Qui en randonnée n'a jamais pesté contre une casquette qui s’envole au moindre coup de vent, ou une capuche qui colle aux oreilles, avec la pluie qui dégouline sur le visage et les lunettes ? C'est précisément de ce constat qu'est née Overcap, une capuche innovante pensée pour les aventures en pleine nature. Fixée directement sur un sac à dos ou un harnais, elle promet de protéger efficacement de la pluie, de la neige, du soleil, du vent et même des insectes, tout en laissant la tête et les mains libres de leurs mouvements. Rencontre avec son créateur, Pierre Lagandré, partenaire de Nomade Aventure, qui revient sur l’histoire de cette invention, récompensée au Concours Lépine en 2021.
Genèse d’Overcap : de l’invention à l’innovation…
Avant d'imaginer Overcap, Pierre a d'abord construit un solide parcours d'ingénieur en mécanique. Originaire de l'Hérault, il effectue une bonne partie de sa carrière (20 ans) au sein d'une entreprise pionnière dans les énergies renouvelables éolienne et solaire en France et à l’international. En parallèle, l'envie de concevoir ses propres produits reste très présente. Pour donner corps à cette ambition, il reprend des études en design industriel à l'école STRATE avant de créer, en 2012, son propre studio de design Pilag. Son objectif est alors double : accompagner des entreprises dans le développement de produits innovants mais aussi faire émerger ses propres projets. C’est lors d’une randonnée en famille dans les Alpes, durant l’été 2012, que commence à naître l'idée d'Overcap. « Loin de notre point de chute, on a été pris dans un violent orage, il a fallu rentrer. On est arrivés complètement trempés », se souvient-il. L'expérience met surtout en évidence les limites des capuches classiques : protection insuffisante contre la pluie, usage limité sur la durée, chaleur excessive, compression du visage par le cordon, champ de vision réduit sur les côtés, bruit du tissu au moindre mouvement... Autant d'inconvénients qui l'amènent à se demander s’il est possible de concevoir une capuche plus confortable adaptée aux activités de pleine nature.

S'ouvre alors un long travail de recherche et d'expérimentation. Pour concevoir sa future capuche, Pierre s'inspire du vivant grâce au biomimétisme. Plusieurs espèces animales et leurs stratégies biologiques retiennent son attention : le tatou et le cloporte dont les carapace et exosquelette semi-rigides pouvant se replier, servent de modèle aux arceaux d’Overcap maintenant la toile au-dessus de la tête comme ceux d’une capote de poussette pour bébé. Il s’est aussi inspiré de l’escargot du désert, un organisme xérophile (vivant dans des milieux extrêmes très pauvres en eau) doté d’une coquille blanche reflétant 90% de la lumière du Soleil et capable de conserver un coussin d'air entre sa coquille et son corps afin de mieux résister à la chaleur. « Il m'a servi de modèle pour concevoir une capuche qui ne touche pas la tête et où il y a toujours une couche d'air isolante thermiquement », explique-t-il.

Avant de se lancer dans la phase de création, Pierre mène une étude de concurrence et passe en revue une quinzaine de brevets. Il fait réaliser également une première étude de marché quantitative auprès d’une centaine de randonneurs afin de vérifier qu’il existe un marché potentiel pour cet objet. Vient ensuite la conception d'une première maquette dès 2012, réalisée à partir de fils de fer d’un reste de grillage et d'un vieux couvre-lit cousu à la main. Au fil des itérations, le concept s'affine petit à petit. Pour développer ses prototypes, Pierre s’appuie sur la modéliste-prototypiste Céline Morel, forte de plusieurs décennies d'expérience dans le secteur de l’outdoor. « Elle connaissait déjà les techniques de couture, les typologies de matières et disposait de machines à coudre adaptées », souligne-t-il. Les différents modèles sont ensuite testés lors de deux focus groups réunissant « des randonneurs, pêcheurs, photographes et ornithologues sur des terrains différents », afin d'ajuster le produit au plus près des usages.

En 2017, grâce au concours de start-up Sportup Summit, que Pierre remporte, le développement d'Overcap s’accélère avec un premier prototype abouti. L'année suivante, il crée OXAZ, une société entièrement dédiée à son invention. Commence alors la délicate phase d'industrialisation, marquée par de nombreux arbitrages où chaque choix technique a des conséquences sur le poids, la robustesse, les coûts de fabrication et au final, sur le prix de vente d’Overcap. Parallèlement, Pierre inscrit son projet dans une démarche d'éco-conception. « J'ai choisi du tissu recyclé Ripstop labellisé OEKO-TEX sans PFAS. Aujourd'hui, on en parle beaucoup mais il y a 5 ou 6 ans, on en parlait encore très peu. » Les arceaux, quasiment incassables, limitent les risques de blessure et l'ensemble du produit a été pensé pour être démontable et réparable. Fabriquée en partie en France, Overcap est ensuite assemblée à Montpellier par son créateur.

Le processus d’industrialisation achevé, Overcap est enfin prête à être commercialisée. Et pour son lancement, l’occasion est toute trouvée avec le Concours Lépine en octobre 2021 où il décroche une médaille d'or ainsi que le prix du ministère des Armées. Une double distinction qui récompense autant l'originalité du produit que la qualité de sa conception. « C'est un objet unique au monde, il n'y a pas d'équivalent strictement identique. Ils ont récompensé mon niveau d'inventivité élevé. Ce qui les a frappés aussi, c'est mon niveau d'avancement, avec un produit vraiment abouti par rapport à d'autres inventions bricolées par un inventeur dans son garage », souligne-t-il. Cette reconnaissance offre à Overcap une première visibilité médiatique et lui permet de trouver progressivement sa place sur un marché de niche dédié aux passionnés d'activités outdoor.

Overcap, la capuche « 4 en 1 »
À mi-chemin entre la capuche et le parapluie, Overcap est une protection semi-rigide qui se fixe directement sur les bretelles d'un sac à dos ou sur un harnais dédié, pour les sorties plus courtes et pour ceux qui ne veulent pas s’encombrer d’un sac. Ses armatures fines et légères maintiennent la toile au-dessus de la tête afin de laisser la tête libre et ventilée. Dès sa conception, Pierre fait le choix d'une capuche amovible indépendante plutôt que d'un sac à dos intégrant la capuche : « Je me suis très vite rendu compte que les randonneurs sont assez attachés à leur sac à dos parce qu'ils l'ont choisi en fonction de leur morphologie, ils n'auront pas envie d'en changer. » Après de nombreux essais, il met au point un système compatible avec la majorité des sacs à dos de randonnée (exceptés ceux à larges ou très fines bretelles). Si la première installation demande quelques minutes avec quatre sangles velcro auto-agrippantes à faire passer autour des bretelles du sac à dos, « son déploiement et son repliage sont super rapides en un clic ». Malgré un poids de 470 g, qui reste son principal point faible, les premiers essais surprennent souvent : « La première réaction que j’ai eue dans les salons quand j’ai fait essayer la capuche aux personnes c’est qu’elles ne la sentaient pas sur les épaules alors qu’elles s’attendaient à un truc plus lourd et encombrant presque comme un casque. » Un compromis pleinement assumé par Pirre, pour qui Overcap « requestionne le rapport confort/poids. Quand j’ai un randonneur qui me dit que l’Overcap pèse une tonne, je lui dis « mais la batterie externe de votre smartphone, elle pèse quasiment un kilo et ça ne vous gêne pas dans le sac ».

Pensée comme une protection « 4 en 1 », Overcap protège de la pluie, de la neige, du soleil et du vent. En maintenant une lame d'air permanente entre la toile et la tête, elle limite la sensation de chaleur, améliore la ventilation et préserve un large champ de vision sur les côtés grâce à ses filets latéraux, tout en gardant les mains libres. Sous un soleil intense, ce principe favorise aussi l'évaporation de la transpiration : « Le fait que la capuche ne touche pas la tête fait que la sueur s'évapore immédiatement au lieu de coller au chapeau ou à la casquette. » Les retours d'utilisateurs ont également mis en évidence un bénéfice inattendu face au vent. « Ça fait une sorte d'effet bulle et, même en vent de face, on ressent moins de vent qui arrive au visage, il n’y a pas d’effet de « prise au vent » », observe Pierre Lagandré avant d’ajouter qu’Overcap est capable de résister à des vents soufflant jusqu’à 80 km/h. Quant à sa toile Ripstop, résistante et anti-déchirure, elle est aussi anti UV et imperméable à la pluie et à la neige avec un indice d’étanchéité de 3000 mm. Une casquette escamotable intégrée à la canopée augmente la protection au-dessus du visage pour empêcher par exemple les lunettes d’être mouillées. Enfin, un protège-nuque amovible protégeant du vent, de la pluie et favorisant une plus grande ventilation de la tête sous le soleil ainsi qu’une cape de pluie couvrant le sac à dos viennent compléter si besoin le dispositif.

Tous ses bénéfices ont conquis un large public dont naturellement celui des randonneurs. « Je pensais que le cœur de cible serait les randonneurs sportifs ou les trekkeurs qui font de l’itinérance sur plusieurs jours. En fait, la segmentation ne se s’est pas faite en fonction de la fréquence de pratique ou du niveau mais plutôt en fonction du niveau d'attente de confort. » Qu'ils partent plusieurs jours marcher ou seulement à la journée quelques heures, les utilisateurs d'Overcap ont un point commun : ils recherchent avant tout une protection plus agréable à porter qu'une casquette, un chapeau ou une capuche classique. « Le dénominateur commun, c'est le confort pour la tête. Ils sont prêts à accepter un peu plus de poids parce que cela leur apporte un confort supplémentaire. » Et l'équipement a déjà fait ses preuves dans des environnements très variés, comme lors d’un trek dans le désert du Sud marocain, preuve de son adaptabilité face aux conditions extrêmes.

Au fil des années, Overcap a également séduit les photographes animaliers et les chasseurs qui peuvent l'équiper d'une sur-capuche et d'un filet de camouflage. Tandis que les pêcheurs s’en servent avec la moustiquaire amovible, testée jusqu'en Guyane et lors de voyages-pêche en Laponie, en Écosse, en Floride, au Canada et en Australie où les moustiques font rage en été dans ces contrées. Des ornithologues l'utilisent aussi en Lettonie et dans les pays nordiques pour se protéger du soleil, du vent, mais aussi des fientes d'oiseaux et des attaques des oiseaux eux-mêmes, lorsqu'ils travaillent au milieu de colonies comptant parfois plusieurs dizaines de milliers d'individus. Plus étonnant encore, quelques citadins adeptes de la monoroue le portent au quotidien pour se rendre à leur travail, et des expérimentations sont actuellement menées auprès de militaires, ouvrant de nouvelles perspectives pour cette invention française… Fort des retours de terrain recueillis depuis plusieurs années, l'inventeur travaille déjà sur une nouvelle version de sa capuche « qui sera plus légère, peut-être plus facile à installer, avec encore une meilleure protection contre les UV. » Affaire à suivre…

Pour commander la capuche Overcap et ses accessoires : https://oxaz-outdoor.com/



