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CUBA

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Hommes et culture Cuba

Population

11 423 952 habitants (2008).

Langue Officielle

Espagnol.

Langue parlée

90% des Cubains ont l’espagnol pour langue maternelle. Les 10% restant parlent le chinois, le portugais, le créole…

Peuple

Les Indiens ont presque disparu ; dans les montagnes du sud-est de l’île de Cuba vivent encore quelques clans et familles, descendant des Taïnos. Aujourd’hui, 37% des Cubains sont d’origine espagnole, 11% d’origine africaine et 51% sont des métis. A cela, on doit ajouter 1% de Chinois (immigration du XIXe siècle).

Religion

Culturellement, les Cubains sont plutôt catholiques (60%), mais la pratique est érodée. L’attitude du régime à l’égard de l’Eglise a été fluctuante : franchement hostile pendant les années « soviétiques », elle s’est assouplie au cours de la décennie 80. Aujourd’hui, les autorités cherchent à se concilier la hiérarchie catholique. Le judaïsme est d’ancienne implantation, mais il est désormais résiduel.
La Santeria est un syncrétisme, auquel ont contribué les religions yoruba et catholique, et le fouet des contremaîtres des plantations. Les esclaves africains ont-ils « caché » leurs orishas (personnifications des puissances naturelles) derrières les saints catholiques, ou l’Eglise a-t-elle tenté d’organiser le transfert des premiers vers les seconds ? Il y a débat. Quoi qu’il en soit, la Santeria a cristallisé des résistances en un ensemble de croyances et de pratiques partagé par de nombreux Cubains.

Calendrier des Fêtes

1er janvier : anniversaire de la révolution de 1959.

Histoire

Le 28 octobre 1492, Christophe Colomb touche une terre qu’il pense être les Indes et qu’il nomme Juana. C’est en fait l’île de Cuba. En 1500, le planisphère de Juan de la Cosa indique que l’on sait désormais que la terre de Juana est une île. La colonisation espagnole commence en 1511 ; Diego Velazquez de Cuellar (1465-1524), venu d’Hispaniola, est à la manœuvre. Les Indiens Guanajuatabeyes et Arawaks (Ciboneys et Taïnos) sont pillés et asservis ; les maladies et les mauvais traitements vont provoquer leur effondrement démographique rapide. L’encomienda (qui met la population indigène à la disposition de colons usufruitiers) est installé. La Havane est fondée en 1515, un an après Santiago. Les ressources minières s’avérant décevantes, l’île est mise en culture : canne à sucre, tabac, café remplacent le manioc traditionnel. Les premiers esclaves africains ont débarqué dès 1513 (l’esclavage ne sera aboli qu’en 1886, c’est donc à Cuba que la traite occidentale aura duré le plus longtemps). Ni Bartolomé de las Casas (1474-1566), ni la bulle Sublimis Deus de 1537, qui condamne l’esclavage et reconnait l’humanité des peuples récemment découverts, ne parviennent à sauver les Indiens des Caraïbes. C’est la Capitainerie générale de Saint-Domingue qui administre Cuba jusqu’en 1664, une Capitainerie générale de Cuba est alors créée, qui aura parfois en charge la Floride et la Louisiane. En 1762-63, les Anglais occupent La Havane pendant neuf mois et ouvrent son commerce. A la fin du siècle, des planteurs de Saint-Domingue, fuyant les révoltes d’esclaves, viennent à Cuba, où ils importent leur savoir-faire et leurs méthodes. Dès lors, les esclaves affluent. On se sert en Afrique, mais aussi au Yucatan. L’esclavagisme conséquent des sucriers et le marché américain permettent le développement de l’île. La pauvreté des vieux mondes aussi conduit aux champs de canne, on y trouvera des paysans espagnols, des Irlandais, des Egyptiens, des Syriens, des Chinois…

La prospérité économique et des idéaux nouveaux engagent à secouer la tutelle espagnole. En 1868, Carlos Manuel de Cespedes (1819-1874) affranchit les esclaves de son domaine et lance la révolte. L’Ejercito Independentista Cubano mène une guerre de dix ans contre l’Espagne. L’armée rebelle capitule le 10 février 1878 (pacte de Zanjon), mais Cuba y gagne, au prix fort (300 000 morts), une vie politique et sociale un peu libéralisée. La rébellion reprend en 1895, à l’instigation de José Marti. L’Espagne apprécie peu et envoie un corps expéditionnaire important. 200 000 morts plus tard, le 11 avril 1898, les Etats-Unis interviennent. Le 10 décembre suivant (traité de Paris), l’Espagne abandonne, entre autres choses, ses dernières possessions antillaises. Après une brève occupation américaine, la République est proclamée (1902). Elle a les USA pour parrain (l’amendement Platt, voté par le Congrès des Etats-Unis en 1901, qui officialisait le droit d’intervention américain, est intégré à la constitution de la nouvelle république cubaine). Les Etats-Unis ont à Cuba d’importants intérêts économiques ; leur influence sur les affaires de l’île sera dès lors déterminante. Les crises constitutionnelles de 1906, 1909, 1917 et 1919 ne se dénouent pas sans eux. Quant au sucre cubain, il dépend du marché US et de la betterave européenne. Les années 20 et 30 sont marquées par la récession économique et l’instabilité politique. En 1933, la situation est assez dégradée pour que les Etats-Unis prennent la main. Cette fois-ci pourtant, l’opposition cubaine se montre suffisamment déterminée pour les faire reculer. L’année suivante, le président Franklin Roosevelt fait abroger l’amendement Platt. Un homme fort est apparu à Cuba : Fulgencio Batista (1901-1973). En 1933, ce sergent autoproclamé colonel a dirigé un putsch de sous-officiers, pris langue avec l’opposition, pris le contrôle de l’armée puis confié ce qui est, au fond, déjà son pouvoir aux civils. Il promeut une politique d’ordre et de réconciliation nationale ; la constitution de 1940, qu’il a inspirée, marque une nette avancée sociale. Les présidents cubains ont donc au-dessus de la tête l’épée de Batista ; en 1940, l’épée est élue président. Puis remise au fourreau huit ans (1944-1952). L’économie tourne, mais la corruption gangrène le pays ; la violence politique n’est pas résorbée. Le 10 mars 1952, avec l’aide de l’armée, Batista s’empare du pouvoir. La constitution est suspendue. Pendant les années de dictature, les Etats-Unis vont faire la pluie et le beaux temps à Cuba. On y vient faire des affaires et s’encanailler. Si les voyants économiques sont au vert, les inégalités sont profondes (entre l’ouest et l’est, entre les villes et les campagnes…) et une certaine licence tropicale ne peut compenser le sentiment d’être dépossédé de sa souveraineté. Le mambo n’est pas tout puissant…

Le 26 juillet 1953, un groupe révolutionnaire emmené par un certain Fidel Castro (né en 1926) attaque une caserne des environs de Santiago, la Moncada. C’est un fiasco et Castro est mis à l’ombre jusqu’en 1955. Libéré, il s’exile au Mexique, où il fait la connaissance d’Ernesto Che Guevara (1928-1967) et parfait sa connaissance du marxisme. Fin 1956, accompagné de Guevara, il regagne clandestinement Cuba et installe une guérilla dans la Sierra Maestra, dont il fait en deux ans un bastion inaccessible aux troupes gouvernementales. Les paysans se joignent aux barbudos. Le 1er janvier 1959, La Havane est aux mains des rebelles. Batista quitte le pays précipitamment. A ce stade, le communisme n’est pas à l’ordre du jour. Mais les premières nationalisations entrainent un raidissement des Etats-Unis et la Guerre froide s’invite à Cuba : l’URSS se dit prête à soutenir Castro. Les Etats-Unis rompent les relations diplomatiques début 1961 et imposent un embargo économique l’année suivante. Sur place, la réforme agraire est lancée. L’évolution du régime et la situation internationale vont provoquer une « soviétisation » progressive de la société. La tentative de débarquement anticastriste dans la baie des Cochons, le 17 avril 1961, tourne à l’avantage de La Havane. La CIA s’est pris les pieds dans le tapis. Quelques mois plus tard, la crise des missiles met le monde au bord de la guerre nucléaire. L’affrontement soviéto-américain commande toute la suite. Castro ne disposant d’aucune marge de manœuvre. Le Parti communiste de Cuba est créé en 1965. Des centaines de milliers de Cubains quittent le pays, légalement (Freedom Flights, entre 1965 et 1971) ou illégalement. Cuba adhère au Comecon en 1972. On intervient en Angola et en Ethiopie. Les années 80 sont marquées par la campagne « Rectification des tendances négatives », sensée pallier les effets de l’essoufflement des économies socialistes. La chute de l’Union-Soviétique impose au régime une espèce de funambulisme politique et économique. Bush père et fils pensent le moment venu d’en finir et renforcent l’embargo. Bill Clinton, lui, l’assouplit… En 2006, Fidel Castro passe la main. Son frère Raul lui succède. Le retour de la gauche dans un certain nombre de pays sud-américains lui offrant, peut-être, un nouvel espace.

Politique

La République de Cuba est un Etat socialiste. Aux termes de la Constitution de 1976, le parti communiste, seul parti légal, a pour fonction de guider la société et l’Etat. L’Assemblée nationale du pouvoir populaire (Asemblea Nacional del Poder Popular) est l’organe suprême de l’Etat et dispose de pouvoirs législatifs et constitutionnels. Elle est monocamérale, à 609 députés élus pour 5 ans (le parti communiste n’a, en principe, pas le pouvoir de désigner des candidats). L’Assemblée élit le Conseil d’Etat (31 membres), qui en est la représentation permanente. Elle désigne le Conseil des ministres (gouvernement), dirigé par le président du Conseil d’Etat. Les juges du Tribunal suprême, clé de voute du système judiciaire, sont également élus par les députés. Des assemblées provinciales et municipales ont en charge la gestion des affaires locales.

Célébrités

José Marti (1853-1895) est le héros de l’unité et de l’indépendance nationales. Poète humaniste, publiciste et dirigeant politique, il a consacré sa vie à la patrie. Il est une référence aussi bien pour Fidel Castro que pour les exilés de Miami (Radio Marti, financée par les Etats-Unis). Tué à la bataille de Dos Rios à la tête d’une unité mambise.

Alicia Alonso (Alicia Ernestina de la Caridad del Cobre Martinez Hoya, née en 1921) fut une étoile du New York City Ballet (où elle danse pour Mikhail Fokine, George Balanchine, Jerome Robbins…). A Cuba, elle a fondé le Ballet Alicia Alonso, devenu le Ballet Nacional de Cuba (1955), avec lequel elle poursuit encore un inlassable travail chorégraphique.

Alberto Korda (1928-2001), photographe de Revolucion, est l’auteur de l’une des icônes du XXe siècle. C’est lui qui, le 5 mars 1960, a pris Che Guevara, coiffé de son béret à étoile, le regard lointain… Depuis, l’image a fait le tour du monde sur tous les supports possibles. Et Korda n’en a jamais tiré le moindre peso.

Alberto Juantorena (né en 1950). El Caballo fut l’un des grands athlètes des seventies. Pendant plusieurs années son immense foulée le rend intouchable sur 400 et 800 m (médaille d’or sur l’une et l’autre distance aux JO de 1976). Président de la Fédération cubaine d’athlétisme.

Wifredo Lam (1902-1982) est un peintre majeur, qui fut en contact avec tous les mouvements esthétiques du XXe siècle. Il en est résulté une œuvre foisonnante où les recherches formelles européennes rencontrent les symboles africains et antillais en un incessant dialogue libérateur.

Ibrahim Ferrer (1927-2005), cubain au point d’avoir des origines africaines et chinoises, était un grand chanteur de son (dérivé du changui). Exhumé par Ry Cooder, il fut l’un des principaux protagonistes du film de Wim Wenders, Buena Vista Social Club (1999).

Savoir-vivre

Le pourboire est laissé à votre appréciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetées par notre intermédiaire, vous avez l´assurance qu´il ne se substituera jamais au salaire. Néanmoins, il est d´usage dans la quasi-totalité des pays au monde de donner un pourboire lorsque l´on a été satisfait du service.
Pour les chauffeurs, nous vous conseillons, au minimum, l´équivalent de 2 euros par jour et par personne (et 3 euros pour les guides). A l’hôtel, 1 euro par bagage au bagagiste.
En ce qui concerne le personnel local (porteurs, serveurs…) les usages sont très variables. Le mieux est d’aligner votre pourboire sur l´économie du lieu : les prix d´une bière ou d´un thé, d´un paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, d’estimer son montant. Les musiciens des restaurants, les personnes qui veillent à la propreté des toilettes, celles qui surveillent les voitures dans la rue ont besoin de ces pourboires ; si leur service vous semble de qualité, ne manquez pas de mettre la main à la poche. Si un « pourboire obligatoire » vous était imposé, n’hésitez pas à demander un reçu qui vous permette d’en vérifier la légalité.

Si le cas se présente, on évitera en revanche d'encourager la mendicité, notamment celle des enfants, en faisant des distributions « sauvages » dans la rue. Lorsque l'on souhaite apporter son aide en fournissant du matériel scolaire, des vêtements ou des médicaments, il est préférable de le faire par le truchement de notre correspondant local, qui est en relation avec de nombreux porteurs de projets communautaires.

Voyager à Cuba vous mettra en contact avec les conditions matérielles et de service d’un socialisme à la fois réel et désuet. Les normes hôtelières par exemple, ne correspondent pas aux standards internationaux, mais cela fait partie de l’ambiance Castro forever et l’on s’accommode aisément d’un peu de vétusté dans les installations et de l’approximation du service. De possibles erreurs d’aiguillage sont à prendre avec la sourire. Depuis cinquante ans, les Cubains abordent avec humour ce décalage entre les promesses et la réalité… Alors… Attention toutefois aux additions fautives, aux prix à coulisse et aux escroqueries au change : compréhensif, mais pas naïf. Mais, quoi qu’il en soit, malgré ses équipements parfois défaillants et un peu d’indélicatesse de temps à autre, le pays et ses habitants sont terriblement séduisants et attachants.

Achat

Cuba = cigares (habanos). De l’Especial (235 mm de long et 18,6 mm de diamètre) au Perla (102 mm de long et 15,87 mm de diamètre), du Claro-Claro à l’Oscuro, d’Alto (Cohiba, Montecristo, Cuaba…) à Bajo (La Flor de Cano, La Corona, Quintero…), il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Le sceau de garantie vous permettra d’éviter les contrefaçons (ne jamais acheter dans la rue, ni à un vendeur privé, mais toujours dans des boutiques officielles). Pour fumer comme Fidel Castro, module Laguito n° 1 ; comme Winston Churchill, Julieta n° 2. Autre plaisir cubain exportable, le rhum (Paticruzado, Caney, Matusalem, Alvarez Camp). Des teeshirts aux assiettes en porcelaine, en passant par d’improbables colifichets, le Comandante Che Guevara fait désormais partie du folklore cubain. Sinon, les marchés proposent des vanneries, des objets en bois d’acajou, des statuettes… Les bijoux de bois ou de graines font des souvenirs peu onéreux et certifiés made in Cuba. On peut aussi faire emplette de quelques disques de rumba, de habanera, de son, de mambo, de timba, etc. (une bonne boutique à l’aéroport).
Peintures ou livres anciens ne peuvent sortir du pays qu’accompagnés d’un certificat de l’administration des biens culturels (quel que soit le lieu d’achat : boutique, marché…).

Cuisine

Il faut bien reconnaitre que l’histoire politique des cinquante dernières années (brejnévisme réel, embargo US) a contribué à appauvrir la cuisine créole cubaine. Aujourd’hui, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même (pourtant, ici et là, des efforts louables sont faits pour la perpétuer). Dans la pratique quotidienne, cela donne du riz, des haricots rouges et de la banane plantain, qu’agrémentent poulet ou porc. Le poisson est rare (et plus encore la « langouste de Cuba », réservée aux hôtels et à l’export). Mentionnons tout de même boliche (rôti de bœuf, chorizo, œufs durs, sauce à la tomate) ; ropa vieja (bœuf effiloché à la tomate) ; les tamales (préparation à base de farine de maïs et de porc, cuite dans une feuille de maïs ou « en cazuela », directement à la marmite). Ragoûts et soupes sont assez fréquents, dont les origines espagnoles sont manifestes. Les fruits (ananas, mangue, orange, citron, papaye, avocat, pomme de lait, pomme cannelle, pomme cajou, sapotille…), passent rarement à la casserole.

Boisson

N’allez pas prétendre, à l’encontre de l’administration cubaine, que l’eau du robinet n’est pas potable, mais soyez prudent (les critères de potabilité…) et buvez de l’eau minérale en bouteille (capsulée). Vous pouvez également boire des sodas (refresco) ou de la bière : Hatuey Beer (fermentation basse), Manacas clara (fermentation haute), Mayabe fuerte (fermentation basse)… Avec le rhum, on fait des cocktails, comme le daïquiri (rhum, citron vert, sucre de canne), le Cuba libre (rhum, Coca-Cola, citron vert), le mojito (rhum, eau gazeuse, menthe, citron vert), Hemingway special (rhum, citron vert, pamplemousse, marasquin)… A la campagne, on boit plutôt de l’aguardiente, de l’eau de vie. Le café est généralement bon.