Voyage en Ouganda : il n’y a pas d’âge pour partir à l’aventure !

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Voyage en Ouganda : il n’y a pas d’âge pour partir à l’aventure !
Rencontre entre Solange et les gorilles des montagnes à Bwindi - Ouganda © Solange

Chez Nomade, il n’y a pas d’âge pour partir à l’aventure… et Solange en est la plus belle preuve. En juin 2025, cette nonagénaire infatigable s’est envolée pour l’Ouganda. Avec son amie Lydie, elles ont rejoint un petit groupe de voyageurs encadré par un guide local francophone pour découvrir ce pays d’Afrique de l’Est. Là-bas, au cœur de la forêt impénétrable de Bwindi où vivent les gorilles des montagnes, elle a célébré ses 92 ans. Entre safaris et rencontres authentiques, Solange livre le récit de son voyage hors du temps.

L’esprit d’aventure à tout âge !

Paysage d'Ouganda au coucher du soleil © Solange

Mercredi 23 juillet 2025, 15h. Après trois ou quatre sonneries, une voix enjouée et chaleureuse décroche le combiné : c’est Solange ! Le ton est alerte, le vocabulaire soigné, et derrière chaque mot, on devine l’énergie et la sagesse qui animent cette grande voyageuse. Très vite, la conversation s’engage, les questions et les réponses fusent : souvenirs de voyage, anecdotes…

Pour la dépeindre, il suffit d’aller puiser dans sa mémoire, celle qui sillonne le monde depuis plus de soixante ans sans jamais se départir de son enthousiasme : « Depuis mes 30 ans, j’ai beaucoup voyagé sur les quatre continents, au départ avec mon mari. C’était l’époque du développement des charters, beaucoup de destinations s’ouvraient à peine au tourisme », raconte-t-elle. Après le décès de son époux, elle décide de ne pas renoncer à sa passion du voyage qu’elle poursuit seule ou en compagnie de son amie Lydie, rencontrée lors d’un précédent périple. C’est d’ailleurs Lydie qui lui a soufflé l’idée de ce voyage en Ouganda.

Et si elle n’a pas spécialement choisi la formule en petit groupe - qu’elle avait déjà testée par ailleurs sur d’autres voyages - Solange y a trouvé un cadre bienveillant et convivial, propice aux échanges. Elle garde d’ailleurs un souvenir très vif de la complicité née au sein du petit groupe composé exclusivement de femmes : « Avec Lydie, nous nous sommes très vite bien entendues avec les trois autres participantes du groupe… nous étions comme les cinq doigts de la main si l’on peut dire. Tout de suite, nous avons créé des liens, c’était la première fois que cela nous arrivait en voyage. Dans ce groupe où personne ne se connaissait au départ, nous nous sommes rapprochées de façon naturelle : on se ressemblait. Nous avions les mêmes intérêts, partagions les mêmes valeurs, avions la même façon de voir les choses… Nous avons vécu un vrai coup de cœur amical. » Des liens qui ont perduré bien après leur retour précise-t-elle : « Bien sûr, nous avons gardé contact après le voyage et nous allons nous revoir. » Preuve que le voyage, parfois, crée de belles amitiés.

Quant à la définition qu’elle donne au voyage d’aventure d’aujourd’hui, elle n’a finalement rien à voir avec la prise de risques : « À aucun moment, je ne me suis sentie en danger ou en insécurité, contrairement à d’autres voyages que j’ai faits dans ma jeunesse. Ce qui m’a plu dans ce voyage, c’est vraiment l’immersion dans la nature, au plus près des animaux, la rencontre avec les populations locales, l’authenticité », décrit-elle.

Cette réflexion l’amène ensuite à évoquer l’évolution du voyage d’aventure. À 92 ans, Solange a traversé plus d’un demi-siècle de pratiques touristiques, tout comme Nomade Aventure qui a fêté ses 50 ans en 2025. Son regard est précieux : « Lorsque je voyage, je trouve ça affligeant de voir que les autres voyageurs, souvent plus jeunes que moi, sont scotchés à leur téléphone, notamment pour s’orienter. Ils ne savent plus rien faire sans. » Pour elle, l’aventure autrefois n’avait rien de comparable : « Le voyage d’aventure tel qu’il est maintenant, ce n’est pas vraiment l’aventure comme je l’ai connue. Quand nous voyagions, la part d’imprévus était bien plus forte. On nous disait qu’on mettrait trois heures pour arriver quelque part, et finalement on pouvait mettre trois jours, et cela ne nous posait aucun problème. Il y avait une forme d’insouciance et de spontanéité qu’on ne retrouve plus. Aujourd’hui, c’est de l’aventure organisée mais si c’est organisé, pour moi ce n’est plus vraiment de l’aventure. » Ses souvenirs d’antan évoquent un monde encore largement inexploré : des pays décolonisés comme l’Inde qui s’ouvrait tout juste aux touristes dans les années 50, ou ceux désormais inaccessibles, voire totalement fermés pour cause de guerre, telle l’Afghanistan qu’elle a découvert avant les conflits.

Destination l’Ouganda, la perle de l’Afrique !

Pour Solange, l’Ouganda n’était pas un rêve de longue date mais plutôt une belle découverte : « Je n’avais pas de coup de cœur particulier mais je dois avouer que cette destination confidentielle m’intriguait quand même un peu », commente-t-elle. Cette terre enclavée d’Afrique de l’Est, accessible en 10h-12h de vol depuis la France (avec escale), offre une mosaïque de paysages et d’écosystèmes qui l’ont immédiatement séduite : « Mon premier ressenti fut excellent. J’ai été subjuguée par la très grande diversité des paysages : savanes dorées, collines, montagnes, jungles luxuriantes enveloppées dans la brume, lacs majestueux, cascades fracassantes comme celles du Nil, marécages… tout est d’une beauté incroyable ! ».

Chutes de Murchison - Ouganda © Dennis Wegewijs/stock.adobe.com

Le pays abrite aussi plus de la moitié des gorilles des montagnes au monde, principalement dans les forêts de Bwindi et de Mgahinga et compte dix parcs nationaux réputés pour leurs safaris animaliers et ornithologiques (1000 espèces d’oiseaux). Le territoire est aussi riche de nombreuses ethnies : les Bantous au sud et les populations nilotiques au nord ou encore des peuples plus minoritaires, comme les pygmées Batwa, les premiers habitants chasseurs-cueilleurs de la région des Grands Lacs d’Afrique de l’Est. Solange a été touchée par la bienveillance du peuple ougandais : « Ils nous ont réservé un accueil fabuleux, ils sont vraiment très gentils et très respectueux envers les personnes âgées. »

Jeunes femmes au marais de Bigodi - Ouganda © Ibrahim Bah/Nomade Aventure

Son voyage « Gorilles et merveilles de l’Ouganda » débute dans le marais de Mabamba sur les rives du lac Victoria, où les pirogues glissent silencieusement entre les papyrus : « J’ai y adoré les safaris en bateau au fil de l’eau. Nous étions aux premières loges pour observer les animaux dans leur milieu naturel », se remémore-t-elle avec entrain.

Safari en bateau dans le marais de Mabamba © Solange

Cette zone humide, qui fait partie des 33 zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO) en Ouganda, est l’habitat de prédilection du bec-en-sabot du Nil à l’allure préhistorique, classée espèce vulnérable : « Un oiseau très rare à observer qui n’a quasiment pas évolué depuis l’ère primaire. Il était à 3 mètres de nous et n’a pas bougé pendant un moment avant de s’envoler dans toute sa splendeur », dépeint Solange.

Bec-en-sabot du Nil - Ouganda © Petr Simon/stock.adobe.com

Plus à l’ouest, le marais de Bigodi, adossé aux montagnes du Rwenzori, offre une nouvelle immersion écotouristique avec plus de 200 espèces d’oiseaux à mirer dont le superbe grand touraco bleu, ainsi que huit espèces de singes : singe bleu, cercopithèque de l'Hœst, colobe guéréza, singe vervet, mangabey à joues grises, babouin olive… Leur observation se fait à pied en compagnie d’un guide ranger ornithologue.

Le périple fait étape au sanctuaire des rhinocéros blancs de Ziwa, où une marche guidée, en toute sécurité, permet un face-à-face privilégié avec ces mastodontes en cours de réintroduction. Puis, viennent les safaris incontournables en 4x4 (avec toit ouvrant et place fenêtre garantie) dans les parcs de Murchison Falls, de Queen Elizabeth et du lac Mburo, ou encore dans la plus méconnue réserve de Kabwoya, au cœur de la vallée du Rift Albertin, célèbre pour ses différentes espèces d’antilopes, de primates et d’oiseaux. Solange se dit émerveillée par la densité et diversité de la faune sauvage ougandaise qui compte plus de 120 espèces de mammifères : « Ce que j’ai beaucoup aimé aussi en Ouganda que j’ai rarement vu ailleurs, c’est de voir autant d’animaux d’espèces différentes concentrés au même endroit. » Éléphants, girafes, lions, buffles, zèbres, crocodiles et hippopotames se partagent les décors, tandis que des troupes de singes traversent les pistes sans se presser. « On a vu beaucoup de macaques avec leurs petits, qui restaient sur la route comme si de rien n’était. Ils étaient vraiment attendrissants », sourit-elle.

Éléphant dans le parc national de Murchison Falls - Ouganda © gudkovandrey/stock.adobe.com

Un anniversaire pas comme les autres avec les grands singes…

Autre temps fort d’un voyage en Ouganda, c’est bien sûr la rencontre magique avec les imposants gorilles des montagnes dans la forêt impénétrable de Bwindi, classée par l’Unesco au patrimoine mondial. Situé au sud-ouest du pays, à la jonction des forêts de plaine et de montagne, et à la frontière de la République démocratique du Congo, ce parc national couvre près 331 km². Sa jungle dense, vallonnée et humide abrite l’un des derniers sanctuaires de gorilles des montagnes au monde, environ 400 individus, soit presque la moitié de la population mondiale de cette espèce en danger de disparition sur la liste rouge de l’UICN. C’est là que Solange a vécu l’un des moments les plus attendus de cette aventure et certainement les plus marquants de sa vie : « J’ai fêté mes 92 ans le 23 juin 2025, le jour de l’excursion où nous sommes allées voir les gorilles, ce fut un grand moment ».

Forêt de Bwindi - Ouganda © Solange

Après un briefing sur le comportement à adopter face à ces grands primates, Solange et son amie Lydie entament une courte randonnée en compagnie d’un guide local anglophone et des rangers du parc : « J’ai été portée sur une chaise adaptée pendant 30 minutes le temps de l’ascension dans la jungle et dans la boue. Le terrain était assez escarpé et glissant. Puis, les rangers m’ont aidée à franchir quelques obstacles à pied pour accéder au groupe de gorilles. Ce sont vraiment de fins connaisseurs du terrain, ils les avaient repérés, ils savaient exactement où ils se situaient », détaille-t-elle.

Départ de Solange en chaise portée pour aller voir les gorilles à Bwindi © Solange

Dans une clairière, le groupe de gorilles était là, paisible, presque immobile dans l’épaisseur végétale. « Il y avait un superbe mâle au plastron argenté et une femelle avec ses deux bébés. Ils étaient à quelques mètres de nous, très calmes. Même s’ils étaient impressionnants, je n’ai pas eu peur. On les a observés pendant à peu près une heure. C’était magique, ce sont des animaux très majestueux et finalement très placides », se remémore Solange avec émotions.

Gorilles à la frontière entre le Rwanda et l'Ouganda © Laetitia Ferreira/Nomade Aventure

À l’issue de cette rencontre inoubliable, une autre surprise l’attendait : « Notre guide et les autres membres du groupe m’ont offert un petit cadeau, un petit objet tressé artisanal, et bien sûr j’ai soufflé mes bougies sur un gâteau. J’en garde un magnifique souvenir », confie-t-elle.

Quant à l’observation des chimpanzés dans la forêt de Kibale, Solange a finalement dû y renoncer : la randonnée était plus longue et plus exigeante (entre 2h et 4h de marche sur un terrain parfois accidenté). Mais aucun regret : pour elle, l’essentiel restait la rencontre avec les gorilles, qu’elle qualifie sans hésiter « d’expérience unique dans une vie ».

Dans les coulisses de l’aventure…

Derrière les paysages grandioses et les émotions fortes, ce voyage en Ouganda doit aussi beaucoup à l’organisation minutieuse et à l’accompagnement exemplaire dont Solange a bénéficié. Dès les premiers jours, elle et son amie Lydie ont été entourées d’une équipe attentionnée.

Leur guide-chauffeur local francophone, Athanase, a profondément marqué Solange : « C’est un homme extraordinaire, d’une gentillesse incroyable et, très bienveillant. Je tiens vraiment à lui adresser toute ma gratitude. Il s’est vraiment très bien occupé de nous, à tel point qu’on a eu du mal à ne pas verser une larme à la fin de l’aventure, nous étions très émues. » Tout au long du voyage, il a assuré la conduite du 4x4, indispensable pour parcourir les longues pistes entre savane, collines et forêts tropicales, tout en partageant ses connaissances du pays, de la culture locale et de la faune sauvage.

Groupe sur le toit d'un 4x4 dans la réserve d'Ishasha - Ouganda © Ibrahim Bah/Nomade Aventure

À Bwindi, lors de la rencontre avec les gorilles, l’encadrement fut tout aussi précieux. Solange se souvient de l’aide apportée par les équipes du parc : « Les rangers pour l’observation des gorilles dans la jungle, et les trois porteurs étaient adorables, je me suis sentie en pleine sécurité grâce à eux pendant toute la durée de l’excursion. » Leur professionnalisme et leur bienveillance ont permis à cette journée exceptionnelle de se dérouler dans les meilleures conditions.

Côté hébergements, Solange reconnaît avoir été agréablement surprise. Elle s’attendait à des infrastructures assez rustiques et a découvert au contraire des lodges confortables. Certains proposaient même une piscine pour se rafraîchir après une journée d’exploration. « Les lodges étaient merveilleux, noyés au milieu de la nature, de la savane ou de la jungle, et très confortables avec de belles chambres, une bonne literie… Rien à redire ! », raconte-elle avec enthousiasme. Leur emplacement, souvent au cœur ou aux abords immédiats des parcs, offrait une immersion totale en pleine nature.

Chambre avec terrasse d'un lodge à Bwindi - Ouganda © G.V.L.

La plupart étaient construits en dur, quelques-uns en semi-dur avec toits de chaume et grandes tentes aménagées et équipées de vrais lits, d’un matelas et d’une moustiquaire.

Chambre sous tente d'un lodge à Murchison Falls © M.R.L.Les repas, pris dans les lodges ou dans de petits restaurants locaux, rythmaient agréablement les journées. La cuisine, plutôt internationale mais variée, lui a plu : des plats simples, savoureux, servis dans une ambiance conviviale avec les autres membres du groupe.

Quand partir en Ouganda ?

Oiseau dans le marais de Mabamba - Ouganda © Solange

Situé au cœur de l’Afrique de l’Est, à cheval sur l’équateur, l’Ouganda bénéficie d’un climat tropical tempéré par l’altitude. Les températures y sont généralement douces toute l’année, oscillant entre 18 et 30°C en journée selon les régions, et plus fraîches en altitude - notamment dans la forêt de Bwindi ou les montagnes du Rwenzori, où les nuits peuvent descendre autour de 10-12°C. Le pays connaît deux grandes saisons sèches et deux saisons humides qui structurent idéalement les périodes de voyage.

Pour l’observation des gorilles ou des chimpanzés, les meilleures périodes se situent lors des saisons sèches, de décembre à février, puis de juin à septembre. Les sentiers de la forêt impénétrable de Bwindi, du parc de Mgahinga ou de Kibale, sont alors moins boueux, plus praticables, et la progression est plus rapide jusqu’aux singes. La végétation moins dense facilite aussi la visibilité et donc les conditions d’observation. Cela dit, ces forêts étant humides toute l’année, vous n’êtes pas à l’abri de quelques pluies même en saison sèche.

Pour les safaris en 4x4 dans la savane (parcs de Queen Elizabeth, Murchison Falls, Lake Mburo) et l’ornithologie en bateau dans les zones humides comme dans les marais de Mabamba ou de Bigodi, la fin de ces saisons sèches (février ou septembre/octobre) est idéale. Les hautes herbes se raréfient, la faune se concentre davantage autour des points d’eau et les pistes sont plus facilement praticables. C’est aussi une excellente période pour observer les espèces emblématiques : éléphants, lions, girafes, antilopes, hippopotames, ainsi que des centaines d’espèces d’oiseaux, dont le fameux bec-en-sabot du Nil.

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