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PORTUGAL

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Hommes et culture Portugal

Population

10 707 924 habitants (2009).

Langue Officielle

Le portugais.

Langue parlée

96% des habitants ont le portugais pour langue maternelle. Les variétés dialectales (açorien, algarvio, alentejano, madérien, etc.) ne remettent pas en question cette homogénéité linguistique. Les 4% restant parlent l’espagnol, l’arabe, le galicien, le mirandais, le calo (langue gitane), le chinois… Les immigrants africains des anciennes colonies (Angola, Mozambique, Guinée-Bissau, Cap-Vert, Sao Tomé et Principe) sont généralement lusophones. Le français et l’anglais sont très largement pratiqués.

Peuple

Le pays a absorbé sans trop de difficultés les rapatriés d’origine portugaise de la période de décolonisation. Par contre, les conditions faites aux Africains (une centaine de milliers dans les années 70) ont été plus rudes et leur assimilation n’est toujours pas complètement achevée.

Religion

85% des Portugais sont catholiques. Comme un peu partout pourtant, les évangélistes anglo-saxons font leur chemin. Malgré l’expulsion de 1496, qui a disséminé des synagogues « portugaises » dans toute l’Europe, quelques communautés juives ont pu se reconstituer et se maintenir jusqu’à aujourd’hui (Lisbonne, Porto, Belmonte). Les immigrants africains ont installé l’islam dans le paysage.

Fatima. En 1917, la Vierge apparait à trois enfants d’un village du centre du pays. Depuis, le sanctuaire de Notre-Dame de Fatima est devenu un lieu de pèlerinage national, où s’exprime avec ferveur le vieux fonds religieux portugais. On croise fréquemment, le long des routes, des pèlerins qui s’y rendent à pied.

Calendrier des Fêtes

10 juin : fête de Camoes (anniversaire de la mort du poète, en 1580).

Histoire

Longtemps l’histoire du Portugal fut arrimée à celle de l’Espagne. Oublions l’âge de pierre : on n’en sait pas grand-chose. Commençons un petit millier d’années avant JC. Le territoire portugais est occupé par des tribus celtes, installées sur les collines. C’est l’époque des castros. Ces Celtes, comme tous les leurs, sont des agriculteurs et des mineurs. De l’embouchure du Tage aux rias de Galice, ils creusent, trouvent de l’étain, de l’or… Comme ils sont établis sur la route de l’étain, qui va de Phénicie en Cornouaille, marins grecs et phéniciens s’arrêtent sur leurs côtes, fondent des comptoirs et commercent avec eux. Le Portugal n’a pas encore de bateaux, mais il a les ports qui feront son salut. Puis, voilà les Romains (Ier siècle avant JC). Auguste nomme Lusitanie la province du sud-ouest de l’Hispanie. Pour Rome, la péninsule n’est pas un jardin de roses. Un chef local soulève Lusitaniens et Galiciens contre l’envahisseur. Ce Vercingétorix s’appelle Viriathe. Il est le symbole de l’indépendance de l’Hispanie occidentale. Puis la pax romana durement gagnée se disloque. Les Barbares en profitent pour voyager vers le sud, notamment les Suèves (Ve siècle) et les Wisigoths, qui prennent le contrôle du nord de la Lusitanie. Dans leurs bagages, un christianisme pas très orthodoxe. Ils se mettent à dos les gens du cru et sont envahis à leur tour par les Arabes (à partir du VIIIe siècle). L’envahisseur envahi, en histoire, c’est l’arroseur arrosé au cinéma.

La Reconquista commence illico. Mais il faudra attendre le XIe siècle pour que le nord du pays soit libéré de la domination musulmane. Le roi de Castille recrée alors un comté de Portugal, qui s’étend entre Minho, au nord et Douro, au sud (1095). Ce comté est donné en fief à un seigneur français, Henri de Bourgogne (1066-1112), venu chercher là ce qu’il ne trouvait pas au nord des Pyrénées : du pouvoir. Il transmet sa passion à son fils, Alphonse (1109-1185). Celui-ci, s’affranchissant de la tutelle de Castille, rompt les liens de vasselage et se proclame roi du Portugal (1139). Alphonse est rugueux et dispose de fortes troupes, le roi de Castille entérine. Le Bourguignon achève alors la reconquête de ses terres. Le pape reconnait à son tour le royaume de Portugal. Suivent néanmoins des années difficiles entre Castille et Portugal. Par le fer ou le mariage, les Castillans cherchent à recouvrer ce qu’ils ont abandonné. Mais la famille de Bourgogne a le soutien des bourgeois portugais. A tel point que, lorsqu’un fils de Castille, marié à une infante de Portugal, cherchera légitimement à monter sur le trône, les Cortès lui préfèreront un bâtard. Le message est clair : tout, sauf un Castillan. Au XIVe siècle, le roi épouse une princesse anglaise ; les liens entre le Portugal et l’Angleterre ne se rompront jamais. Au siècle suivant, les marins portugais partent à la découverte du monde. Ils commencent par Madère et les Açores. Puis, ils accélèrent : le Brésil, Goa, Sao Tomé, Malacca : ils sont partout. A bord des bateaux, des soldats, des commerçants, des missionnaires, les pontonniers d’un vaste empire. A la maison, les tensions sont toujours vives avec les rois de Castille. En 1578, le roi Sébastien (né en 1557) est tué à la bataille de Ksar el-Kébir, au Maroc. Le désastre est politique, social, moral. Parmi les prétendants à la succession, Philippe II d’Espagne (1527-1598), fils de l’infante Isabelle du Portugal. Philippe fait valoir ses droits sans prendre de gants et réunit le Portugal à ses couronnes. Le pays y gagne une certaine stabilité politique. Mais il sera bientôt entrainé dans le déclin de la puissance espagnole. Sa flotte sombre avec l’Invincible Armada (1588). Son autonomie est contestée (Ordonnances philippines, 1603). L’empire se perd par pièces. Des révoltes éclatent. En 1640, Jean de Bragance (1604-1656) « le Restaurateur », descendant d’Henri de Bourgogne, est poussé sur le trône de Lisbonne. La monarchie est restaurée. Les Bragance vont régner jusqu’en 1910.

Commence alors une longue guerre avec l’Espagne, qui ne reconnaitra la restauration portugaise qu’en 1668. Les richesses minières du Brésil servent à payer les toiles et la protection anglaises. En 1755, Lisbonne est détruite par un violent tremblement de terre. Le pays n’est pas engagé dans les conflits européens du XVIIIe siècle. Mais il paie cash sa fidélité à l’Angleterre au début du suivant : le 30 novembre 1807, les troupes françaises entrent à Lisbonne. Le roi Joao VI (1767-1826) se réfugie au Brésil. Toutefois, les Français sont repoussés par les partisans portugais et l’infanterie de Wellington (1769-1852). Les Anglais s’installent. La révolution libérale de 1820 ramène le roi au pays. En 1822, l’infant Pedro (1798-1843), resté au Brésil, proclame l’indépendance de la colonie. Au Portugal, les décennies qui suivent sont chaotiques et violentes. L’instabilité politique et l’impuissance économique ruinent le pays. La Grande-Bretagne rabaisse sans état d’âme les ambitions coloniales portugaises en Afrique (Ultimatum de 1890). La monarchie, discréditée, est à bout d’expédients. Le 5 octobre 1910, une révolution souffle la chandelle.

Mais la République est engluée dans un jeu politique vicié et, seize ans et huit présidents plus tard, elle cède la place à l’armée. Les militaires appellent aux finances un professeur d’économie de l’université de Coimbra, Antonio de Oliveira Salazar (1889-1970). Celui-ci met en œuvre un plan de redressement financier qui obtient des résultats spectaculaires. Il devient chef du gouvernement en 1932. L’année suivante, une nouvelle constitution lui donne les pleins pouvoirs. L’Estado Novo est sur les rails. C’est autoritaire, nationaliste, anti-communiste, catholique et corporatiste. A la longue, cela se traduira, pour les Portugais, par « fado, Fatima, football ». Pendant la Guerre d’Espagne, les 12 000 hommes de la Légion portugaise appuient les franquistes. La Seconde Guerre mondiale verra Salazar, en bon maurrassien, faire prévaloir un point de vue strictement national : il entame le conflit plutôt favorable à l’Axe et le termine rangé derrière les Etats-Unis. Vae victis ! Cela épargne et la guerre et la démocratie aux Portugais : pas d’après-guerre et dictature jusqu’en 1974. Le régime refuse la décolonisation ; pourtant, cette guerre-là ne lui sera pas épargnée, elle va durer treize ans. Le 25 avril 1974, l’armée reprend les choses en main. C’est la révolution des Œillets. La société est libérée. Les colonies accèdent à l’indépendance. En 1986, le pays intègre l’Union Européenne et Mario Soares (né en 1924) est élu Président de la République. Le Portugal n’est plus « orgueilleusement seul ».

Politique

Le Portugal est une démocratie parlementaire. Le pouvoir législatif est donc détenu par le parlement (Assembleia da Republica) ; celui-ci est monocaméral : 230 députés élus pour 4 ans (scrutin proportionnel). Le Président de la République est élu pour 5 ans au suffrage universel, mais le véritable détenteur du pouvoir exécutif est le premier ministre (majorité parlementaire, nommé par le président).

Célébrités

Amalia Rodrigues (1920-1999) fut l’incarnation du fado. Mise sur la touche pour salazarisme après la révolution des Œillets, on s’aperçut rapidement qu’elle était moins inscrite sur les rôles du régime, que dans l’âme des Portugais. On ne peut rien contre ça. Alors, le moment venu, on rend hommage : trois jours de deuil national le 6 octobre 1999 et le Panteao Nacional deux ans plus tard.

Fernando Pessoa (1888-1935) fut un homme bien élevé et discret, jusqu’à abandonner la paternité de son œuvre à de nombreux hétéronymes. Laquelle œuvre fut, pour l’essentiel, publiée à titre posthume. Il est à la fois une énigme et un poète dont l’influence est aussi universelle que les voyages de ses compatriotes.

Fernao de Magalhaes (1480-1521), Magellan. Il a réalisé la première circumnavigation de la terre (terminée en 1522) et symbolise tous les navigateurs portugais qui, aux XVe et XVIe siècles, ont ouvert des voies maritimes à leurs rois et puissamment contribué à initialiser la mondialisation commerciale.

Maria Elena Vieira da Silva (1908-1992). Peintre et céramiste, elle fut une Portugaise de Paris. Elève de l’Académie des beaux-arts de Lisbonne, elle s’installe en France en 1928. Dans les années cinquante, elle sera l’une des figures de l’abstraction lyrique européenne. Grand Prix national des arts du gouvernement français (1966).

Baruch Spinoza (1632-1677) est né à Amsterdam dans une famille juive d’origine portugaise. L’histoire de la famille de ce « prince des philosophes » est emblématique de la dispersion des communautés juives du Portugal à la fin du Moyen Age. Décidément poursuivi par le refus, Spinoza fut excommunié par sa communauté le 27 juillet 1656.

Pedro Miguel Carreiro Resendes (né en 1973), dit Pauleta, est né à Ponta Delgada (Açores). Il a imprimé sa marque sur les belles heures du Paris Saint-Germain (109 buts, entre 2003 et 2008). Il fut aussi l’un des patrons de la sélection nationale à la même époque (finaliste de l’Euro 2004 ; demi-finaliste de la Coupe du monde 2006).

Aristides de Sousa Mendes (1885-1954) était consul du Portugal à Bordeaux en 1940. Contrevenant aux ordres de son gouvernement, il a accordé, en quelques semaines, près de 30 000 visas portugais aux réfugiés qui affluaient, dont 10 000 à des Juifs. Persécuté par le régime Salazar, il ne sera réhabilité qu’en 1995. Honoré du titre de Juste parmi les nations (1966).

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service.
Pour les chauffeurs (transfert), nous vous conseillons 1 à 3 euros par personne. Aux guides, 5 euros par personne pour une demi-journée (entre 7 et 10 euros pour une journée). Au restaurant, pourboire à discrétion.
En règle générale, le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie locale : les prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant.

Du printemps à la fin de l’été, la corrida est pratiquée dans tout le pays. Les arènes de Lisbonne sont d’ailleurs classées. La corrida portugaise ressemble à l’espagnole, à ceci près que le taureau n’est pas mis à mort. Autre particularité, la pega (« prise ») : une dizaine d’homme, appelés fourçados, doivent maîtriser l’animal à mains nues. C’est un moment de très vive tension et ces fourçados sont parfois élevés au rang de héros nationaux !

Achat

Poteries (les fameux coqs de Barcelos), céramiques, porcelaines (Vista Alegre, ancienne manufacture royale, est la marque la plus réputée). Ou les broderies, les dentelles, le linge de maison. Les tapis. Le porto, bien sûr, et le vin.
Les azulejos : ce sont des carreaux de faïence à motifs bleus et blancs (héritage hollandais), ou polychromes, que l’on utilise pour décorer les bâtis. Les Portugais en ont rapporté la technique du Maroc au XVe siècle. Certains carreaux anciens se négocient à prix d’or ! Attention à ceux que vous trouvez sur les marchés aux puces, ils ont rarement l’âge que leur donne le vendeur ; certaines copies modernes peuvent être très belles néanmoins, reste à les payer à un prix de copie.

Cuisine

Ce serait une erreur de réduire la cuisine portugaise à la morue (même si, la morue...). Au restaurant, la cuisine familiale n’est jamais très loin. Notons au passage que l’on vous apportera des amuse-gueule (fromage frais, olives, beurre, pain…) avant que vous ayez passé commande : ils vous seront comptés si vous y touchez, tout comme le pain.
Quelques plats à découvrir : caldo verde (soupe de chou vert, ou navet, et de pommes de terre, à laquelle on ajoute parfois quelques rondelles de chorizo), c’est la soupe nationale ; canja (soupe de poule au riz, ou aux pâtes, et aux abattis) ; açorda alentejana (soupe avec laquelle on trempe du pain sec), açorda de marisco se fait avec de la mie de pain, de l’ail, des crevettes, des palourdes ; arroz de marisco (une espèce de risotto aux fruits de mer) ; caldeirada, de type bouillabaisse ; carne de porco a alentejana (porc cuit à l’ail, épices, saindoux et palourdes dans leur coquille) ; feijoada de choco (haricots rouges et calamars) ; cozido a portuguesa, pot au feu à la portugaise… La cataplana est très populaire, le mot désigne aussi bien l’ustensile (qui permet de cuire à l’étouffée) que ce qu’on met dedans. La cataplana de peixe (de poisson) est un régal.
O bacalhau. La voilà, la morue (Gadus morhua). Il existerait 365 façons de la préparer. Parmi les classiques, citons bacalhau cozido, cuite à l’eau, avec des pommes de terre (et parfois des pois chiches), arrosée d’huile d’olive et d’un filet de vinaigre ; bacalhau assado, rôtie ; bacalhau assado na brasa, cuite sur les braises, avec des pommes de terre ; bacalhau a bras (morue, oignons, pommes de terre émincées, œufs brouillés, olives noires, persil) ; bacalhau a gomes de sa : morue effilochée, oignons, pommes de terre, œufs durs, olives, huile d’olive, ail, persil, un peu de lait, le tout cuit au four et légèrement gratiné… En croquette, elle est sur tous les comptoirs. Mais, à la morue, ajoutez les autres poissons de l’Atlantique, dont l’incontournable sardine.
Le fromage est, de façon générale, une production locale consommée sur place. Parmi les fromages dignes de ce nom connaissant une distribution un peu large, citons le queijo da serra, au lait de brebis (caillé à l’infusion de fleur de chardon) fabriqué dans la serra da Estrela ; ou le Rabaçal, un fromage de chèvre que parfument les herbas santas (les herbes saintes) ; ou le Serpa (de brebis), qui doit sa couleur brique à un badigeonnage répété à l’huile et au paprika…
Et on mange beaucoup de gâteaux au Portugal ! Quelques pâtisseries donc, pour finir. Toucinho do ceu (le lard du ciel) : sucre, amandes, jaunes d’œuf, farine, beurre, confiture. Papo de anjo (le double menton de l’ange), confiture, œufs, sucre, cannelle… Barriga de freira (ventre de nonne) : sucre, beurre, jaunes d’œuf… Flan : flan. Arroz doce : riz au lait, traditionnel lors des repas de baptême ou de mariage. Pastel de nata : tartelette aux œufs, tiède et saupoudrée de cannelle et de sucre glace.

Boisson

Du vin, bien sûr. Le vinho verde est une production du nord, léger et perlé. On le boit frais. Le vinho maduro (mûr), de même provenance, est sec, mais « plat ». Le Dao, produit un vin rouge léger et fruité ; le Reguengos, de l’Alentejo, est un rouge solide. L’Estremadura produit, autour de Colares, des vins blancs et rouges de grande qualité. Avec le cépage moscatel, on fait un vin doux d’apéritif.
Le porto est un vin muté (la fermentation alcoolique du moût est stoppée par adjonction d’eau de vie de vin) de la région du Haut-Douro. C’est également un vin d’assemblage (une cinquantaine de cépages sont admis). Il existe cinq types principaux de porto. Le Tawny est un assemblage vieilli 5 à 7 ans en fût, c’est le porto ordinaire. Le Tawny avec mention d’âge (en fait une « moyenne » des âges des vins assemblés) connait une maturation longue en fût. Le Ruby est un vin jeune (2 ans de fût tout au plus), fruité et vif. Les portos blancs : on peut même les allonger avec de la limonade, c’est dire… Le Vintage est la Rolls des portos : 2 ans de fût, vieillissement en bouteille ; des années exceptionnelles permettent de le millésimer.

Les Portugais boivent également volontiers de la bière. Généralement blonde et légère…

Enfin, le bica est un petit noir…