Marcher 15 jours, de village berbère en vallée, gravir des cols et atteindre deux sommets mythiques en un seul voyage, les points les plus hauts d’Afrique du Nord… tout cela au cœur de paysages somptueux : c’est le défi qu’ont relevé Patrick et sa compagne en septembre 2025, clients fidèles depuis quelques années chez Nomade Aventure. Accompagnés de guides locaux, ils ont réalisé l’ascension du M'Goun (4 071 m) et du Toubkal (4 167 m), dans le Haut Atlas marocain avec un petit groupe de randonneurs. Patrick nous partage dans cet article ses impressions sur cette expérience : sa vision du trek, le choix de partir en petit groupe, comment se vit pas à pas une ascension en haute montagne, l’importance de la préparation et les émotions vécues là-haut, entre dépassement de soi, partage, solidarité, et fierté d’avoir accompli un bel exploit.
Patrick, portrait d’un randonneur passionné
C’est dans sa jeunesse que Patrick prend goût au voyage. Il se rend dans les alpages suisses et réalise quelques virées à moto avec des amis sur les routes d’Écosse, de Norvège, de Slovaquie. Il se souvient notamment de l’ascension du Ben Nevis, le plus haut sommet de la Grande-Bretagne culminant à 1 345 m d’altitude : « Le dénivelé n’est pas très important mais le climat rude (vents, pluies, brouillard) rend l’ascension compliquée. À 1 000 m, on ne voyait plus rien, même pas notre main devant le visage. » Toujours à moto, il explore aussi les Carpates, les Alpes et les Dolomites jusqu’au sommet de la Marmolada. Quelques années passent, il se passionne pour la randonnée aux côtés de son épouse et devient guide touristique au Luxembourg accompagnant une centaine d’excursions pédestres par an : « Avec ma femme, on a découvert les plaisirs de la marche sur le tard, mais de façon plus intense. En moyenne, on marche 16 km par jour », glisse-t-il avec sa montre connectée au poignet : « Comme je suis retraité maintenant, j’ai le temps et on a beaucoup de plaisir à se retrouver dans la nature. » D’ailleurs, toutes leurs vacances tournent autour de cette passion. Au cœur du Sud de la France, dans les calanques de Marseille, sur la montagne Sainte-Victoire près d’Aix-en-Provence ou dans le massif de la Sainte-Baume, le couple privilégie les sentiers dans la garrigue aux plages renommées.

En 2022, il réalise son premier voyage avec Nomade Aventure sur l’île de la Réunion, la « Grande traversée de l’île intense ». Après ce premier trek concluant d’un niveau sportif, suivront un voyage à Madère en 2023 (« Cimes et sentiers », niveau dynamique +), l’ascension du M’Goun et du Toubkal au Maroc en septembre 2025 (niveau sportif), et bientôt en avril 2026 « La grande traversée de Santo Antão » au Cap-Vert. « Comme la première expérience à la Réunion était vraiment superbe, on ne voulait pas changer une équipe qui gagne, on a souhaité repartir avec vous », commente-t-il.
Lorsqu’on lui demande « pourquoi choisir de voyager en petit groupe ? », la réponse est sans équivoque : « C'est un avantage pour nous. On est dans une ambiance conviviale et décontractée, il n’y a pas trop de monde, on peut se concentrer essentiellement sur le voyage. » Il évoque les échanges avec ses autres compagnons de marche le soir, les discussions à bâtons rompus autour de l’itinéraire et des paysages parcourus, les points de vue qui se croisent. « On voit tous la même chose mais chacun le voit d'une autre façon sous un angle différent. Et c'est cela qui est très enrichissant. » Au Maroc, pour l’ascension du M’Goun, ils sont ainsi sept. Sur le Toubkal, quinze. « On a tissé des liens avec quelques personnes du groupe » comme avec Bruno, originaire d’Arles, Fernand lors de l’ascension du Toubkal ou la première semaine, avec son « Louis d’or » comme il le surnomme affectueusement, un homme de 77 ans, assez sportif, le patriarche du groupe : « On s'est déjà invités mutuellement pour se revoir en Espagne et dans le Sud de la France. » Outre la bonne ambiance, l’entraide s’installe naturellement dans un petit groupe, l’union fait la force comme on dit. On motive un coéquipier ou une coéquipière dans une montée plus raide, on aide à monter une tente, on fait circuler les plats lors des repas : une dynamique collective qui dépasse le simple cadre sportif.

Et c’est aussi là tout l’intérêt de partir avec un voyagiste comme Nomade Aventure, qui permet de rassembler des personnes de tous horizons aux passions communes : « En tant que Luxembourgeois plutôt francophones, on souhaitait aussi passer par un voyagiste français pour s’intégrer complètement au groupe », ajoute Patrick. Passer par Nomade, c’est aussi voyager l’esprit léger. « On n’a pas eu à se tracasser à tout organiser nous-mêmes, c’est toujours un peu de l'aventure, mais c'est quand même une aventure organisée. » Il insiste : « Le très grand plus, c'est que vous nous déchargez de toutes ces démarches administratives et organisationnelles. On peut vraiment se concentrer sur le trek et la rencontre avec les populations locales. » De l’encadrement par des guides locaux aguerris jusqu’à la logistique (transport des sacs, du matériel pour le bivouac par les mules et leurs muletiers), en passant par les transferts, la préparation des repas par un cuisinier et la sécurité, tout est mis en place pour que le voyage se passe sereinement.

Quant à sa définition du voyage d’aventure, elle tient en quelques mots : « L’aventure, pour moi, c’est déjà du dépaysement. C'est aussi parfois un peu vivre dans l'inconfort, se retrouver au cœur de paysages et d’un environnement isolés, presque hostiles. Si on voyage dans le désert, dans la jungle ou en haute montagne, c'est autre chose que de se promener au bord de la mer. » Et c’est aussi s’immerger dans d’autres cultures : « Je n’ai jamais été en Afrique du Nord donc ça faisait partie un peu de l'aventure de découvrir ce pays, les Marocains, leur mode de vie, leurs traditions, c'était très impressionnant pour nous deux », se réjouit-il.

Il distingue aussi très clairement les différences entre la randonnée et le trek : « La randonnée, je peux la faire tous les jours, avec un petit sac à dos, un pique-nique, de l’eau et on revient le soir ou dans l’après-midi. C'est un peu ma promenade du dimanche. Alors que le trek se réalise sur plusieurs jours donc l'effort physique est déjà plus soutenu. » La nature du terrain, en général isolé, pour un trek, la durée, la distance, les dénivelés, le degré d’autonomie, jouent également : « Un trek, c’est plus engageant physiquement. On marche dans un milieu qu'on ne connaît pas trop, qu'on n'a pas l'habitude d'affronter tous les jours. On se retrouve dans un certain inconfort, par exemple lors du bivouac le soir. » L’ascension d’un sommet ajoute une dimension supplémentaire, avec la volonté pour Patrick de se surpasser : « Quand je pars sur ce type de trek, je recherche le défi sportif. » Franchir les 4 000 m d’altitude était d’ailleurs nouveau pour lui comme il le mentionne : « Je souhaitais faire ces ascensions pour me montrer à moi-même que je suis encore capable de faire un gros effort physique malgré mon âge canonique », ironise-t-il avant d’ajouter qu’une ascension, c’est aussi bien plus que ça : « Bivouaquer sous la tente, partager cette ambiance galvanisante en petit groupe, c'est aussi un défi moral, intellectuel et social ».
À l’assaut du M’Goun et du Toubkal : 15 jours au cœur du Haut Atlas
Pour Patrick et son épouse, cette envie de se confronter à l’inconnu, de sortir de leur zone de confort les a naturellement orientés à choisir un trek et une randonnée au Maroc. Dans cette logique de dépassement de soi, le Haut Atlas marocain s’est imposé comme un terrain de jeu idéal. « Ma femme était mariée à un Algérien donc elle connaissait déjà un peu l’Atlas qui s’étend aussi sur une partie de l’Algérie », raconte-t-il avant de poursuivre : « Ma femme a toujours voulu aller dans le désert. Mais pour moi le désert, ce n’est pas assez physique. Elle a donc trouvé ce trek au Maroc avec l’ascension des deux sommets et cela nous a tout de suite tentés. Et l'Afrique du Nord, de toute façon, ça nous a toujours tentés avec cette culture si riche et de superbes paysages. »

Les voilà donc partis le 20 septembre 2025 dans ce pays du Maghreb gravir l’ighil M'Goun (4 071 m) puis, le djebel Toubkal (4 167 m) en un seul voyage de deux semaines. Situé à environ 250 km de Marrakech, le M’Goun est le troisième plus haut sommet du Maroc, tandis que le Toubkal, à seulement 63 km au sud de la ville ocre, en est le point culminant et celui de toute l’Afrique du Nord. En théorie, à peine une centaine de mètres les séparent. En pratique, les sensations diffèrent nettement : « Le M’Goun est moins haut que le Toubkal. Mais pour moi, l’ascension du M’Goun était physiquement plus éprouvante. C'est une belle montée et ça monte, ça monte, ça monte, c'est interminable », décrit Patrick. Les paysages eux aussi contrastent : « Autour du M’Goun, ils sont plus verdoyants sauf évidemment au sommet. Sur le Toubkal, c’est plus minéral avec beaucoup de caillasse ».

Avant l’assaut final, une marche d’approche est essentielle pour s’acclimater en douceur à l’altitude. Pour le M’Goun, celle-ci dure un jour et demi et débute à 1 800 m d’altitude au plateau de Tamzite, franchissant quelques cols (Oumskiyq, Tizi n’Oughri) jusqu’à 3 300 m avant de redescendre vers le campement au pied du M’Goun dans la vallée de Tarkedit. Pour le Toubkal, l’approche s’étale sur trois jours et demi, depuis la station de ski d’Oukaïmden, à travers cols, vallées encaissées, villages berbères en pisé accrochés à flanc de montagne, forêts de genévriers et de chênes verts. Au fil des étapes, les rencontres avec les locaux marquent autant que les paysages. « Les Marocains sont vraiment très accueillants, très chaleureux, très souriants. On a été invités à prendre le thé chez des habitants. On a aussi rencontré des bergers nomades qui suivent leurs bêtes. Sur les sites où l’on s’arrêtait pour installer le bivouac, ils venaient faire boire leurs troupeaux ou laver leur linge dans les petits ruisseaux à côté, on voyait un peu comment ils vivaient », décrit-il. Les passages à Marrakech - à l’arrivée, entre les deux ascensions et à la fin du voyage - les ont tout autant frappés : « On a beaucoup observé et apprécié ce contraste entre la ville de Marrakech, moderne, européanisée où tout allait vite avec son souk animé et le fait de se retrouver après au milieu de la nature sans pollution sonore et visuelle. » Face aux puissants reliefs calcaires du Haut Atlas, l’émotion est palpable : « Je n’ai pas l'habitude d'être à la montagne comme ça, avec de grandes étendues, des petites vallées encastrées entre les montagnes, c'était tellement impressionnant ».

Le jour J, l’ambiance diffère d’un sommet à l’autre. « L’ascension du Toubkal se fait en aller-retour et elle est plus touristique, civilisée, il y a plus de monde. C’est un peu ça qui nous a déplus », explique-t-il. À l’aube, depuis le refuge des mouflons, où est installé le campement de base et d’où partent tous les randonneurs, les frontales dessinent une procession lumineuse dans la nuit. « Je me suis levé vers 4h du matin, il y avait déjà une file d’une centaine de lampes frontales qu'on voyait monter. Nous on est partis plus tard à 6h, on a vu au début quelques petits yeux de fennecs briller au loin. Et après, on a pu bien voir les paysages lorsque le soleil s’est levé et on a gravi plus facilement les dénivelés. » La montée au Toubkal et la descente durent 6h avec 1 070 m de dénivelé positif et 1 370 m de dénivelé négatif. Arrivé au sommet, le panorama s’ouvre en grand : « La vue en haut du Toubkal est plus impressionnante que celle du M’Goun parce qu’on est vraiment en plein dans la haute montagne, on a une vue à 360° sur la chaîne de l’Atlas et la plaine de Marrakech. » Par temps clair, on peut même apercevoir les montagnes du Siroua et du Saghro émergeant à l’horizon. Quelques jours plus tôt, l’ascension du M’Goun s’était révélée plus longue encore : 8h30 d’effort (montée et descente), 1 200 m de dénivelé positif et 1 400 m de dénivelé négatif :« L’ascension ne se faisait pas en aller-retour comme au Toubkal, on arrivait au sommet » par la voie ouest sur un sentier en paliers successifs garantissant une bonne acclimatation à l’altitude « pour redescendre par le versant nord vers un autre site de bivouac » aux abords du ruisseau de Oulilimt.

Chacune de ces ascensions apporte son lot de difficultés spécifiques. Et il ne faut pas se fier aux apparences, une ascension à priori facile peut s’avérer difficile. Plusieurs facteurs peuvent y contribuer : la météo, la fatigue extrême, la nature du sentier… Sur la crête du M’Goun, le vent se montre puissant : « Cela soufflait de tous les côtés. C’était quand même un chemin assez large, on ne pouvait pas tomber mais c'était impressionnant, surtout les derniers 100 m. Je m’accrochais à des pierres pour ne pas m’envoler », se remémore-t-il. À l’inverse, sur le Toubkal, c’est la pente caillouteuse qui le met à l’épreuve : « On marchait sur des petites pierres qui roulent. Donc là, pour la première fois de ma vie, j'ai pris des bâtons pour avoir un support supplémentaire. C'est faisable pour tout le monde, ce n’est pas dangereux mais il faut quand même faire attention. » Les effets de l’altitude représentaient aussi sa principale appréhension : « Finalement, je n’ai pas ressenti le mal des montagnes, j'étais très content. J'étais surexcité quand je suis arrivé en haut des deux sommets », se réjouit-il. Le climat, lui aussi, impose ses règles avec une météo changeante en montagne : « Le premier jour, il a dû pleuvoir beaucoup pendant 2h, on a eu même des problèmes pour traverser un torrent », évoque Patrick. La dernière soirée au campement en contrebas du Toubkal a été également plus fraîche. « À 2 800 m d’altitude, il faisait vraiment froid et on était déjà début octobre. Les températures tombaient à partir de 16h. On était contents d'avoir trois cierges dans notre tente pour se réchauffer un peu, on avait enfilé plusieurs couches de vêtements et on avait un bon sac de couchage (0°C) », explique-t-il.
Dans les coulisses d’une ascension réussie…
Rien n’est laissé au hasard dans la réussite d’une telle aventure. Avant même le départ, tout commence par une préparation rigoureuse. D’un niveau sportif, ce trek en haute montagne implique une bonne forme physique et de l’endurance. Il faut compter en moyenne entre 4h à 6h de marche par jour (sauf pour le jour de l’ascension du M’Goun, comptez 8h30), pauses comprises avec au maximum 1 200 m de dénivelé positif et 1 400 m de dénivelé négatif. Un programme qui favorise l’acclimatation à l’altitude. L'effort est donc mesuré comme le détaille Patrick : « On marchait beaucoup le matin, on se levait tôt, et très souvent on se reposait l’après-midi, pour lire ou se mettre un peu au soleil », mais il doit être fourni sur plusieurs jours. En amont, quelques week-ends de mise en jambes sont conseillés, idéalement en terrain vallonné ou en montagne. Patrick et son épouse n’ont pas pris cela à la légère : « Nous étions déjà bien préparés comme nous marchons 15 km par jour en moyenne et ma femme suit des cours de pilate. On a juste fait un petit entraînement au nord du Luxembourg, le tour d’un lac artificiel, le lac de la Haute-Sûre. C’est une très belle randonnée de 44 km au total, qu’on peut faire en deux parties. C’est ce qu’on a fait sur 28 km avec tout de même 1200 m de dénivelé positif. » Choisir son équipement avec soin est aussi indispensable : de bonnes chaussures déjà portées avec semelles épaisses et maintien de la cheville, des vêtements adaptés aux variations de température (t-shirt, chemises, polaire, doudoune, bonnet, gants, pantalon de randonnée) avec application de la règle des trois couches, une gourde d’1L au moins, des bâtons si besoin…Et au-delà du physique, il y a aussi la préparation mentale : accepter l’inconfort ponctuel, la fatigue, les imprévus.

Sur place, l’encadrement par l’équipe locale a aussi joué un rôle clé dans la réussite de ces ascensions. Un guide local francophone Ahmed, six muletiers et un cuisinier accompagnaient le premier groupe de 7 personnes lors de l’ascension du M’Goun. Dans le second groupe (15 personnes), lors de l’ascension du Toubkal, un deuxième guide Mohamed et un muletier se sont rajoutés. Fins connaisseurs du terrain et des conditions climatiques, les guides assurent la bonne cohésion du groupe, restent attentifs à chacun, donnent un tempo à la marche en fonction du rythme des randonneurs, et veillent à la sécurité de tous : « Les deux guides étaient vraiment top, très chaleureux. On a été très bien accompagnés et je me sentais vraiment en confiance. » Lorsque la motivation faiblit, ou que la peur prend le dessus, ils s’adaptent et trouvent des solutions : « Pour l’ascension du M’Goun, ma femme appréhendait les effets de l’altitude. Notre guide Ahmed a eu un bon réflexe, il a demandé à un des muletiers Mustapha d’accompagner ma femme pendant toute l’ascension jusqu’au sommet. » Même attention sur le Toubkal : « Dans le deuxième groupe, il y avait deux femmes qui étaient un peu plus faibles. Mohamed les a motivées tout le long pour accéder au sommet du Toubkal. Et elles y sont arrivées à leur rythme… elles étaient très contentes. » Formés pour gérer le mal des montagnes, les guides sont aussi particulièrement vigilants aux effets de l’altitude et aux symptômes qui en découlent chez les trekkeurs. En cas de problème médical plus important (mal des montagnes persistant, œdème pulmonaire…), ils peuvent contacter le service médical d’urgence SOS MAM, soit un médecin spécialiste de l’Ifremmont (institut de formation et de recherche en médecine de haute montagne basé à Chamonix).
Au-delà de l’encadrement technique, les guides jouent aussi un rôle de passeurs avec les populations locales. « Ils nous ont emmené prendre le thé dans de petits villages, chez les familles des muletiers ou des personnes qu’ils connaissent. On a fait plusieurs étapes très authentiques grâce à eux. » Quant aux muletiers et leurs bêtes, ils assurent le portage du matériel de camping et des sacs tandis que le cuisinier prépare des repas copieux et adaptés à l’effort : tajines, couscous, salades, pâtes aux légumes, etc. Patrick se remémore d’ailleurs un moment inattendu passé avec l’un d’entre eux : « La première semaine, je voulais toujours être devant, courir vite. Je me suis retrouvé avec notre cuisinier Daoud en tête en pensant rattraper le groupe qui était en fait à 1 ou 2 km derrière nous. Et donc je suis resté avec lui, j’avais mon guidage personnel. On a échangé des pierres trouvées sur le chemin. En arrivant avant tout le monde sur le bivouac, je l’ai aidé à cuisiner un peu, à couper les légumes et à monter la grande tente de la cuisine. »

Cette organisation bien rodée se prolonge aussi dans le choix des hébergements et des sites de bivouac. Les nuits alternent ainsi entre hôtel à Marrakech (4 nuits à l’arrivée, entre les deux ascensions et à la fin), gîte de montagne avec sanitaires communs (1 nuit dans le village de Ait Imi après l’ascension du M’Goun) et bivouacs itinérants (9 nuits). Patrick a plutôt bien apprécié les nuits sous tente : « On a eu de très beaux sites de bivouac en pleine nature. J’ai plutôt bien dormi. On mettait nos boules Quies pour dormir parce que sinon on entendait les chèvres bêler et les mules braire toute la nuit. Pendant 2 ou 3 jours, on a eu beaucoup de vent, les tentes se pliaient à tel point qu’elles étaient sur nos visages au réveil », évoque Patrick avant de se remémorer leur dernière soirée plus mouvementée : « Le dernier soir, du côté des cascades d'Irouliden juste avant de retourner au village d’Imlil, après l’ascension du Toubkal, le ciel s'est couvert. Il a fallu que chacun trouve un bon emplacement pour monter sa tente. Et nous, on était vraiment mal placés, pas loin d’une source où l'eau dégoulinait déjà un peu et on s'est dit s’il se met à pleuvoir, on aura toute la flotte dans la tente. On était un peu inquiets mais finalement il n’y a rien eu. » Autant d’épisodes qui donnent à ce trek sa saveur particulière.


Lorsque les tentes sont repliées pour la dernière fois et que le groupe redescend vers la vallée, ce ne sont pas seulement des souvenirs aux sommets que Patrick et son épouse ramènent avec eux. L’expérience leur a laissé une trace plus intime : « Comme on a réussi à faire ces deux ascensions sans problème, cela a été très rassurant pour nous. On a trouvé qu'on avait plus confiance en nous-mêmes, aussi bien par rapport à nos capacités physiques que mentales. Cela nous a confortés dans l'idée de réitérer ce genre de voyage. » Au fond, c’est peut-être cela, la véritable réussite de ces 15 jours de trek : mesurer ses capacités, dépasser ses peurs et se découvrir plus fort qu’on ne l’imaginait. Son message aux futurs candidats est donc sans appel : « Si quelqu'un me dit : « est-ce que je peux aller au Maroc faire ces ascensions ? », je lui dirai d’y aller, c’était sublime. Il faut faire un peu de marche sportive avant, mais pour quelqu'un qui a l'habitude de marcher il n’y a aucune complication. » Ils en reviennent certes un peu fatigués mais enchantés, voire même un peu transformés.
Quand partir faire l’ascension du M’Goun et du Toubkal ?De juin à début octobre, en été et au début de l’automne. Si en été il fait chaud à Marrakech, en revanche, dans le Haut Atlas, les treks se déroulent à des altitudes moyennes de 1 500 à 4 000 m et la température est bien différente en montagne. Il fait en journée de 20 à 30°C, les matinées et les soirées sont plus fraîches. Quant à la nuit, les températures se situent entre 0 et - 5°C.
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Pour faire l’ascension du M’Goun et/ou du Toubkal :
- Le M’Goun et le Toubkal en 15 jours :
https://www.nomade-aventure.com/voyage-aventure/maroc/trek-haut-atlas-maroc/mar109 - Le M’Goun en 8 jours :
https://www.nomade-aventure.com/voyage-aventure/maroc/trek-m-goun-maroc/mar88 - Le Toubkal en 8 jours :
https://www.nomade-aventure.com/voyage-aventure/maroc/trek-et-ascension-toubkal/mar60 - Le M’goun, l’Anghomar et le Toubkal en 18 jours :
https://www.nomade-aventure.com/voyage-aventure/maroc/trek-toubkal-m-goun-anghomar-maroc/mar200




