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GEORGIE

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Hommes et culture Georgie

Population

4 714 816 habitants (2009).

Langue Officielle

Le géorgien (famille caucasienne).

Langue parlée

71% des habitants ont pour langue maternelle le géorgien. Lequel s’écrit avec un alphabet de 33 lettres, le mkhedruli. Par ordre d’importance numérique décroissant viennent ensuite les locuteurs du russe (9% - slave), de l’arménien (6% - indo-européen), de l’azéri (3% - altaïque), de l’ossète (1,8% - indo-iranien)…

Peuple

Les Géorgiens sont 70,1% d’une population qui comprend une centaine de groupes ethniques. Les Arméniens sont 8,1% ; les Russes, 6,3% ; les Azéris, 5,7% ; les Ossètes, 3% ; les Grecs, 1,9% ; les Abkhazes, 1,8% ; etc. jusqu’aux Khevsours, Pchavs, Mingréliens et autres petites communautés culturelles.

Religion

Le christianisme est largement majoritaire : les orthodoxes (Catholicossat-Patriarcat de toute la Géorgie - Géorgiens et Russes) représentent 84% des croyants, auxquels s’ajoutent les membres de l’église apostolique arménienne (3,9%) et une poignée de catholiques (0,8%) ; les églises évangéliques tentent une difficile implantation. Les musulmans sont à peu près 10% : sunnites en Adjarie et chiites dans l’est du pays (Azéris, Kists, Ingouches…). La petite communauté juive a dans le pays une très vieille histoire.

Calendrier des Fêtes

26 mai (1918 : la Géorgie se déclare indépendante de la fédération transcaucasienne).

Histoire

Au commencement, mettons Homo georgicus. On a trouvé son crâne à Dmanisi (90 km au sud-ouest de Tbilissi) ; vieux de 1,8 million d’années, il serait l’un des premiers représentants de son genre hors d’Afrique et peut-être l’origine des nombreuses cultures préhistoriques disséminées dans le Caucase. Nous n’entrons pas dans le détail et voyons débouler les Scythes au VIe siècle avant JC. Ces archers cavaliers prennent brutalement les choses en main. Avant que ne débarquent les Perses achéménides, puis Alexandre le Grand (IVe siècle). Au siècle suivant le pays est nettement partagé entre la plaine de Colchide à l’ouest, sous influence grecque, et l’Ibérie à l’est, qui se dispute avec l’Arménie une hégémonie régionale. Après un épisode pontique, les Romains mettent sous tutelle les royaumes caucasiens (Ier siècle avant JC). Suit une longue période d’affrontements entre Rome (puis Byzance) et Parthes (puis Perses). En 330, sainte Christiane de Cappadoce guérit et convertit la reine d’Ibérie, le roi suit, et le royaume. Dont la culture prend alors du volume. Cette dynamique a une traduction politique : à la fin du Ve siècle, la Colchide est conquise par l’Ibérie. La Géorgie est sur les rails. Mais elle déraille dès 580 : les Perses sont de retour et les Byzantins, les Arabes arrivent au VIIe siècle ; les pouvoirs locaux en profitent (l’Abkhazie monte en puissance). Au début du Xe siècle pourtant, le prince bagratide Adarnassé IV, appuyé par l’Arménie, est parvenu à sauver le titre de « roi des Géorgiens ». Toutefois, le véritable fondateur de l’Etat est l’un de ses descendants, Bagrat III (960-1014), qui réunit sous son sceptre toutes les terres chrétiennes de Transcaucasie. Cela pour s’allier avec… les Fatimides contre Byzance. Alliance renversée lorsqu’apparaîtront les Turcs Seldjoukides. Lesquels, après avoir essuyé quelques revers, ravagent la Géorgie. David IV le Bâtisseur (1072-1125) parvient à rétablir la situation et pose les bases d’un XIIe siècle brillant, culminant pendant le règne de la reine Thamar le Roi (1160-1213). Mais les empires vivent ce que vivent les administrations et, trop aventurée hors de son berceau la monarchie géorgienne va dégringoler, minée par les révoltes nobiliaires et bousculée par les Mongols (XIIIe siècle). L’ouest du pays vole de ses propres ailes à partir de 1270. Bientôt, après un bref regain sous Georges V le Brillant (1286-1346), peste noire, Timourides et Turcomans Moutons noirs vont précipiter le déclin.

A la fin du XVe siècle, la Géorgie est divisée en trois : Iméréthie à l’ouest ; Karthli au centre ; Kakhétie à l’est. Chaque entité dotée d’un roi. Ottomans ou Perses séfévides vassalisant les uns et les autres. L’Iméréthie implose rapidement. Le Karthli et la Kakhétie sont plus stables, ou plutôt moins instables, sous suzeraineté perse. Au XVIIe siècle, la politique familiale des princes de Moukhran (Karthli) permet une fugace réunion des Géorgiens. En 1762, Héraclius II de Kakhétie (1721-1798) se soumet toute la Géorgie orientale, fondant le royaume de Karthl-Kakhétie. Le 24 juillet 1783, le roi signe le traité de Gueorguievsk avec un empire russe désormais au balcon du Caucase. Fureur du shah, qui fait raser Tbilissi (1795). L’année 1800, Georges XII de Géorgie meurt. La Russie annexe sans états d’âme la Karthl-Kakhétie ; ce qu’officialise le traité de Golestan avec la Perse le 24 octobre 1813. Les Russes s’emparent rapidement de l’Iméréthie et des principautés géorgiennes indépendantes (Abkhazie, Suanie…). La Géorgie-Iméréthie fait dès lors partie de la vice-royauté du Caucase. Les églises sont restaurées. La culture géorgienne connaît un printemps. Un sentiment national se dessine, les idées socialistes circulent. En 1917, l’indépendance de la République démocratique fédérative de Transcaucasie, qui réunit Géorgie, Arménie et Azerbaïdjan, est proclamée. Le 26 mai 1918, l’indépendance de la République démocratique de Géorgie est proclamée. La RDFT a vécu. Et l’armée allemande s’installe séance tenante à Batoumi (port de la mer Noire). L’issue de la guerre ne tarde pas et, étant ce qu’elle est, ce sont des militaires britanniques qui prennent alors quartier à Tbilissi. Le pays gère tant bien que mal de multiples conflits avec ses voisins. Le plus gros d’entre ceux-ci finit par imposer son ordre : en février 1921, l’armée soviétique envahit la Géorgie qui devient République socialiste soviétique de Géorgie pour 70 ans. L’enfant du pays, Joseph Staline, lui normalise les idées politiques et la transforme en destination-vacances pour le gratin. Parallèlement, l’industrialisation est enclenchée. 300 000 soldats géorgiens tombent sur les champs de bataille de la Seconde-Guerre mondiale. Après le XXe Congrès du Parti communiste de l’Union Soviétique (1956), où Nikita Khrouchtchev dénonce les crimes du stalinisme et le culte de la personnalité, l’atmosphère change et la Géorgie paie les relatives faveurs du dictateur et le peu d’entrain du parti local à déstaliniser. Mais les choses finissent par prendre leur train brejnévien. Pendant les années soixante-dix, le nationalisme fait son chemin, et puis se fait jour dans les années quatre-vingt à la faveur de la politique de transparence (glasnost). La RSS de Géorgie disparait avec l’URSS. Nouvelle indépendance, le 9 avril 1991. Président Zviad Gamsakhourdia (1939-1993). Cela dans une atmosphère nationale exaltée et contradictoire, qui provoque immédiatement une guerre avec l’Ossétie du Sud et sa sécession le 28 novembre suivant. En décembre 1991 et janvier 1992, un coup d’Etat renverse Gamsakhourdia (dont la résistance entretiendra quelques mois un climat de guerre civile) et amène aux manettes l’ex-patron du PC géorgien et ancien ministre des affaires étrangères de Mikhaïl Gorbatchev Edouard Chevardnadze (né en 1928). Celui-ci maintient la pression sur l’Ossétie et envoie la troupe en Abkhazie où l’on s’agite. Mais les Russes soutiennent tout ce qui s’agite en Géorgie et les indépendantistes Abkhazes l’emportent. Dans l’espoir de trouver dans ce cadre une solution aux conflits, Chevardnadze fait entrer son pays dans la CEI (2013). Il est élu à la présidence de la République en 1995 et réélu en 2000 mais, en novembre 2003, il est emporté par la révolution des Roses. Mikheil Saakachvili (né en 1967) entre alors en piste.

Politique

La Géorgie est une république présidentielle. Le président, élu pour un mandat de cinq ans, est le chef de l’Etat ; il nomme le premier ministre. Le pouvoir législatif est détenu par le parlement (Umaghlesi Sabcho, Conseil suprême) et par le gouvernement conjointement ; les membres du parlement sont élus pour quatre ans. Une Cour suprême (dont les juges sont élus par le parlement sur recommandation présidentielle) et une Cour constitutionnelle couronnent l’édifice judiciaire.

La Géorgie reconnait un statut effectif d’autonomie à l’Adjarie (capitale Batoumi) et de principe à l’Abkhazie (actuellement dirigée de façon « indépendante » - capitale Soukhoumi). Par contre, l’autonomie de l’Ossétie du Sud (capitale Tskhinvali) a été supprimée en mars 1990 par le Soviet suprême géorgien, à la suite d’une tentative du soviet régional ossète de créer un République démocratique soviétique indépendante, les tensions nationalistes ont mené à la guerre et à la sécession ; des pourparlers sont en cours pour une réintégration sous forme fédérative.

Célébrités

Staline (1878-1953). On ne vous dira certes pas que Iossif Vissarionovitch Djougachvili est ce que la Géorgie a produit de meilleur, même si certains le pensent in petto, mais le Petit Père des peuples a été une puissance à laquelle peu se sont risqué à chercher des poux dans la moustache tant qu’elle poussait… Et parmi les autres grands prédateurs soviétiques fournis par le pays, on peut aussi évoquer Béria (Lavrenti Pavlovitch, 1899-1953) et Anastase Mikoyan (1895-1978).

Vladimir Maïakovski (1893-1930) est né dans une famille cosaque d’Iméréthie. Il fut le fer de lance du futurisme russe (Le nuage en pantalon, 1915) et le « poète de la Révolution » (Staline dixit). Il fut surtout un artiste intransigeant et incandescent.

Otar Iosseliani (né en 1934). En fait, on ne comprend pas grand-chose aux films d’Iosseliani. Peut-être est-ce pour cela qu’on les trouve si beaux. Ils ont une évidence plastique libérée de l’argument, du propos…

Khatia Buniatichvili (née en 1987) est pianiste. A l’occasion, elle joue avec Gidon Kremer. Cela suffit à la situer… haut.

George Balachine (1904-1983). Fils de l’un des fondateurs de l’opéra géorgien, George Balanchine, de Saint-Pétersbourg à New York, en passant par le Paris des Ballets russes, a chorégraphié son siècle. Sa trajectoire artistique peut être comparée à celle d’Igor Stravinski, avec lequel il a créé une trentaine de ballets.

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l’assurance qu’il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d’usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l’on a été satisfait du service.
En règle générale, le mieux est d'aligner votre pourboire sur l'économie locale : les prix d’une bière ou d’un thé, d’un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d'estimer son montant.

Lorsqu’on sera invité, on pensera à apporter des chocolats, ça se fait et les Géorgiens apprécient que ce qui se fait soit fait (en revanche, pas de bouteille de vin en cas de participation à un banquet traditionnel, les hôtes le prendraient mal : ils ont prévu de quoi vous abreuver largement).
On veillera à emporter jupe longue et pantalon pour visiter avec le respect qui convient les églises (dans lesquelles les femmes doivent en outre avoir la tête couverte) et les monastères. Dans certains de ces derniers, des jupes longues sont prêtées aux dames pour le temps de la visite.
Quant aux questions qui fâchent (de Staline aux républiques sécessionnistes), mieux vaut les éviter.

Achat

La corne à boire est un ustensile typique des banquets traditionnels, on peut y boire de l’Irouléguy ou du Gris de Moselle aussi bien que des vins géorgiens. Les icônes sont souvent très belles. Et les bonnets de feutre traditionnels seyants, comme les bijoux en cloisonné. Des modèles de la Toison d’or rappellent que c’est en Colchide que le bélier de Zeus, Chrysomallos, fut immolé par Phrixos.

Cuisine

Le cochon et le khatchapouri. Le premier est mis à toutes les sauces par la cuisine géorgienne, sur laquelle il exerce une espèce d’hégémonie. Qui ne doit pas pour autant faire oublier les autres viandes, les poissons ou les nombreux légumes et fruits qui y ont droit ce cité : la table de la soupra (le banquet traditionnel) est plantureuse et variée. Mais enfin, Sus scrofa domesticus pousse son groin partout. Le khatchapouri peut faire figure de plat national, c’est une galette au fromage, qui connaît de nombreuses variantes régionales et des degrés divers d’élaboration du stand de rue aux tables de restaurant. Mais le satsivi, dinde à la sauce aux noix, indispensable aux repas de fête, est aussi un plat-référence. Enfin, lorsque la soirée de la veille a été un peu trop arrosée (et avec les Géorgiens il faut être prêt à lever le coude, c’est même un devoir de courtoisie), l’antidote traditionnel est une soupe de tripes et d’ail, khachi…

Boisson

La Géorgie est de très ancienne tradition viticole. La Kakhétie est aujourd’hui la principale aire de production (mais pas la seule). Les vignerons ont recours à de nombreux cépages indigènes dont, en particulier, le saperavi, qui donne des vins rouges, le rkatsiteli et le mtsvane, qui donnent des blancs. On produit aussi du marc (le chacha) et le kakhouri, un vin peu alcoolisé et très tannique, issu de la macération et de la fermentation de grappes entières dans des cuves d’argile. Sinon, bière, vodka, sodas et excellentes eaux minérales (Borjomi, Nabeghlavi, Likani…). Le café géorgien est préparé selon la méthode turque, mais en faisant bouillir le sucre, ce qui l’adoucit ; il fait partie des relations sociales.