - l’excitation des vacances aidant - celui du retour peut être plus délicat. Revenir sous un ciel gris et des températures fraîches en hiver par exemple ne facilite pas le recalage de l’horloge interne. L’idéal est de rentrer deux jours avant la reprise de l’école, de la crèche ou du travail. Ces 48h permettent aux enfants comme aux parents de retrouver progressivement leur rythme. Pour donner un petit coup de pouce, une lampe de luminothérapie peut aussi aider à resynchroniser l’organisme, notamment en hiver. Un allié précieux pour prolonger les bienfaits d’un voyage au soleil en famille… sans subir trop longtemps le « jet lag ».

Partager cet article

Encore plus d'inspiration