1 • Formalités

Passeport

Carte d’identité en cours de validité pour les ressortissants français (passeport en cas de « sortie » au Brésil ou au Surinam). Passeport pour les autres ressortissants de pays membres de l’Union Européenne. Passeport pour les Suisses. Pour les autres nationalités, se renseigner auprès du consulat ou de l’ambassade de France.

Si vous voyagez avec vos enfants sachez que, dorénavant, les mineurs, quel que soit leur âge, doivent eux aussi avoir une carte d'identité individuelle ou un passeport individuel.
A partir du 15 janvier 2017, l'autorisation de sortie du territoire est rétablie pour les mineurs français voyageant sans au moins l'un de leurs parents. Les mineurs voyageant dans ces conditions devront présenter : carte d'identité ou passeport (selon les exigences du pays de destination) ; le formulaire d’autorisation de sortie du territoire, signé par l'un des parents titulaires de l'autorité parentale (le formulaire d’autorisation de sortie du territoire sera accessible sur le site www.Service-Public.fr) ; une photocopie du titre d'identité du parent signataire.

Si l’enfant, voyageant avec une carte d’identité, est accompagné d’un parent portant un autre nom que le sien, il devra être muni d’un document (livret de famille) prouvant la filiation.

De nouvelles mesures de sécurité sont entrées en vigueur dans les aéroports : les appareils électroniques (smartphones, tablettes, portables…) doivent être chargés et en état de fonctionnement pour tous les vols allant ou passant par les Etats-Unis et Londres. Les agents de contrôle doivent pouvoir les allumer. Par précaution, ayez votre chargeur à portée de main. Si votre appareil est déchargé ou défectueux, il sera confisqué. Cette mesure étant susceptible d’être étendue à d’autres aéroports, nous vous conseillons de charger vos appareils électroniques avant le vol quelle que soit votre destination.

Visa

Pas de visa pour les ressortissants de pays membres de l’Union Européenne. Ni pour les Suisses. Pour les autres nationalités, se renseigner auprès du consulat ou de l’ambassade de France.

2 • Santé

Vaccins obligatoires

La vaccination contre la fièvre jaune est exigée à l'arrivée. Elle doit être faite dans un centre agréé de vaccinations internationales, au moins 10 jours avant le départ. Pour des raisons de réponse immunitaire et donc d'efficacité, mais sans obligation, une revaccination pourra être proposée si une vaccination initiale a été faite à un enfant de moins de 2 ans, ou pendant une grossesse, ou au cours d'un épisode d'immunodéficience.

Vaccins conseillés

Vaccinations habituelles contre diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite, rougeole pour les enfants, hépatites A et B, typhoïde.

Paludisme

Présence d'un paludisme sévère, surtout le long des régions frontalières avec le Surinam et le Brésil (fleuves Maroni et Oyapock) : traitement préventif par atovaquone-proguanil (Malarone ou générique), Doxycycline ou méfloquine (Lariam) + protection contre les piqûres de moustiques (risque de dengue, de chikungunya ou de virus Zika). Pas de nécessité de traitement à Cayenne ni à Kourou.

Autres risques

Comme en France métropolitaine, la qualité de l'eau et celle de l'alimentation obéissent à des règles et sont l'objet de contrôles au titre de la santé publique. Partout sur le littoral, mais aussi à Maripasoula, Saint-Georges et Régina, l'eau du robinet est propre à la consommation. Dans l'intérieur, dans les petits bourgs et en « Guyane profonde », il est recommandé de boire de l'eau en bouteille ou traitée. Pour l'alimentation, il vous suffira (comme partout) de veiller à la conservation (date de péremption) et à la qualité des produits.

Virus Zika : transmise par le même moustique que la dengue et le chikungunya, la maladie n'était pas considérée comme grave (fièvre, éruption cutanée, douleurs articulaires, guérissant en une huitaine de jours) jusqu'à l'apparition, lors de l'épidémie sévissant au Brésil, de lourdes complications neurologiques chez des nouveau-nés de mères ayant été en contact avec le virus Zika. Le risque de microcéphalies, source de lourds handicaps pour l'enfant, nous conduit, en accord avec les recommandations que vient de publier le Haut Conseil de Santé Publique, à conseiller aux femmes enceintes, en particulier en début de grossesse, de consulter leur médecin pour valider le projet de voyage.

3 • Géographie

Capitale

Cayenne (préfecture).

PIB

En 2006, 13 800 euro par habitant (PIB national par habitant à la même date, 28 356 euro).

Point culminant

Bellevue de l’Inini, 851 mètres.

Climat

Climat équatorial humide. Chaleur, tempérée par les alizés sur la côte. Température moyenne annuelle de 26°, avec des maxima autour de 33°. La température de la mer est de 27° environ toute l’année.
La saison sèche court de mi-août à mi-novembre. Le degré d’hygrométrie est moindre alors et la chaleur très supportable. La saison des pluies est comprise entre mi-décembre et fin juillet (« petite saison » en janvier et février, « grande saison » d’avril à juin). Les précipitations sont importantes et le degré d’humidité dans l’air élevé. Eclaircies fréquentes toutefois. Le « petit été » s’installe parfois au mois de mars ou début avril, c’est une période de grand beau temps d’environ quinze jours.

Géographie

La Guyane française se situe au nord-est du continent sud-américain, sur le bouclier guyanais, l’un des plus anciens massifs encore visibles sur la planète. Elle est frontalière du Surinam (à l’ouest) et du Brésil (à l’est et au sud).
Une plaine littorale alluviale de quelques dizaines de kilomètres de profondeur borde le socle ancien. Les terres hautes (95% du territoire, pour l’essentiel compris entre 100 et 200 m d’altitude), érodées, couvertes de forêt, ont un aspect moutonnant. Le réseau hydrographique est serré ; les fleuves Maroni, Oyapock, Approuague ou Mana sont des axes de pénétration importants, mais d’une navigation délicate.

Economie

La croissance guyanaise est soutenue par l’activité spatiale, le bâtiment, l’extraction minière (or) et l’augmentation des investissements (publics et privés). Toutefois, le taux de chômage reste élevé (20,6% en 2007). La production agricole demeure modeste : fruits et légumes, canne à sucre, riz (sur des polders). L’exploitation des bois est encore embryonnaire. La pêche, en revanche, a atteint un stade industriel pour la crevette et le vivaneau. Le secteur spatial est donc central. Il faut cependant lui adjoindre les activités minières et de dynamiques entreprises de BTP. Le tertiaire est dominé par l’administration, mais commerce et tourisme connaissent un appréciable développement. L’ensemble demeure fragile et très dépendant du soutien national. Structure du PIB (2007) : agriculture, 5,1% ; industrie, 22,4% ; services 72,5%.

Faune et flore

La nature guyanaise est superlative. Il est impossible d’entrer ici dans le détail. Indiquons simplement que marécages et savanes occupent la plaine littorale et que la forêt équatoriale (95% de la surface du département) abrite différents types d’écosystèmes : forêt tropicale primaire, mangrove, savanes, inselbergs (formations rocheuses isolées)… On a recensé dans les 5 500 espèces végétales (dont un bon millier d’arbres). Les animaux profitent de cette profusion. Effleurons les 177 espèces de mammifères en citant la Sotalie de l’Amazone (un dauphin d’eau douce), le Lamentin des Caraïbes, le Tatou géant (grand cabassou), le Fourmilier géant (tamanoir), le Singe hurleur roux (baboune), le Saki à face pâle, l’Atèle noir ; parmi les rongeurs, le cabiaï (capybara), le paca (genre Agouti), l’Agouti doré (genre Dasyprocta) ; et puis le Jaguar (tig-tig marqué), le Puma (tig rouge), le Coati commun ; le Tapir du Brésil (maïpouri), le Pécari à collier (pakira) et le Pécari à lèvres blanches (cochon-bois) sont des ongulés… Voulez-vous des oiseaux ? Voici l’Agami trompette, l’Ara bleu, l’Amazone aourou, le Caïque maïpouri, l’Emeraude orvert, l’Ibis rouge, le Martin-pêcheur d’Amazonie, l’Organiste chlorotique, le Pic de Cayenne, le Toucan toco… 648 espèces. Représentants menacés des 167 espèces de reptiles, la tortue luth (Dermochelys coriacea), la Tortue caouanne, la tortue matamata, le Caïman noir ou le Boa émeraude sont protégés. Les poissons vont de la Raie manta (eau salée) au killi des mangroves (eau douce), le seul vertébré au monde capable de s’autoféconder ; entre les deux, 500 autres espèces… Quant aux insectes…

Le piment de Cayenne est le nom donné aux fruits de deux plantes distinctes de la famille des solanacées : Capsicum frutescens et Capsicum annuum. Le premier, fermenté en fut pendant 3 ans, puis additionné de vinaigre et de sel, est la base du Tabasco.

4 • Hommes et cultures

Population

195 830 habitants (2006).

Langue Officielle

Le français.

Langue parlée

60% des Guyanais parlent le créole (guyanais, 38% ; martiniquais ou guadeloupéen, 6,4% ; haïtien, 8%...). Le français est la langue maternelle d’un peu plus de 14% des habitants. Puis viennent le portugais (6,9%), l’hindoustani (4%), le chinois hakka (3,9%), etc. La créolisation de la communication courante est avérée et pallie les inconvénients inhérents à cette diversité.
Les langues indiennes (4% des locuteurs) sont classées en trois familles : arawak, caraïbe et tupi-guarani. Parmi ces langues, seul le kalihna (famille caraïbe), qui compte quelques 10 000 locuteurs dans la zone des Guyanes, semble avoir quelques chances de se maintenir.

Peuple

La population guyanaise est à la fois restreinte et complexe. Premiers habitants de la région, les indiens représentent désormais 5% des Guyanais : Arawak et Palikour (famille arawak) ; Kalihna et Wayana (famille caraïbe) ; Emerillon et Wayampi (famille tupi-guarani). « Populations primitives » (1952), « populations tribales » (1970), « amérindiens de Guyane française » (1984) et « communautés tirant traditionnellement leurs moyens de subsistance de la forêt » (1987) : ces expressions marquent la lente évolution de l’attitude des autorités à leur égard.
Les européens (Métros ou « Permanents ») sont 14%. Les Guyanais d’origine africaine, 60%. Ce sont surtout des mulâtres. Les Noirs-marrons, ou Bushinengués, sont environ 10 000 ; Boni, Djuka, Saramaca, descendants d’esclaves rebelles du Surinam, ils vivent, pour l’essentiel, sur les rives du Maroni. Puis viennent les asiatiques (Chinois Hakka, Hmong du Laos), les Brésiliens, les Surinamiens, les Libanais…

Religion

Le catholicisme est largement majoritaire. Et subventionné par le département (régime similaire à celui de l’Alsace ou de la Moselle). Les protestants évangéliques s’implantent. Indiens et Noirs-marrons pratiquent encore souvent leurs religions traditionnelles.

Calendrier des Fêtes

Les jours fériés sont les mêmes qu’en métropole. On peut y ajouter les fêtes suivantes.

De janvier à mars : le carnaval, qui commence le jour de l’Epiphanie et se termine le Mercredi des cendres (férié), après les « jours gras ». Les défilés ont lieu le dimanche.
10 juin : fête de l’Abolition de l’esclavage.
10 août : fête de Saint-Laurent.
15 octobre : fête de Cayenne.
25 novembre : fête de Kourou.

Histoire

Premier peuplement au VIe millénaire avant JC, dont descendraient les Emerillon et les Wayampi. Originaires de l’Amazonie, les Arawak et les Palikour sont arrivés au IIIe siècle, suivis par les Caraïbes au VIIIe. Pendant cette longue histoire, bien des peuples ont occupé la région.

Il y avait du monde sur la plage lorsque, le 5 août 1498, Christophe Colomb a longé la côte de Guyane. Pourtant, le premier à y aller voir de près fut l’Espagnol Vicente Yanez Pinzon (1460-1523), ex-commandant le la Nina, en 1500. La région guyanaise n’étant pas concernée par le traité de partage hispano-portugais de 1494, les Français vont tenter de s’y installer à partir de 1604. Les choses n’iront pas sans mal : microbes et bactéries se montrent intraitables. Richelieu pousse pourtant à la colonisation de la France équinoxiale. Cayenne est fondée en 1643. Les colons sont décimés par les maladies et les indiens (eux-mêmes mis à mal par des affections nouvelles). 1654, les Anglais passent. Deux ans plus tard, des juifs marranes, venus de Guyane hollandaise, fondent à Cayenne une première sucrerie. Et font venir les premiers esclaves noirs. Quelques chassés-croisés franco-hollandais plus tard, les Français s’installent pour de bon (1664). Ils parviennent tant bien que mal à développer une agriculture : canne à sucre, rocou (un colorant alimentaire qui sert à teindre le haddock et la mimolette), indigo, coton, café… Les esclaves fournissent à cela l’essentiel de l’énergie. Les jésuites pourvoient à pas mal de choses. Les bisbilles avec l’Angleterre et la Hollande se poursuivent.
En 1713, le traité d’Utrecht, établit le Maroni frontière occidentale de la Guyane française. Pour le reste, les disputes avec le Portugal, puis le Brésil, ne cesseront qu’en 1900, lorsqu’un arbitrage suisse fixera la frontière franco-brésilienne sur l’Oyapock. Cette même année 1713, les jésuites établissent une mission à Kourou. Ils poursuivent leurs efforts pour la mise en valeur et en catholicisme romain de la colonie. Louis XV les expulse en 1762. Toutes les tentatives pour renforcer le peuplement échouent : les maladies tuent les arrivants. C’est donc avec une certaine logique que la Révolution enverra à Cayenne les prêtres réfractaires et les opposants politiques. Le bagne était né. L’esclavage est aboli en 1794, puis rétabli huit ans plus tard, provoquant un important marronnage. Bientôt, les Portugais, mécontents d’être envahis par les généraux de Napoléon en Europe, s’installent en Guyane française de 1809 à 1814. La Restauration sera une période faste pour la colonie, grâce toujours à l’esclavage et à la réactivation du plan de développement que Joseph Guisan (1740-1791), un ingénieur suisse, avait mis en place à partir de 1771. En 1848, l’abolition définitive de l’esclavage menace de rompre l’équilibre économique guyanais. Pour pallier l’élargissement des Noirs, on va faire venir des travailleurs asiatiques sous contrat et des forçats. Dès lors, le bagne se développe autour de Saint-Laurent-du-Maroni. Alfred Dreyfus (1859-1935) en sera le prisonnier le plus célèbre. Dans les mêmes années, les boues aurifères d’un affluent de l’Approuague provoquent une ruée qui va durer un siècle. Réveillant des contestations de frontière avec la Guyane hollandaise (jusqu’en 1935) et entrainant le déclin dramatique des populations indiennes.

Sous l’impulsion du journaliste Albert Londres (1884-1932), un puissant mouvement d’opinion obtient la fermeture du bagne (légale en 1938 ; effective en 1946 - les derniers détenus seront rapatriés en 1953). Seconde Guerre mondiale : l’administration coloniale, d’abord pétainiste, rejoint la France libre en 1943. En 1946, la Guyane devient un département, dont la situation économique et sanitaire est des plus médiocres. C’est la guerre d’Algérie qui lui permet de sortir de l’ornière. Lorsque la décision est prise de transférer le Centre spatial français de Colomb-Béchar à Kourou (1964). Au fil des ans, le pas de tir de Kourou est devenu le port spatial de l’Europe, avec un impact démographique et économique positif.

Politique

La Guyane est, à la fois, une région administrative, un département français d’outre-mer (DOM) et une région ultrapériphérique de l’Union Européenne.

Célébrités

Gaston Monnerville (1897-1991) est une figure de la vie politique française. Petit-fils d’esclave né à Cayenne, il fut sous-secrétaire d’Etat aux colonies du gouvernement Chautemps en 1937-1938, résistant, puis président du sénat de 1947 à 1968. Issu du radicalisme, il défendit avec détermination les institutions républicaines.

Henri Salvador (1917-2008). Avant d’être le papy cool de la chanson française veloutée, il fut, avec Boris Vian, un trublion pétaradant et mal embouché qui fit swinguer avec désinvolture et talent la France du Petit Nicolas. Du Blues du dentiste à Syracuse, et de Ray Ventura à Art Mengo, il y en aura eu pour tous les goûts dans une carrière à coulisse…

Léon Gontran Damas (1912-1978) portait en lui tous les métissages guyanais. Poète et essayiste, il fut l’un des promoteurs de la Négritude, avec Aimé Césaire (1913-2008) et Léopold Sédar Senghor (1906-2001). Député de Guyane (1948-1951) et professeur à la Howard University (Washington D.C.).

Malia Metella (née en 1982, à Cayenne) est une nageuse de caractère, qui, pendant les années 2000, fit avec Laure Manaudou (née en 1986) les beaux jours de la natation française. De l’argent aux JO 2004 et aux championnats du monde 2005 ; de l’or aux rencontres nationales et continentales.

Anne-Marie Javouhey (1779-1851) a fondé la congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Cluny. En 1828, elle installe à Mana, en Guyane, une colonie agricole qui devient un sas pour les esclaves libérés, entre la servitude et une problématique autonomie économique et sociale. Son action fut soutenue par Victor Schoelcher (1804-1893), rédacteur du décret du 4 mars 1848 abolissant l’esclavage.

Arianne. Le 24 décembre 1979, la fusée Ariane I effectue un premier vol satisfaisant. Depuis, ces lanceurs européens (jusqu’à l’actuelle version V) se sont taillés une belle part de marché dans le domaine de la mise en orbite des satellites (300 engins de plus de 100 kg entre 1979 et 2009).

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service.
Pour les chauffeurs, nous vous conseillons, au minimum, l´équivalent de 1,5 ou 2 euro par jour et par personne. Nous vous conseillons le double pour les guides.
En ce qui concerne le personnel local (porteurs, serveurs…) les usages sont très variables. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie locale : le prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes locales, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant.

Achat

L’artisanat reflète la diversité guyanaise. Les Noirs-marrons travaillent magnifiquement le bois : peignes, pagaies, pirogues, meubles, ustensiles de cuisine portent, sculptée ou peinte, la marque d’un grand savoir-faire et de l’importance sociale des objets. Il va sans dire qu’avec le même matériau (ou le roseau), les indiens ne sont pas manchots non plus : arcs, flèches, ciels de case… Mais, ils sont peut-être meilleurs vanniers encore. Hottes, tamis, éventails, paniers, nattes ou couleuvres à manioc sont fait de végétaux verts et mettent une touche d’élégance au quotidien. Les femmes partagent l’art de la broderie : nappes ou hamacs chez les Noirs-marrons ; montages de perles sur les colliers ou les ceintures de cérémonie des indiens ; costumes traditionnels des Hmong…
Et la Guyane est un Eldorado : de la pépite au bijou, l’or tente sous bien des formes. La marquèterie dispose de bois précieux en abondance et les artisans font merveille.

Cuisine

Crevettes, salade de chou maripa (cœur du palmier Attalea maripa), poisson mariné et accras de morue sont l’essentiel des entrées. Mettons-y encore le boudin, très parfumé. Parmi les préparations du poisson, le blaff s’impose : prenez du mérou, par exemple, et cuisez-le dans un court-bouillon relevé de cèleri, d’oignon, de bois d’Inde (piment de la Jamaïque), de citron… Citrons toujours pour « cuire » le machoiran et le coco ; l’acoupa ou le vivaneau seront plutôt grillés sur des braises (et servis avec une sauce au lait de coco). Les viandes (poulet, porc, agneau…) et les gibiers (pécari, maïpouri, iguane…) sont généralement servis en fricassée. Ils peuvent (tout comme les poissons) être boucanés : fumés. Avec tout ça, du riz, des haricots rouges ou du couac (semoule de manioc), des légumes. Les fruits sont délicieux.
Le bouillon d’awara : c’est le plat « national » guyanais. On le prépare pour le lundi de Pâques. La base en est une pâte épaisse de fruits d’Astrocaryum vulgare (le palmier awara) que l’on cuit longuement avec poulet, crabes, crevettes et légumes variés. Qui goûte au bouillon d’awara retournera en Guyane !

Boisson

Pour l’eau, voir rubrique « Santé ». Pour le reste… Si l’on peut, bien sûr, boire de la bière ou des sodas, la boisson locale est le rhum. Que l’on boit sec, ou « planteur » (dans un jus de fruit), ou en ti’punch (avec du citron vert et du sirop de canne). Mais, les jus de fruit peuvent être bus pour eux-mêmes, ils sont délicieux : fruit de la passion, prune de Cythère, cerise pays, cupuaçu (Theobroma grandiflorum)…

5 • Transports

Route

Le réseau routier est cantonné à la frange littorale, autour d’un axe reliant le Brésil au Surinam. L’intérieur est desservi par des pistes, souvent réservées au trafic professionnel (exploitations forestières et minières).

Taxi et location

On trouve des taxis à l’aéroport et à Cayenne (tarifs similaires à ceux de la métropole). Les lignes de bus de la SMTC permettent de se rendre dans les agglomérations importantes. Pour le reste, on aura recours aux taxis collectifs ; à Cayenne, ils partent (quand ils sont pleins) de la gare routière.

Il est, bien entendu, possible de louer une voiture. Il faudra être attentif aux conditions de location et, en particulier, aux restrictions (en règle générale, le véhicule n’est pas assuré pour les pistes, par exemple).

Pour se rendre dans l’intérieur, on peut prendre la pirogue (pour cela, le plus sûr est de passer par une agence). Il faut 4 jours pour remonter le Maroni jusqu’à Maripasoula et 8 jours pour Saül par la Mana.

Avion

Un vol direct entre Paris et la Guyane dure 8 heures trente environ. Un aéroport international : Cayenne-Rochambeau, situé à Matoury (13 km au sud-ouest de Cayenne). La compagnie Air Guyane assure les vols intérieurs sur Saül (un ou deux allers-retours quotidiens) et Maripasoula (trois allers-retours quotidiens).

6 • Infos pratiques

Décalage

La Guyane est à GMT-3, il y a donc 5 heures de décalage avec la France en été et 4 en hiver. Quand il est 12h00 à Espelette, il est 7h00 à Cayenne en été (8h00 en hiver).

Argent

En ville, les cartes bancaires sont largement acceptées dans les hôtels, les restaurants ou les magasins ; on trouve également des distributeurs de billets automatiques. Par contre, il est plus difficile de payer avec un chèque émis par une agence bancaire métropolitaine. Dans tous les cas, se munir d’argent liquide.

Electricité

220 volts ; prises de type européen standard.

Horaire

Les banques ouvrent, en général, du lundi au vendredi, de 8h00 à midi (ou midi et demi) et de 14h30 (ou 15h00) à 17h00. Elles sont fermées le mercredi après-midi.
Les boutiques ouvrent d’ordinaire du lundi au samedi, de 8h00 à 13h00 et de 16h00 à 19h00. Aux heures chaudes de la journée, on fait la sieste. Epiceries et supermarchés sont ouverts un peu plus tard et le dimanche matin.

Média

France-Guyane est le principal quotidien d’information générale local. Ajoutons la Semaine guyanaise, qui propose surtout des petites annonces et le programme télé. Ce programme, c’est celui d’Antenne créole Guyane (ACG) ou de Télé Guyane et Tempo, deux chaînes du groupe RFO.

Poste

Délai d’acheminement d’une lettre pour l’Europe : une bonne semaine.

Téléphone

Pour appeler la Guyane depuis la France, composer le numéro à 10 chiffres de votre correspondant (05 94 + 6 chiffres).
Pour appeler la France depuis la Guyane, composer le numéro à 10 chiffres de votre correspondant, sans rien ajouter ni retrancher.

Internet

Quelques cybercafés à Cayenne, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni.

Devise

EUR.

7 • Adresse utiles

Ambassade

Ambassade de France en Belgique
Rue Ducale / Hertogstraat, 65 - 1000 Bruxelles
Tél. : 02 548 87 11
Fax : 02 548 87 32
Email : cad.bruxelles-amba@diplomatie.gouv.fr
Web : www.ambafrance-be.org

Ambassade de France en Suisse
Schosshaldenstrasse, 46 - 3006 Berne
Tél. : 031 359 21 11
Fax : 031 359 21 91
Email : presse@ambafrance-ch.org
Web : www.ambafrance-ch.org

Consulat

Consulat général de France à Bruxelles
42, boulevard du Régent - 1000 Bruxelles
Tél. : 02 548 88 11
Fax : 02 229 88 10
Email : consulat@consulfrance-bruxelles.org
Web : www.consulfrance-bruxelles.org/

Il y a des consulats généraux de France à Genève (www.consulfrance-geneve.org) et Zürich (www.consulatfrance-zurich.org).

Office de tourisme

Comité du tourisme de Guyane
1, rue Clapeyron - 75008 Paris
Tél. : 01 42 94 15 16
Email : guyanaparis@wanadoo.fr
Web : www.tourisme-guyane.com

Ouvert du lundi au jeudi, de 9h00 à 18h00 et le vendredi, de 9h00 à 17h00.

8 • Environnement

Situation Environnementale

Quel que soit l´environnement dans lequel le voyageur se déplace, urbain ou naturel, il est de sa responsabilité de respecter l´endroit qu´il traverse. Voici quelques principes de base, applicables partout dans le monde. Un second paragraphe vous présente les problèmes environnementaux spécifiques à la Guyane.
– Eviter de laisser certains déchets sur place et les rapporter avec soi si le pays ne dispose pas d´infrastructure d´élimination de ces déchets. Par exemple : piles et batteries, médicaments périmés, sacs plastique.
– La rareté de l´eau est aujourd´hui un problème mondial. Même si le pays visité n´est pas a priori concerné par le manque, quelques réflexes doivent désormais faire partie du quotidien : préférer les douches aux bains, éviter le gaspillage, signaler les fuites éventuelles des robinets.
– Dans la plupart des hôtels vous disposerez d´une climatisation individuelle. Il est vivement recommandé, pour éviter la surconsommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre afférentes, de la couper systématiquement lorsque vous n´êtes pas présent dans la chambre. La climatisation n´est d´ailleurs pas absolument nécessaire sous tous les climats.
– En balade, dans certains écosystèmes fragiles, ne pas sortir des sentiers ou conduire hors-piste, limiter le piétinement et ne pas rapporter de « souvenir » : renoncer à cueillir des fleurs rares, à ramasser des fossiles ou des pétrifications, etc.

La forêt guyanaise est l’une de celles dont l’intégrité écologique est la mieux préservée. Elle est protégée par un parc naturel régional, six réserves naturelles nationales, une réserve naturelle volontaire et une réserve biologique domaniale. Le Parc amazonien de Guyane, quant à lui, a été créé en 2007 ; il couvre 33 900 km² de forêt dans le sud du département. Parc national, il porte un projet à la fois patrimonial, pédagogique et économique. Mais, la luxuriance de la forêt ne doit pas faire oublier qu’elle est établie sur des sols extrêmement pauvres et acides : elle est donc fragile et son intégrité est attaquée de diverses façons. Dans l’ouest, par exemple, installations et défrichages sauvages se multiplient.
Pour l’instant, l’exploitation forestière a un développement trop faible pour avoir des effets négatifs importants (malgré des méthodes peu respectueuses de la forêt). L’extension du réseau routier peut être, lui, en revanche, un facteur de fragmentation écologique et d’exploitation anarchique des ressources naturelles.
La chasse est peu réglementée. Toutefois, certaines espèces sont intégralement protégées (d’autres peuvent être chassées, mais pas commercialisées ; d’autres encore ne sont pas protégées). Un cas curieux d’incohérence : le tapir est protégé partout en France, sauf en Guyane… où il vit.
L’orpaillage illégal, problème à la fois économique, écologique et social, est aujourd’hui la plus sérieuse menace pesant sur l’environnement guyanais. Cette activité provoque déforestation et pollution. Le mercure libéré par l’extraction prend dans ce milieu une forme toxique très bio-assimilable ; il se concentre dans les sédiments et les poissons (certaines populations vivant de pêche, comme les Wayana, sont en danger de contamination). Les risques de contamination de la chaine alimentaire sont réels. Ces dernières années les autorités ont mené de nombreuses opérations contre les sites d’orpaillage clandestin. Quant à la filière légale, elle n’est pas sans tache, mais plus facilement contrôlable.
La pollution des eaux n’est pas le fait du seul orpaillage ; en ville, elle est due à une mauvaise gestion des eaux usées.
L’effondrement de la biodiversité végétale constaté par le CNRS en comparant deux inventaires floristiques de l’inselberg des Nouragues (1995 et 2005) semble indiquer un fort impact du réchauffement climatique dans la région.