recherche cartographique

Recherche cartographique Nomade Aventure



Départ garanti :

 

BRESIL

Accueil > Bresil > Hommes et culture Retour l'amazone au fil de l'eau

Hommes et culture Bresil

Population

189 612 814 habitants (2008).

Langue Officielle

La langue officielle du Brésil est le portugais.

Langue parlée

En raison d´une forte immigration, d´autres langues européennes, dont l´allemand et l´italien, sont parlées dans certaines régions du pays, en particulier dans les villes du sud.
Dans les lieux touristiques, les Brésiliens parlent fréquemment l´espagnol et l´anglais, plus rarement le français.
Reste la question des langues indiennes : la Fondation Nationale de l´Indien (Funai) estime à 180 le nombre de langues encore parlées parmi les 200 tribus recensées. Il faut noter qu´aucune de ces langues n´est reconnue officiellement par les autorités brésiliennes

Peuple

Les unions interraciales y ayant toujours été tolérées, et même encouragées, le Brésil est un pays profondément métissé.
Néanmoins ce sont encore les blancs d´origine européenne qui, avec 55% de la population, sont majoritaires. On trouve parmi eux, bien sûr, des Portugais, mais aussi des Allemands, des Italiens, des Espagnols ou des Polonais, issus des différentes vagues d´immigration qui ont eu lieu au fil des siècles.
Deuxième groupe, les mulatos, mulâtres, métis de blanc et de noir (22%).
Puis viennent les 12% de caboclos, métis de blanc et d’Indien.
Les noirs de pure origine africaine sont désormais moins de 10%, effet du métissage.
Quant aux indiens, ils ne représentent malheureusement plus que 0,1% de la population, largement dépassés par les immigrants d´origine asiatique ou arabe.

Religion

80% des Brésiliens sont catholiques. Cela dit, les religions animistes d´origine africaine apportées par les esclaves noirs et préservées par leurs descendants trouvent de nombreux adeptes et font partie du paysage. Le pourcentage officiel de 13% de pratiquants de ces religions est trompeur car, au Brésil, être catholique n´empêche en rien de participer activement aux macumbas, ces rituels magnifiques et envoûtants pendant lesquels les dieux se manifestent en empruntant le corps d´un fidèle en transe. Les croyants considèrent que le dieu est réellement présent parmi eux pendant cette transe ; ils lui demandent donc son aide pour faire face aux problèmes les plus divers et quotidiens.
Parmi ces religions, il faut distinguer le candomblé et l´umbanda. Le candomblé est la religion des Yorubas, peuple africain du delta du Niger. L´umbanda mélange à la religion africaine des éléments aussi bien chrétiens qu´indiens. On peut, dans ce dernier cas, parler d´un véritable culte afro-brésilien.

A côté du catholicisme et de ces religions africaines, le Brésil compte une communauté protestante assez importante ainsi que de petites communautés juive, musulmane et bouddhiste.

On relèvera l’importance croissante que prennent, depuis quelques années, les sectes évangélistes, dont le fondamentalisme sensible séduit les populations les plus pauvres des grandes villes.

Calendrier des Fêtes

7 septembre : commémoration de l´indépendance du Brésil, proclamée le 7 septembre 1822. C´est la fête nationale.

Histoire

Plusieurs millions d’indiens vivaient sur le territoire de l’actuel Brésil lorsque les européens sont arrivés en 1500, ils sont aujourd’hui 700 000…

L’attribution au Portugal de ce qui deviendra le Brésil est un effet du traité de Tordesillas (1494) qui délimitait des zones de suzeraineté espagnole et portugaise. Comme ces zones étaient également des zones d’exploitation, la Terra da Vera Cruz devint rapidement le « Brésil », du nom du bois de pau-brasil, premier produit phare. Vers 1530, les pionniers découvrent que l’actuel Pernambouc est propice à la culture de la canne à sucre ; du coup, on s’organise et la colonisation commence vraiment. Puisque les indiens résistent, les esclaves viendront d’Afrique noire. Pour soutenir ces bons procédés, le roi du Portugal Jean III « le Pieux » divise le territoire en quinze capitaineries dont les administrateurs sont issus de sa cour. Sont-ce les appétits par trop égoïstes de ces messieurs qui poussent bientôt le monarque à rogner leurs prérogatives en nommant un gouverneur général ? Toujours est-il que Thomé de Souza débarque en 1549 et fait de Bahia la capitale du Brésil. La colonie se développe. Sao Paulo est fondé par le jésuite Jose de Anchieta en 1554, Rio en 1565 par le chevalier Estacio de Sa. Les tentatives d’implantation française et, plus sérieuse, hollandaise sont repoussées. Au cours de ces guerres, on commence à se sentir Brésilien. Pendant ce temps, l’exploration de l’intérieur est poursuivie et, en 1693, or, puis diamants sont découverts dans ce qui deviendra le Minas Gerais. C’est la ruée. Elle donnera des somptuosités baroques. Mais, lorsqu’un colon produit (ou pense produire) plus de richesse qu’il n’en reçoit de la métropole, les ponctions de celle-ci lui deviennent sensibles*. Un mouvement indépendantiste se forme, mené par Joaquim Jose da Silva Xavier, dit Tiradentes, l´Inconfidência. Il est réprimé manu militari. Tirandentes est pendu en 1792. En 1775, l’abolition de l’esclavage indien n’a pas sauvé les indiens et avait provoqué l’augmentation du volume de la traite des noirs. Un beau jour de 1808, le prince Jean, régent du Portugal, arrive à Rio (capitale depuis 1763) avec sa cour : Napoléon vient de les chasser du Portugal. C’est une chance pour la colonie qui voit changer son statut et son économie stimulée. En 1815, elle est élevée au rang de royaume, uni au Portugal. Cette promotion avive l’idée nationale et, le 7 septembre 1822, le vice-roi régent Dom Pedro, à qui le désormais Jean VI « le Clément » avait confié les rênes avant de rentrer en Europe, déclare le Brésil indépendant. Il s’en fait couronner empereur le 1er décembre suivant.

Le XIXe siècle est impérial ; sous le long règne de Pedro II, le pays connaît un développement tous azimuts de grande classe, devenant, par exemple, le premier producteur mondial de café. Les infrastructures suivent. L’esclavage est enfin aboli en 1888 (en tout, le Brésil aura absorbé 40% de la traite négrière). Mais, en 1889, le maréchal Deodoro da Fonseca inaugure une longue tradition d’intervention des baïonnettes dans les affaires politiques : il renverse l’empereur et proclame la République. La constitution de 1891 donne au pays sa forme contemporaine. Des mœurs politiques sans nuances et un marché international fluctuant le font hoqueter jusqu’à la Première Guerre mondiale, qu’il aborde avec circonspection. Mais les affaires reprennent (café, sucre, caoutchouc) et le Brésil entre en guerre contre l’Allemagne en 1917. Les années vingt sont tendues et, en 1930, le populiste Getulio Vargas fomente un coup d’Etat gagnant. Il est en piste pour quinze ans et l’Estado novo, conjuguera législation sociale et répression. La nouvelle conflagration mondiale est envisagée avec la prudence coutumière ; mais, en définitive, 25 000 soldats brésiliens iront se battre en Italie au côté des Alliés. En 1945, le temps du populisme est passé et l’armée dépose Vargas. Celui-ci revient aux manettes en 1951, avec un programme inspiré des ses nouveaux soutiens de gauche. Le projet de réforme agraire, en particulier, ce grand serpent de mer de la politique brésilienne, provoque sa chute et son suicide en 1954. L’ombre de ce programme s’étend sur les mandats suivants jusqu’au coup d’Etat militaire de mars 1964. Elu en 1956, Juscelino Kubitschek décide la fondation de Brasilia. Pendant ce temps, l’industrialisation se poursuit sous l’aile des Etats-Unis. A partir de 1964, cinq généraux échangent du développement contre de la liberté, sans éviter cependant une inflation hyperbolique. Ils ne peuvent empêcher le retour d’un président civil en 1985. Les programmes économiques patinent, mais la constitution de 1988 consolide la démocratie. Il faut attendre 1994 et le plan Real du président Itamar Franco pour que l’économie reprenne pied. Ces années voient monter en puissance le Parti des travailleurs. L’élection en 2002 de son charismatique leader Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, suscite la liesse des milieux populaires…

* On a une intéressante image de l’importance du commerce transatlantique portugais au XVIIIe siècle dans Robinson Crusoe, de Daniel Defoe.

Politique

Le Brésil est une république fédérale constitutionnelle composée de 26 Etats et du District fédéral de Brasilia.

Le président est élu tous les 4 ans au suffrage universel direct. Son mandat est renouvelable. Il est à la fois chef de l’Etat et du gouvernement, dont il nomme les ministres.

Le pouvoir législatif est détenu par le Congrès National, constitué de 2 Chambres : la Chambre des députés (503 membres) et le Sénat (81 membres). Les députés et les sénateurs sont élus au suffrage universel direct dans chaque Etat et dans le District fédéral de Brasilia. Le nombre de députés d´un Etat est fonction de la population de cet Etat. Le mandat est de 4 ans. Les sénateurs sont trois par Etat et trois pour le District fédéral. Le mandat est de 8 ans.

Célébrités

C´est sans doute le Brésilien le plus connu de la planète. En tout cas, au Brésil, c´est le Roi. Il s´agit, bien sûr, d’Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé, le Roi Pelé. Considéré comme le plus grand footballeur de tous les temps, son incroyable popularité montre bien le statut quasi religieux du football au Brésil. Né en 1941, ce fut une véritable catastrophe nationale lorsqu´il mit fin à sa carrière en 1972. Il a été ensuite nommé ministre extraordinaire des Sports en 1995 dans le gouvernement de Fernando Henrique Cardoso.
Dans les autres sports, citons le champion automobile Ayrton Senna (1960-1994), le grand rival d’Alain Prost. Triple champion du monde, sa mort lors du Grand Prix d´Imola le 1er mai 1994 a été ressentie tragiquement par tout le peuple brésilien et a fait l´objet d´un deuil national. Dans la tradition des champions automobiles brésiliens, il succédait à Emerson Fittipaldi et à Nelson Piquet.
Encore en activité, le tennisman Gustavo Kuerten, dit Guga. Déjà triple vainqueur des Internationaux de Roland Garros, il jouit actuellement d´une énorme popularité aussi bien au Brésil que dans les autres pays du monde.

Autre domaine, la littérature brésilienne comporte aussi d’importantes figures. La première d´entre elles est, sans doute, celle du père jésuite José de Anchieta (1534-1597) qui permit la communication entre Indiens et Portugais en élaborant la lingua geral. D´autres religieux lui ont succédé parmi lesquels il faut retenir le père Antônio Vieira (1608-1697), considéré comme l´un des grands classiques de la littérature portugaise du Brésil.
Mais, c´est surtout à partir du XIXème siècle que va apparaître une littérature se revendiquant vraiment brésilienne, par l’évocation des spécificités du pays et faisant une large place à la vie des Indiens et des esclaves africains. Parmi les grands auteurs de cette époque, on trouve José de Alencar (1829-1877), Joaquim Manuel de Macedo (1820-1882), Alfredo d'Escragnolle Taunay (1843-1899) et, surtout, Joaquim Machado de Assis (1839-1908), reconnu aujourd´hui encore comme l´un des maîtres des lettres brésiliennes.
Le XXème siècle voit l´arrivée du modernisme, nourri des avant-gardes européennes et dont les grandes figures sont Oswald de Andrade (1890-1954) et Mário de Andrade (1893-1945).
Peu à peu, la littérature brésilienne s’est tournée vers des aspects plus sociaux et régionaux, à travers des écrivains comme José Américo de Almeida (1887-1969), Érico Veríssimo (1905-1975), Graciliano Ramos (1892-1953), Gilberto Freyre (1900-1987), Rachel de Queiroz (né en 1910) et, surtout, Jorge Amado (1912-2001).
A côté d’Amado, il faut faire une place particulière à João Guimarães Rosa (1908-1967), sans nul doute le plus novateur des écrivains brésiliens. Son célèbre roman Grande Sertão : Veredas (1956), traduit en français sous le titre Diadorim, est d´une telle inventivité romanesque et linguistique qu´il justifie à lui seul la comparaison parfois faite entre son auteur et James Joyce.

Côté musique, si Heitor Villa-Lobos (1887–1959) est le seul musicien classique brésilien internationalement connu, malgré l´émergence au XXème siècle d´un nouveau courant appelé « nationaliste », une multitude d´artistes se sont illustrés dans la musique populaire. A côté des incontestables piliers que sont le diplomate-poète-parolier Vinícius de Moraes (1913-1980) et le musicien-interprète António Carlos Jobim (1927-1994), souvent appelé Tom Jobim, respectivement auteur et compositeur de milliers de bossa-nova, dont la célébrissime Garota de Ipanema, on citera pêle-mêle, parce qu´ils sont tous excellents, Baden Powell, Jorge Ben, Chico Buarque, Gilberto Gil, Caetano Veloso, João Gilberto, Gal Costa, Maria Bethânia, Marisa Monte, Roberto Carlos, Milton Nascimento, et la liste est bien sûr loin d´être exhaustive !

Il est encore une figure artistique qu´on ne peut absolument pas oublier au Brésil : c´est l´architecte Oscar Niemeyer (1907-2012), le constructeur de Brasilia. Né à Rio, influencé par le Bauhaus, disciple et collaborateur de Le Corbusier, il restera dans l´histoire comme l´un des plus grands architectes du XXème siècle.

Pour terminer dans un registre tout à fait différent et parce qu´on le croit trop souvent français, ajoutons encore l´ingénieur et aviateur Alberto Santos-Dumont (1873-1932). En effet, même s´il a passé une grande partie de sa vie en France, ce pionnier de l´aviation est né à Palmyra (rebaptisée Santos-Dumont) et mort à São Paulo. Rappelons qu´il a effectué le 23 octobre 1906, dans les jardins de Bagatelle à Paris, un premier vol de 60 mètres à bord d´un aéroplane de sa conception, le 14 Bis, et que le 12 novembre de la même année, il établissait le premier record de l´aviation en volant sur 220 mètres en 21 secondes, soit une moyenne de 41,3 km/h.

Savoir-vivre

Dans la plupart des restaurants, le service (10%) est compris dans l´addition. Cela n´empêchera pas de laisser un pourboire supplémentaire. Si le service n´est pas compris, on laissera 10% à 15% de pourboire.
Aux porteurs de bagages dans les aéroports et dans les hôtels, l´usage est de laisser environ 2 reais par valise. Pour un guide, 10 reais par jour et par personne sont dans la norme (la moitié pour un chauffeur).
Les chauffeurs de taxi n´attendent pas de pourboire, mais il est fréquent d´arrondir la somme due au chiffre rond supérieur.
Vous pouvez noter, comme points de repère, que, pour une journée de travail, un chauffeur peut gagner entre 32 et 37 reais (15 et 17 euros) et un guide, entre 31 et 130 reais (14 et 59 euros), selon l’endroit, la qualification, les distances… Dans le Nordeste, un guide sera payé dans les 100 reais (45 euros) la journée, s’il rentre chez lui le soir ; s’il accompagne un groupe, ce sera autour de 150 reais (67 euros) la journée + frais (transport, hébergement, nourriture). Quant aux chauffeurs (qui sont free lance et se louent avec leur véhicule), il faut compter dans les 500 reais (225 euros) par jour.

Si le cas se présente, on évitera en revanche d'encourager la mendicité, notamment celle des enfants, en faisant des distributions « sauvages » dans la rue. Si l'on souhaite apporter son aide en fournissant du matériel scolaire, des vêtements ou des médicaments, il est préférable de les remettre au directeur de l’école, au chef du village ou au dispensaire le plus proche, qui sauront en faire bénéficier les plus démunis.

De façon générale, abstenez-vous d´essayer de marchander : ce n´est pas dans les habitudes brésiliennes.
Au Brésil, la ponctualité est très relative, qu´il s´agisse de rendez-vous ou d´horaires d´ouverture de musées ou d´églises. Sachez également être patient : les queues peuvent être longues à la poste, à la banque, etc.

Côté vêtement, surtout sur les côtes, les tenues légères, mais décentes, n´ont rien de provoquant. Les Brésiliens, quel que soient leur âge et leur corpulence, ne cherchent pas à cacher leur corps.

Qu´il s´agisse des hommes ou des femmes, la drague est avant tout un jeu. Ne vous sentez pas agressés.

Le Carnaval demeure la grande fête nationale. Véritable phénomène populaire, chaque ville organise le sien ; qui possède ses propres caractéristiques. Si le plus connu et le plus somptueux est l´indétrônable carnaval de Rio de Janeiro, il en existe bien d´autres, parfois plus authentiques. On citera en particulier ceux de Salvador et de Recife.
Avec le Carnaval, il faut aussi souligner l´importance de la musique dans la vie brésilienne. Nourrie, comme tant de choses au Brésil, des influences indienne, portugaise et africaine, mais ouverte également aux rythmes et aux sons du reste du monde, ce n´est pas trop dire qu´elle participe d´un véritable art de vivre au quotidien. Entre samba, bossa nova, forró, frevo ou chorinho, chaque Brésilien saura toujours trouver celle qui correspond le mieux à son état d´esprit du moment.

Enfin, on ne saurait brosser un portrait de la vie au Brésil sans évoquer le sport. En tête vient bien sûr le football, véritable religion populaire dont les héros sont honorés comme des dieux. Pratiqué par tous et partout, depuis les plages jusqu´aux rues en pente des favelas, il a ses grands-messes dans des stades géants, comme celui de Maracana, le plus grand du monde.
Derrière le football, viennent le volley, le basket, le tennis et, surtout, la course automobile. Ils enflamment à leur tour des cohortes de supporters.
Mention spéciale à la capoeira : cet art martial aujourd’hui typiquement brésilien et très populaire est arrivé avec les esclaves africains. Il se pratique en musique car, autrefois interdit, il passait ainsi pour une danse.

Achat

Dans un pays aussi vaste, l´artisanat est extrêmement riche et varié. Aussi indiquerons-nous simplement les grandes spécialités régionales.

Le nord (Manaus, Belem...) est marqué par l´influence indienne. On se fera une idée de l´étonnante diversité de cet artisanat en se rendant au Mercado Ver-O-Peso de Belem, qui propose l’essentiel des productions indiennes de la région.
Parmi bien d´autres, on se laissera tenter par les hamacs ou par les sacs et vêtements tissés. On admirera aussi colliers et bracelets de graines.
A Santarem, la spécialité est la fabrication des cuias, récipients en écorce de calebasse.
Enfin, véritable artisanat d’art, on appréciera les céramiques et les poteries marajoara, en provenance de l´île de Marajó, reconnaissables à leurs motifs géométriques. Très différente, mais tout aussi admirable, la poterie tapajônica, fabriquée dans la région de Santarem, abonde en représentations humaines et animales.

C´est probablement le Nordeste qui présente la plus grande variété artisanale de tout le Brésil. Un nombre impressionnant de matériaux y sont travaillés, dont la paille, le sisal, le cuir ou l´écorce de noix de coco. Et même le sable, avec ces paysages faits de sables de couleur pris des plages de la région de Natal. Cependant, les deux grandes spécialités du Nordeste sont les statuettes en argile et la dentelle. Alors que l´on pourra voir un peu partout des nappes, des napperons et des vêtements de dentelle exécutés avec minutie par de patientes dentellières (mulheres rendeiras), il faudra se rendre à Caruaru, à 130 km de Recife, pour admirer les plus belles statuettes. C´est en effet dans cette ville que naquit Mestre Vitalino, le créateur de ces figurines qui, à l´origine, représentaient de façon simple et naïve les personnages et les activités de la vie quotidienne. Elles évoluent aujourd´hui vers des formes plus modernes, voire abstraites.

S´il ne propose pas réellement de grandes spécialités régionales, le centre-ouest est une région à l´artisanat très varié et de grande qualité. On y trouvera des pièces d´inspiration indienne dont le Museu de Arte Índia, situé à Cuiabá dans le Mato Grosso, donne un remarquable aperçu. Pour sa part, le Pantanal possède un artisanat typique et authentique où l´on remarquera surtout de belles céramiques, des objets en bois et des tissus. Enfin, dans l´Etat de Goiás, on sera séduit par le travail de l´argent, des cristaux et des pierres semi-précieuses.

Le sud-est, voué au tourisme, propose l´ensemble de la production artisanale du pays. Cela dit, du marbre à la pierre de savon, en passant par les pierres précieuses et semi-précieuses, les minéraux sont la véritable spécialité de la région. On ne saurait oublier que le Minas Gerais possède le sous-sol le plus riche de tout le Brésil. Ici, comme ailleurs dans le monde, on se méfiera des contrefaçons. Le seul conseil que l´on puisse donner en cas d´achat de valeur, est d´exiger un certificat d´analyse émanant d´un laboratoire de gemmologie reconnu. On constatera que cette requête n’est pas toujours bien accueillie par le vendeur.

Cuisine

La gastronomie brésilienne tient sa particularité du fait qu´elle mélange allègrement les traditions. C´est ainsi que s´y côtoient savoureusement les influences indienne, portugaise et africaine, sans oublier d´autres apports européens, arabe ou même asiatiques.
D´autre part, l´immensité et la diversité du pays ont suscité une cuisine extraordinairement variée, à laquelle chaque région a contribué par ses recettes originales.
On peut néanmoins y repérer les éléments de base que sont le riz (arroz), les haricots noirs (feijão) et la farine de manioc (farofa).

Dans cette courte évocation, nous nous limiterons volontairement à des plats dont la réputation dépasse largement le cadre de leur région d´origine. Devant l´incroyable richesse régionale de la gastronomie brésilienne, il n´est qu´un seul conseil : laissez-vous tenter ! Cette cuisine est tellement délicieuse qu´une heureuse surprise est toujours à craindre… pour la ligne.

Malgré cette foisonnante diversité, il existe un plat national brésilien : c´est la feijoada ; plat mijoté, composé de diverses viandes (bœuf séché, saucisses fumées, oreilles et queues de cochon) et de haricots noirs, accompagné de riz nature, de chou et de tranches d´orange, le tout mouillé de jus de cuisson, épaissi avec de la farine de manioc. Notons que son statut de plat national n´empêche pas la feijoada d´être l´objet de nombreuses variantes régionales.

Parmi les plats connus de tous les Brésiliens, on citera aussi l´une des spécialités de Bahia, le vatapá, préparation de crevettes mélangées à des morceaux de poissons et cuite avec de l´huile de dendê (huile de palme), du lait de coco, de la mie de pain, du gingembre, des épices, etc. Le vatapá est généralement servi avec du riz nature.

Egalement national, le churrasco a son origine dans le Rio Grande do Sul. Il s´agit d´immenses brochettes composées des meilleurs morceaux du bœuf, auxquels on n´hésite pas à ajouter saucisses et poulets. Marinées, ces brochettes sont ensuite grillées sur la braise. Elles sont généralement accompagnées d´une sauce à la tomate et aux oignons.

Enfin, préparée et consommée sur toute la côte est du Brésil, la moqueca est un ragoût composé de nombreux ingrédients (tomates, oignons, coriandre, citron...) à quoi on ajoute, selon les régions, des poissons, des crabes, des crevettes ou d´autres produits de la mer. La cuisson est commencée au lait de coco et achevée à l´huile de dendê. Ce plat est généralement servi avec du riz, de la purée de haricots et de la farine de manioc, destinée à absorber la sauce. Rappelons à ce propos que l´huile de palme n´est pas particulièrement digeste.

Boisson

On évitera de boire l´eau du robinet. On consommera donc de l´eau minérale capsulée ; água mineral sem gas (eau plate), com gas (eau gazeuse). Grande variété de marques, car le Brésil regorge de sources minérales d´excellente qualité.

Le Brésil est le premier producteur de café au monde. Quoi de plus normal alors que le café soit ici une institution. Partout on vous proposera le cafezinho, le petit café, très fort et bien sucré. Dans les bars, il est préparé dans de magnifiques percolateurs. Vous en trouverez également dans la rue, tenu bien au chaud dans des bouteilles thermos. On vous en offrira souvent dans les magasins en cas d’attente.
N´hésitez pas à goûter au maté, infusion d´origine indienne de l´herbe du même nom. Le chá maté est une infusion d´herbe grillée, qui se boit glacée. C´est une boisson très rafraîchissante. Le maté de chimarão est une infusion d´herbe verte, qui se boit brûlante. Elle est particulièrement tonifiante.
Etant donnée l´incroyable variété de fruits qui poussent au Brésil, les jus de fruit frais (sucos) sont également très répandus. Simples ou en cocktails, ils sont tous délicieux et très vitaminés.
Le fruit du guarana, plante amazonienne qu´on ne trouve qu´au Brésil, est la matière de deux boissons différentes. D´une part, le guarana, qui est le soda national. D´autre part, le guarana em pô, qui est une poudre à mélanger dans de l´eau et donne une boisson au goût amer assez particulier. Boisson traditionnelle des Indiens, sa principale caractéristique est d´être extrêmement énergétique.
Citons encore le jus de la canne à sucre (caldo de cana), lui aussi très énergétique, et l´eau rafraîchissante de la noix de coco verte (coco verde).

Parmi les boissons alcoolisées, la cachaça est la boisson nationale. C´est un alcool fort, voire très fort, tiré de la canne à sucre. Il en existe de multiples marques de qualité très variable. Pitu et Ypioca ont au nombre des bonnes. Méfiez-vous par contre des cachaças artisanales : elles sont souvent imbuvables.
On appelle batidas les cocktails à base de cachaça, de jus de fruits et de sucre. La plus célèbre des batidas est la fameuse caïpirinha, mélange de cachaça, de citron vert écrasé, de sucre de canne et de glace pilée.
La bière (cerveja) est consommée avec une modération… modérée ; il s’agit en général de blonde légère faiblement alcoolisée. Les marques les plus courantes sont Antartica, Brahma et Skol.
On pourra aussi tâter des vins en provenance des Etats du sud. De bonne qualité, ils ne valent toutefois pas les vins argentins ou chiliens.